Service féminin de l’Aviation royale canadienne

Les membres du Service féminin de l’Aviation royale canadienne (ARC) ont été pionnières en temps de guerre. Des milliers de jeunes femmes se sont portées volontaires pour servir au sein des forces armées aériennes, au pays et à l’étranger durant la Deuxième Guerre mondiale. En remplaçant les hommes dans des rôles de soutien à l’aviation, elles ont prouvé qu’elles étaient à la hauteur de leur devise : « Nous servons pour que les hommes puissent voler », et grâce à leurs états de services et leurs sacrifices, elles se sont assuré une place importante dans l’histoire du Canada. 

Les membres du Service féminin de l’Aviation royale canadienne (ARC) ont été pionnières en temps de guerre. Des milliers de jeunes femmes se sont portées volontaires pour servir au sein des forces armées aériennes, au pays et à l’étranger durant la Deuxième Guerre mondiale. En remplaçant les hommes dans des rôles de soutien à l’aviation, elles ont prouvé qu’elles étaient à la hauteur de leur devise : « Nous servons pour que les hommes puissent voler », et grâce à leurs états de services et leurs sacrifices, elles se sont assuré une place importante dans l’histoire du Canada. 


Margaret Brownlee et Millie Davis

Margaret Brownlee soulevant Millie Davis pendant une séance d’exercices de la division féminine de l’Aviation royale du Canada, qui se déroulait en Grande-Bretagne en 1943.


Service féminin de l’ARC : faits importants

Fondé le 2 juillet 1941 en tant que Canadian Women’s Auxiliary Air Force; devient le Service féminin de l’ARC le 3 février 1942

Dissout le 11 décembre 1946

17 038 femmes ont servi dans les rangs du Service féminin de l’ARC

30 sont mortes en service actif

Le personnel a servi au Canada et à l’étranger, y compris au quartier général de l’ARC à l’étranger, et pour le 6Groupe au sein du RAF Bomber Command en Grande-Bretagne

Les femmes ont exercé 69 des 102 métiers dans l’Arc, incluant l’entretien d’avions et le contrôle du trafic aérien


Service féminin de l’ARC

Personnel de chronométrage non identifié du Service féminin de l’Arc, 2École de pilotage militaire (1942)

(avec la permission de la collection du ministère de la Défense nationale du Canada/Bibliothèque et Archives du Canada/e005176205)


Service des femmes restreint

Lorsque le Canada entre dans la Deuxième Guerre mondiale, le 10 septembre 1939, des milliers d’hommes canadiens déferlent dans les stations de recrutement. Les femmes canadiennes veulent également servir leur pays, mais le gouvernement est réticent à les enrôler dans les Forces armées, à l’exception des fonctions médicales et infirmières. Frustrées, plusieurs d’entre elles se joignent à des organismes de service bénévole comme la Croix-Rouge, ou elles forment des groupes paramilitaires grâce auxquels elles peuvent contribuer à l’effort de guerre.

Cependant, lors du deuxième été de la guerre, la première vague de recrues masculines ralentit au moment même où les demandes de services augmentent. Pour la première fois, on considère très sérieusement la possibilité pour les femmes d’entrer dans le service, dans des rôles non militaires et non médicaux. Les partisans de cette idée sont prompts à souligner que les Britanniques emploient des femmes à divers postes en uniforme depuis avant le début de la guerre. Le 2 avril 1941, les représentants de l’Armée canadienne, de la Marine royale canadienne et de l’Aviation royale canadienne se rencontrent à Ottawa,et ils décident qu’il n’est pas nécessaire de recruter des femmes. Trois mois plus tard, l’armée de l’air change d’avis.

