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Francis Scrimger, VC

Francis (« Frank ») Alexander Caron Scrimger, VC, chirurgien, auteur, professeur, officier de l’armée (né le 8 février 1880 à Montréal au Québec; décédé le 13 février 1937 à Montréal). Après avoir obtenu son diplôme de médecine en 1905, Francis Scrimger a travaillé dans un hôpital de Montréal. Il est parti outre-mer en 1914, et il était présent lors de l’attaque au gaz allemande durant la deuxième bataille d’Ypres, en avril 1915. Francis Scrimger a supervisé l’évacuation des blessés sous les tirs ennemis, ce qui lui a valu la Croix de Victoria (VC). De retour au Canada après la guerre, il a continué sa pratique médicale et est devenu un chirurgien et chercheur respecté.

Francis Scrimger

Jeunesse et éducation

Francis Scrimger est le deuxième des cinq enfants du révérend John et de Charlotte Catherine (née Gairdner) Scrimger. Son père est pasteur de l’Église presbytérienne et professeur de collège jusqu’en 1904, date à laquelle il devient directeur du Presbyterian College de Montréal.

Francis Scrimger étudie à la Montreal High School, et il obtient ensuite un baccalauréat ès arts avec mention à l’Université McGill de Montréal en 1901. Alors qu’il occupe un emploi d’été au Manitoba, une expérience qu’il y vit le convainc d’étudier en médecine plutôt qu’en droit, ce que son père aurait souhaité.

Chirurgien

En 1905, Francis Scrimger obtient son diplôme de médecine à McGill. Il passe les quatre années suivantes à l’Hôpital Royal Victoria de Montréal, où il se spécialise en chirurgie. Il effectue également une année d’études supérieures en Europe.

À son retour à Montréal en 1910, Francis Scrimger poursuit son travail de chirurgien, à la fois à McGill et au Royal Victoria. Il ouvre sa clinique privée et il publie le premier de ses nombreux articles scientifiques.

En 1912, Francis Scrimger s’enrôle dans le Corps de santé royal canadien en tant que lieutenant. Deux ans plus tard, il est promu capitaine et nommé médecin militaire de la Montreal Heavy Brigade du Canadian Garrison Artillery. En août 1914, Francis Scrimger se joint au Corps expéditionnaire canadien en tant que capitaine. Il est nommé médecin militaire du 14e Bataillon d’infanterie (Royal Montreal Regiment) en septembre.

Première Guerre mondiale

En octobre, Francis Scrimger arrive en Grande-Bretagne avec le premier contingent canadien. Durant un hiver particulièrement rigoureux sur la plaine de Salisbury, il est hospitalisé à l’Hôpital général n° 1 en janvier 1915. Il est ensuite déployé en France en avril et envoyé dans le saillant d’Ypres en Belgique, où il est à la tête du poste de secours avancé (PSA) de la 2e Ambulance de campagne. Le poste de secours est situé dans un complexe agricole, à environ trois kilomètres au nord d’Ypres.

Attaque au gaz

Le 22 avril, les Allemands utilisent du chlore gazeux contre les lignes alliées dans le saillant. Les troupes coloniales françaises sont prises de panique et s’enfuient en masse. Dans leur terreur, elles passent en courant devant la position de Francis Scrimger. Peu après, Francis Scrimger et le bactériologiste lieutenant-colonel George Nasmith remarquent un nuage vert jaunâtre qui dérive vers eux, qu’ils croient être du chlore. George Nasmith en prélève un échantillon pour analyse, devenant ainsi le premier à identifier correctement le gaz.

Francis Scrimger ordonne immédiatement aux soldats « d’uriner sur leur mouchoir et de l’attacher pour couvrir leur bouche », afin d’en faire un masque à gaz improvisé. Son ordre déplaisant est rapidement transmis oralement tout le long de la ligne. Cela s’avère efficace, car l’ammoniaque contenue dans l’urine neutralise le chlore gazeux. (Voir aussi Le Canada et la deuxième bataille d’Ypres; Le Canada et la guerre des gaz; La cagoule Hypo.)

