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Gauthier, Guité, Roy, Architectes

Firme d’architecture créée en 1966 par Jean-Marie Roy (né le 8 mai 1925 à St-Léon-de-Standon, au Québec; décédé le 4 novembre 2011 à Québec), Paul Gauthier, C.M. (né en 1935 à Gaspé, au Québec; décédé le 20 mai 2013 à Québec) et Gilles Guité (né en 1935 à Bonaventure, au Québec; décédé en 2025).

Fondation et premières collaborations

La firme Gauthier, Guité, Roy, Architectes s'est formée en 1966 lorsque l'architecte Jean-Marie Roy a rejoint Paul Gauthier et Gilles Guité, deux jeunes diplômés de l'Université de Montréal associés depuis 1962.

Paul Gauthier et Gilles Guité s'étaient déjà fait remarquer en concevant la faculté d'agriculture (Pavillon Paul-Comtois, 1964) sur le campus de l'Université Laval à Québec. Ce bâtiment se distingue des pavillons antérieurs du campus par son implantation en rupture par rapport au schéma « beaux-arts » du plan directeur d'Edouard Fiset, et par son modernisme affirmé: modules de béton préfabriqués, absence de « façade », traitement brut des surfaces sur les tours d'escalier, et une aile montée sur pilotis. Aujourd'hui, le Pavillon Paul-Comptois est reconnu comme une œuvre majeure de l'architecture québécoise des années 1960.

L'association de Paul Gauthier et de Gilles Guité avec Jean-Marie Roy fait suite à leur collaboration au grand projet du Campus intercommunautaire de Saint-Augustin, près de Québec, dont le plan d'ensemble a été dessiné par ce dernier (1962–1966). Parmi les bâtiments du campus, la firme de Gauthier et Guité a conçu la Résidence des Pères assomptionnistes, alors que Jean-Marie Roy a lui-même assuré les plans de plusieurs autres pavillons (l'École normale Notre-Dame-de-Foy, le Pavillon André-Coindre, la Résidence des Pères de la Consolata, et le Séminaire Saint-Augustin).

Réalisations notables

Le contexte de la Révolution tranquille permet à la firme Gauthier, Guité, Roy, Architectes de s'affirmer parmi les leaders de l'architecture moderne au Québec. Ses œuvres sont empreintes d'un esprit d'expérimentation et d'innovation que favorise l'effervescence de ces années. Son interprétation du modernisme associe le raffinement formel à une excellente maîtrise de la structure et des matériaux. On retrouve ces caractéristiques, sous différentes formes, dans des œuvres telles que le Musée d'Art contemporain (Gauthier et Guité, 1967) à la Cité du Havre à Montréal, et l'édifice de la CEQ (Centrale des Enseignants du Québec) à Québec (1967).

L'Édifice Marie-Guyart ou Complexe G (avec Fiset et Deschamps, 1968), grand immeuble à bureaux avec tour sur la colline parlementaire de Québec, constitue un des exemples les plus achevés de cette architecture de la Révolution tranquille. Le projet fait preuve d'une conception urbaine fluide, intégrant espaces intérieurs et extérieurs tout en négociant avec les édifices parlementaires anciens et la topographie particulière du lieu.

L'édifice Marie-Guyart, aussi appelé Complexe G, dans la ville de Québec

Le Pavillon de l'Éducation physique et des sports, ou PEPS (1969–1971) de l'Université Laval, quant à lui, s'intègre à la topographie inclinée du site par une série de volumes horizontaux, de terrasses et de passerelles, selon une approche qui tient autant de Rudolph que de Wright.

Cet esprit se poursuit dans les années 1970, avec des projets comme les Forges du Saint-Maurice (1977) et l'immeuble résidentiel les Jardins Mérici (ville de Québec, 1978). Le projet pour la réhabilitation des Forges du Saint-Maurice a gagné un concours architectural qui demandait spécifiquement la création de volumes expressifs. La firme a conçu une série de formes pyramidales en acier qui évoquent l'architecture ancienne autant qu'elles articulent le paysage du site.

Parallèlement, Paul Gauthier, Gilles Guité et Jean-Marie Roy dessinent de nombreuses résidences dans la région de Québec et continuent de développer une architecture de bois qui contribue fortement à leur réputation (la Résidence Gobeil, à Sept-Îles, 1967). L'utilisation des structures de bois, dont l'inspiration remonte aux modernistes scandinaves comme Alvar Aalto (Villa Mairea, 1937–1938), rejoint ici l'américanité caractérisant l'ensemble de leur œuvre.

Dans les années 1980, avec une situation économique difficile, d'une part, et la vague postmoderniste envahissant la scène architecturale, d'autre part, le mouvement moderne fait face à un certain nombre de remises en question. Gauthier, Guité, Roy, Architectes a su se démarquer de plusieurs firmes en sachant répondre aux nouvelles préoccupations tout en préservant son attitude moderniste. C'est le cas du projet du Faubourg Laudance Phase 1, sur la rue du Campanile à Québec (avec D'Anjou, Moisan et Associés, 1985). C'est un projet très réussi dans lequel les architectes exploitent les principes d'une organisation urbaine plus traditionnelle tout en évitant l'historicisme superficiel du postmodernisme.

Réorganisation de la firme

Suite au départ à la retraite de Jean-Marie Roy en 1988, la firme de Paul Gauthier et Gilles Guité connaît un nouveau souffle en s'associant aux architectes Daoust et Lestage. En plus du bureau de Québec, la firme Gauthier, Guité, Daoust et Lestage maintient un bureau à Montréal de 1988 à 1996. Elle se distingue par le développement d'une approche originale du contexte urbain, respectueuse de l'histoire tout en restant ouvertement contemporaine. Cette approche inspire la conception de l'École navale sur la Pointe-à-Carcy (1992) et du Centre d'Interprétation de Place-Royale (1997), tous deux situés dans la ville de Québec.

La firme a aussi conçu le Centre de Recherche Forintek (Québec, 1994), un édifice dont la structure en bois de grandes dimensions a été présenté par la revue The Canadian Architect (juin 1996) comme un exemple à suivre. Ce bâtiment leur a d'ailleurs valu les prix du Conseil canadien du bois, de l'American Wood Council de Washington DC, ainsi que le Prix d'excellence de l'Ordre des Architectes du Québec.

Gilles Guité quitte le domaine de l’architecture en 1997 et se consacre à la peinture à partir de 2001. Paul Gauthier demeure avec les architectes Daoust et Lestage jusqu'en 2003, après quoi il continue à pratiquer en s’associant à différentes firmes sous le nom de Paul Gauthier Architecte.

Distinctions

La firme Gauthier, Guité, Roy, Architectes s'est maintenue comme un grand bureau d'architecture au Québec pendant plus de trente ans. À travers les différentes étapes de son développement, elle s'est méritée de nombreuses marques de reconnaissance.

  • Médaille Massey (le chalet Paul Gauthier) (1969)
  • Médaille du Gouverneur Général en architecture (les Forges du Saint-Maurice) (1986)
  • Prix d’excellence du Gouverneur Général en architecture (partagé avec Les Architectes D’Anjou, Moison et Associés) (le Faubourg Laudance Phase 1) (1990)
  • Prix d'excellence de l'Ordre des Architectes du Québec (les Jardins Mérici) (1978)
  • Prix d'excellence de l'Ordre des Architectes du Québec (l'École Navale de Pointe-à-Carcy) (1995)
  • Prix d'excellence de l'Ordre des Architectes du Québec (le Centre de Recherches Forintek) (1996)
  • Prix du Conseil canadien de l'Habitation (les Jardins Mérici) (1974)