Service féminin de l’ARC

Femme du Service féminin de l’ARC en uniforme, en réhabilitation avec une conseillère pour les membres du personnel, Toronto (juin 1944)

(avec la permission de Bibliothèque et Archives Canada)


Création de la force aérienne auxiliaire

L’ARC se développe rapidement, principalement en raison du Programme d’entraînement aérien du Commonwealth britannique au Canada. Pour répondre à la demande pour les postes d’instructeurs et de personnel de soutien, de plus en plus de membres de l’ARC arrivent au Canada, et certains d’entre eux sont membres de la British Women’s Auxiliary Air Force (WAAF). Ni les officiers supérieurs de l’ARC ni les hommes politiques du Canada n’ont envie d’expliquer aux électrices hostiles pourquoi les femmes britanniques peuvent servir dans l’aviation, mais pas les Canadiennes. Ainsi, le 2 juillet 1941, le Cabinet fédéral autorise la formation du Corps auxiliaire féminin de l’Aviation canadienne, et l’ARC devient le premier service militaire au Canada à recruter des femmes.

Kathleen Oonah Walker, l’ancienne chef du service de transports de la Croix-Rouge à Ottawa, et Jean Flatt Davey, médecin de la section médicale de l’ARC, sont les deux premières membres du Corps auxiliaire féminin de l’Aviation canadienne. C’est à elles qu’incombe l’énorme tâche de recruter le premier groupe des femmes de partout au pays qui, après sa formation, sera l’épine dorsale de l’organisme.

Les premières candidates doivent avoir un niveau d’éducation d’études secondaires, elles doivent être de haute stature morale, et avoir un sens prononcé de leadership et de responsabilité. Au fil du temps, les femmes déjà employées dans la fonction publique ne peuvent plus se joindre au service militaire, car leur travail est considéré comme étant essentiel à l’effort de guerre. Environ 2 000 femmes répondent à l’appel initial des Forces aériennes, dont 150 sont sélectionnées. Des milliers les suivront.

Service féminin de l’ARC

Personnel de l’Aviation royale canadienne, Service féminin posté à la 6Unité d’entraînement opérationnel (Écoles et unités d’entraînement de l’Aviation royale canadienne), ARC, Comox, Colombie-Britannique, Canada, 24 avril 1945

(avec la permission de la collection du ministère de la Défense nationale du Canada/Bibliothèque et Archives du Canada/PA-144477)


Début de l’entraînement

L’entraînement de base se déroule initialement à Toronto, au Manning Depot no6, qui est l’ancien Havergal College pour filles. Les nouvelles recrues commencent à arriver en octobre 1941, et l’entraînement commence sérieusement le mois suivant, sous l’œil vigilant de plusieurs membres de la WAAF britannique, qui a été prêtée à l’ARC comme personnel enseignant. Quelques mois plus tard, des diplômées parmi les 150 femmes premières femmes enrôlées sont sélectionnées pour occuper des postes d’officières supérieures et des postes de sous-officiers au sein du Corps auxiliaire féminin de l’Aviation canadienne.

Au début de l’année 1942, des préoccupations d’ordre juridique sont soulevées au sujet de l’application de la législation militaire et de l’octroi des commissions d’officier d’aviation au personnel « auxiliaire » (non permanent). Par conséquent, le 3 février, la Canadian Women’s Auxiliary Air Force devient le Service féminin de l’ARC, un département permanent. Le Service féminin est mis en service actif pour la défense du Canada. De cette façon, le Service féminin est soumis aux mêmes lois, à la même discipline et aux mêmes responsabilités que les hommes. Cependant, leur salaire n’est pas le même. Bien que le Service féminin fasse partie de l’ARC, les femmes ne sont payées que les deux tiers du salaire des hommes, et ce pour le même poste. Les officiers supérieurs de l’ARC soulèvent cette inégalité à plusieurs reprises tout au long de la guerre, mais le mieux qu’ils arrivent à faire, en juillet 1943, est d’augmenter les salaires des femmes jusqu’à 80 % du salaire des hommes, et de donner aux deux sexes les mêmes indemnités de spécialiste et de service.