Croix de Victoria

Le poste de secours de Francis Scrimger est situé au même endroit que le quartier général de la 3e Brigade et d’un dépôt de munitions pour armes légères. Le 25 avril, lorsque les obus allemands commencent à s’abattre sur le complexe, le personnel du quartier général l’abandonne rapidement.

Francis Scrimger reste sur place pour superviser l’évacuation des blessés. Parmi les plus grièvement atteints se trouve le capitaine Harold McDonald, dont la tête et le haut du corps sont criblés d’éclats d’artillerie. Cet officier ne peut ni traverser à la nage les douves qui entourent la ferme ni emprunter la seule route menant hors du complexe, car cette route se trouve constamment sous les tirs ennemis.

Francis Scrimger à la fois traine et porte Harold McDonald hors d’une écurie en flammes, et le mène ainsi le long de la route. Lorsque les tirs d’artillerie ennemis rendent leur progression trop dangereuse, il protège son patient de son propre corps. Pour son héroïsme, Francis Scrimger reçoit la Croix de Victoria des mains du roi George V, le 21 juillet 1915 au palais de Buckingham.

Hôpitaux généraux

En septembre 1915, Francis Scrimger est hospitalisé pour soigner des furoncles, mais il retourne à son bataillon en octobre. Le 31 décembre 1915, il est affecté à l’Hôpital général canadien n° 1 à Étaples en France. Le 29 janvier 1916, durant une intervention chirurgicale, Francis Scrimger se coupe accidentellement le majeur de la main gauche; la plaie s’infecte ensuite et il est évacué en Grande-Bretagne en mars pour y être soigné. Avant l’avènement des antibiotiques, ce type de blessure est souvent fatal. Francis Scrimger guérit, mais son doigt doit être amputé en mai.

Francis Scrimger reprend du service en juillet, et commence à travailler dans un hôpital canadien en Grande-Bretagne. Il est nommé major par intérim en décembre, et il retourne en France en mars 1917. Il est affecté au 3e poste d’évacuation sanitaire canadien à Remy Siding en Belgique, où il fait la connaissance de l’infirmière Ellen Carpenter.

Offensives allemandes au printemps

En mars 1918, durant les offensives allemandes du printemps, Francis Scrimger dirige une équipe, dont fait partie Ellen Carpenter, pour prêter renfort à un poste d’évacuation sanitaire britannique à Roye près d’Amiens. Lorsque les Britanniques reçoivent l’ordre d’évacuer, l’équipe de Francis Scrimger et un autre médecin militaire demeurent sur place pour soigner une cinquantaine de soldats blessés.

L’équipe conduit ses blessés jusqu’à des troupes d’artillerie en retraite, qui les transportent en sécurité. Francis Scrimger et son équipe retournent alors au poste d’évacuation sanitaire et ils récupèrent une partie de leur équipement, qu’ils transportent ensuite sur des brancards à roulettes sur plus de 30 km.

Francis Scrimger et Ellen Carpenter se marient le 5 septembre 1918, alors qu’ils sont en permission à Londres. Ils ont par la suite un fils et trois filles. En octobre, Francis Scrimger est nommé lieutenant-colonel par intérim, et il prend le commandement du 3e Hôpital général canadien à Boulogne-sur-Mer.

3<sup>e</sup> Hôpital général canadien

Carrière d’après-guerre

Francis Scrimger retourne à Montréal au printemps 1919 et il continue à travailler à l’Hôpital Royal Victoria et dans sa clinique privée. En 1921, il devient chargé de cours en chirurgie clinique à l’Université McGill. Au cours des années qui suivent, Francis Scrimger occupe successivement des postes médicaux de plus en plus importants et il publie de nombreux articles, mais son emploi du temps chargé a des répercussions sur sa santé. En 1934, il se remet d’une crise cardiaque, mais il succombe à une autre en 1937.

En mémoire

En février 1918, on nomme en son honneur le mont Scrimger, un sommet de 2765 mètres situé dans les montagnes Rocheuses, à la frontière entre la Colombie-Britannique et l’Alberta. Son petit-fils fait don de sa Croix de Victoria et d’autres de ses médailles au Musée canadien de la guerre en octobre 2005.

Francis Scrimger, VC

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