Églises presbytériennes et réformées du Canada

Toutes les Églises chrétiennes de la tradition dite « réformée » dérivent de la Réforme protestante du 16esiècle et du calvinisme. Les premiers colons écossais ont instauré le presbytérianisme dans les Maritimes et le centre du Canada à la fin du 18e siècle. Lors de l’Enquête auprès des ménages de 2011, 472 385 Canadiens ont rapporté qu’ils s’identifiaient en tant que presbytériens.



Église presbytérienne de St. Andrew
1831, à Niagara-on-the-Lake, conception de James Cooper.

Historique

18e et 19e siècles

Bien que les calvinistes français (voir Hugenots) participent aux débuts de la traite des fourrures, les non-catholiques sont bannis de la Nouvelle-France jusqu’à la conquête britannique. Les premiers colons écossais instaurent le presbytérianisme dans les Maritimes et dans le Centre du Canada à la fin du 18e siècle. Les Églises d’Écosse, d’Irlande et des États-Unis tentent d’organiser des congrégations dans les colonies et de fonder une Église presbytérienne canadienne, mais leurs efforts échouent. Toutefois, au début du 19e siècle, des filiales de l’Église d’Écosse et ses plus petites ramifications « sécessionnistes » sont établies. Leurs relations complexes, causées par des désaccords sur les relations entre l’Église et l’État, s’embrouillent encore plus en 1844, lorsque certains membres coloniaux de l’Église d’Écosse commencent à organiser des Églises « libres » pour sympathiser avec le mouvement contestataire de l’Église libre d’Écosse, qui découle également des conflits entre l’Église et « l’État.

En 1860 et 1861 respectivement, l’Église sécessionniste et l’Église libre des Maritimes et du Centre du Canada forment deux unions régionales. En 1875, celles-ci fusionnent avec le reste de l’Église d’Écosse pour former l’Église presbytérienne du Canada, qui est, d’après le recensement de 1891, la confession protestante la plus considérable au Canada. Avant la Première Guerre mondiale, la nouvelle Église prend une expansion rapide dans l’Ouest et établit des missions en Chine, en Corée, à Taiwan, et en Inde, en plus de celles qu’elle a déjà aux Antilles et à Vanuatu. Ces missions étrangères mènent de vastes opérations médicales et éducatives, et elles emploient des centaines de Canadiens. Pendant cette période, les presbytériens du Canada, à la fois laïcs et ecclésiastiques, appuient activement les idéaux du mouvement social gospel dans le cadre de leurs campagnes pour l’intégrité morale et politique, pour la tempérance et la justice sociale.

20e siècle

À l’aube du 20e siècle, la combinaison du nationalisme, du climat de collaboration au sein de la religion, et de l’esprit expansionniste des principales Églises protestantes du Canada conduit l’Église presbytérienne à rechercher une union avec d’autres organismes protestants dans le but de former une seule Église canadienne. Une minorité de presbytériens s’oppose à ce mouvement, et lorsque l’Église unie du Canada est formée en 1925, environ le tiers des presbytériens (principalement à Montréal et dans le sud de l’Ontario) refusent de s’y joindre. Ceux qui demeurent presbytériens perdent la plupart de leurs institutions éducatives et caritatives, ainsi que leurs missions au pays et à l’étranger.

Depuis 1925, le nombre total de membres et d’adhérents demeure stable à environ 800 000, et ce jusqu’à 1981. Il diminue ensuite à 636 295 membres en 1991. En 2011, 472 385 Canadiens s’identifient en tant que presbytériens.

L'église Knox

Structure et organisation

Toutes les Églises chrétiennes de la tradition « réformée » fonctionnent à travers un système de tribunaux presbytériens ou représentatifs élus, qui sont souvent appelés corporations épiscopales. La hiérarchie des tribunaux se développe, de l’audience congrégationnelle au presbytère et au synode, et de l’Église presbytérienne au Canada à l’Assemblée générale annuelle.

L’Église presbytérienne du Canada conserve une grande partie de son héritage calviniste et écossais au sein de son organisation et de sa vie ecclésiastique, en mettant l’accent sur le rôle central de la prédication et de la lecture des Écritures, ainsi que sur l’austère simplicité du culte et du décor des églises. Cependant, L’Église a abandonné les éléments plus sévères de la théologie et des pratiques calvinistes, comme la double prédestination et le rigide repos dominical (observance du sabbat). Bien qu’elle soit historiquement liée de façon étroite à l’Écosse, l’Église presbytérienne canadienne comprend des congrégations d’origine française, suisse, hongroise, coréenne et chinoise. Elle entretient des relations actives avec des organismes chrétiens de collaboration comme le Conseil Oecuménique des Églises, l’Alliance réformée mondiale et le Conseil canadien des Églises.

Au Canada, la tradition réformée est également représentée par les calvinistes hollandais. Les membres loyalistes de la colonie de l’Église réformée néerlandaise sont absorbés par les groupes presbytériens après la guerre de 1812, mais un schisme ultérieur de cette Église (qui devient l’Église Réformée en Amérique, en 1867) fait naître l’Église chrétienne Réformée (dont le siège social se trouve à Grand Rapids, au Michigan), qui fonde plusieurs missions dans l’Ouest canadien avant 1920. Durant les 15 ans qui suivent la Deuxième Guerre mondiale, près de 150 000 Hollandais immigrent au Canada, et de nouvelles congrégations sont formées en Ontario et en Colombie-Britannique. Il existe également quatre plus petites confessions calvinistes hollandaises, l’Église Protestante Réformée, les Églises Réformées canadiennes, les Églises Libres Réformées d’Amérique du Nord et les Assemblées Réformées des Pays-Bas, qui remontent toutes aux années 1950 et à la même vague d’immigrants hollandais. Les membres âgés de ces Églises préservent souvent leur héritage hollandais grâce à leur religion (voir Canadiens hollandais [Hollando-Canadiens ou Canadiens d’origine néerlandaise])

Presbytériens notables au Canada

En raison de la structure corporative du presbytérianisme, le commandement individuel n’est pas particulièrement évident dans la vie de l’Église. Toutefois, on compte parmi ses membres des Canadiens reconnus, comme le loquace nationaliste George M. Grant, directeur de l’Université Queen’s de 1877 à 1902 ; Le Premier ministre Mackenzie King ; le romancier Charles W. Gordon (sous le pseudonyme Ralph Connor) ; George Brown, éditeur du Globe ; la première sénatrice du Canada, Cairine Wilson ; Thomas McCulloch, pionnier de l’éducation en Nouvelle-Écosse ; et le Premier ministre de l’Ontario de longue date, Oliver Mowat.


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