Service féminin de l’ARC

Ouverture de la cantine de la 6Unité d’entraînement opérationnel (Écoles et unités d’entraînement de l’Aviation royale canadienne), ARC, Comox, Colombie-Britannique, Canada, 6 novembre 1944

(avec la permission de la collection du ministère de la Défense nationale du Canada/Bibliothèque et Archives du Canada/PA-144338)


Expansion

Initialement, les professions offertes aux femmes se limitent à des métiers semblables aux professions civiles alors facilement accessibles pour toutes les femmes canadiennes, comme des emplois de commis, d’ouvrière ou de cuisinière. Comme le nombre de femmes au Service féminin augmente, l’ARC emploie éventuellement des femmes pour 69 des 102 métiers offerts, y compris dans les métiers traditionnellement masculins, comme l’entretien des avions, et le contrôle du trafic aérien. En général, il est interdit aux femmes de participer aux combats ou de voler, mais en janvier 1943, on envoie une recommandation au gouvernement pour permettre aux membres qualifiés du Service féminin d’effectuer des tâches simples de pilotage, en raison d’une pénurie de pilotes. Toutefois, aucune mesure n’est prise.

Néanmoins, au début de l’année 1943, le Service féminin est présent dans des stations et des quartiers généraux de l’ARC partout au Canada. Les premières femmes du Service féminin envoyées à l’étranger quittent le Canada le 21 août 1942, et en décembre 1944, près de 1 500 femmes membres du Service féminin se trouvent partout en Grande-Bretagne à travailler pour le quartier général de la RCAF Overseas et du 6Groupe du RAF Bomber Command.

Au total, 17 038 femmes ont servi dans le Service féminin pendant la Deuxième Guerre mondiale. À son apogée, en janvier 1944, le Service féminin déploie 15 556 personnes au pays et à l’étranger. Trente d’entre elles meurent en service actif. Elles se sont jointes à l’ARC pour l’aventure, pour s’éloigner de chez elles, pour avoir un travail bien rémunéré ou pour servir leur pays en temps de nécessité. Plusieurs ont été décorées pour leur travail acharné et pour leurs sacrifices. En décembre 1946, alors que la guerre est terminée et que le nombre de militaires est réduit à un nombre de temps de paix, les derniers membres du Service féminin quittent l’ARC et retournent à la vie civile.

Le saviez-vous ?
Les femmes ont exercé de nombreux métiers à l’ARC durant la Deuxième Guerre mondiale. Parmi ces professions, on trouvait celles qui leur étaient déjà offertes au sein de la vie civile, comme le travail administratif ou le travail de bureau, la couture, la cuisine ou la lessive. Au fur et à mesure que la guerre continuait, plus de métiers s’ouvraient aux femmes, y compris ceux qui étaient traditionnellement occupés par les hommes. Vers la fin de la guerre, les femmes travaillaient comme observatrices météorologiques, photographes, radiotélégraphistes, pharmaciennes, assistantes dentaires, arrimeuses de parachute, mécaniciennes d’avion, contrôleuses de trafic aérien, et analystes.
Service féminin de l’ARC

Importance

Bien qu’elles doivent faire face aux obstacles sociaux, économiques et institutionnels de l’époque, les femmes du Service féminin démontrent à la nation en général, et à l’ARC en particulier, qu’elles peuvent faire partie intégrante de l’aviation canadienne. Cinq ans plus tard, lorsque l’ARC commence son expansion durant la Guerre froide, le bilan de service du Service féminin avait été précédemment si fort que les femmes sont immédiatement appelées à se joindre aux Forces aériennes. Cependant, il y a un changement important : leur devise de temps de guerre n’existe plus, tout comme la formation spéciale du Service féminin qui a cessé d’exister également. Les femmes se joignent donc simplement à l’ARC de la même façon que le font les hommes, et elles suivent la même devise : Per Ardua ad Astra (« À travers l’adversité, jusqu’aux étoiles »). Les femmes sont dans l’armée de l’air pour y rester.