Canadiens d’origine hongroise

La Hongrie d’aujourd’hui est un pays enclavé de l’Europe centrale. Il est cerné par la Slovaquie, l’Autriche, la Slovénie, la Croatie, la Serbie, la Roumanie et l’Ukraine. Les immigrants hongrois venus aux États-Unis commencent à émigrer au Canada durant les années 1880. Le recensement de 2016 fait état de 348 085 Canadiens d’origine hongroise (83 400 de réponses uniques et 264 685 de réponses multiples).



Origines

Avant 1914, les Hongrois arrivent au Canada en provenance de l’Empire austro-hongrois, en même temps que de nombreux Slovaques, Croates, Allemands et autres.

 Depuis la fin de la Première Guerre mondiale, les Hongrois émigrent de Hongrie ou d’autres pays comprenant un nombre important de minorités hongroises tels que la Tchécoslovaquie, la Roumanie ou la Yougoslavie.

L’irrégularité du développement économique, l’absence de réforme agraire, le problème de la nationalité et d’autres facteurs entraînent l’émigration de centaines de milliers de Hongrois. Après la chute de l’Empire austro-hongrois en 1918, la Hongrie est déclarée république indépendante. Les malaises économiques et sociaux qui s’ensuivent forcent un plus grand nombre encore de Hongrois à émigrer. Quant aux Hongrois transférés dans des pays voisins, la plupart préfèrent émigrer au Canada plutôt que de vivre dans un environnement politique hostile. La Deuxième Guerre mondiale et l’avènement de la dictature communiste obligent encore plus de Hongrois à s’exiler.

Migration et peuplement

Les Hongrois arrivent au Canada en quatre vagues principales : environ 8 000 immigrent avant 1914, 26 000 autres de 1925 à 1930, puis quelque 12 000 personnes déplacées après la guerre arrivent de 1948 à 1952, suivies d’environ 37 000 réfugiés hongrois en 1956 et 1957, après l’échec du soulèvement de 1956 contre l’autorité soviétique.

Des réfugiés hongrois
Réfugiés hongrois arrivant en 1957 après l'échec du soulèvement démocratique contre les Soviétiques en Hongrie.
(Archives de l'Ontario 476)

La plupart des colons venus avant 1914 sont des paysans et plusieurs d’entre eux quittent les bidonvilles industriels des États-Unis pour migrer au Canada. Le groupe arrivé entre les deux conflits mondiaux présente une diversité sociale un peu plus grande, tandis que de nombreux immigrants arrivés après la Deuxième Guerre mondiale proviennent des classes moyenne et supérieure de Hongrie, dépossédées de leurs biens. Toutes les vagues d’immigration, sauf la dernière, amènent surtout de jeunes hommes adultes.

Les premiers groupes d’immigrants hongrois s’installent surtout dans les fermes des Prairies mais ils s’établissent ensuite dans les villes. Cependant, à la ville comme à la campagne, ils cherchent à se regrouper pour habiter ensemble.

Le saviez-vous?

La ville d’Esterhazy, située en Saskatchewan, porterait le nom de Paul Otto d’Esterhazy (baptisé Johannes Packh). À la fin du 19e siècle, il aide 35 familles magyares et slovaques migrant des États-Unis à s’installer dans ce qui deviendra les provinces du Manitoba et de la Saskatchewan (voirTerritoires du Nord-Ouest : 1870 - 1905). Avant 1914, la Saskatchewan était parfois appelée « Petite Hongrie ».


À partir de 1920, un nombre grandissant de Hongrois s’installent dans les villes, en particulier dans celles du centre du Canada. La Crise des années 1930 interrompt cette tendance qui reprend pourtant après la Deuxième Guerre mondiale, dans le sud de l’Ontario notamment.

Vie économique

À l’origine, la plupart des Hongrois arrivés ici sont fermiers, mineurs, terrassiers ou bûcherons, tandis que les Hongrois venus après 1945 sont en général plus qualifiés et plus instruits. À l’aise en période de prospérité, les Hongrois subissent fortement les effets des périodes de récession. Pendant la Crise des années 30, la plupart perdent leur emploi, leur ferme ou leur entreprise.

Vie sociale et culturelle

Les Hongrois sont pour la plupart catholiques, encore que certains appartiennent à diverses confessions protestantes et d’autres à la religion juive ou catholique de rite byzantin. De nombreuses églises sont à la fois des centres sociaux et culturels où sont offerts des cours de langue hongroise aux enfants. Lors du recensement de 2016, 64 335 Canadiens déclarent le Hongrois comme étant leur langue maternelle (première langue apprise).

Afin d’atténuer les effets de l’isolement social et de réduire l’instabilité économique, les Hongrois maintiennent divers types d’organismes depuis la fondation de leurs premières colonies. De nos jours, un bon nombre de ces groupes et églises sont membres de la Hungarian Canadian Federation, l’organisme-cadre national des Hongrois du Canada. Parmi les organismes locaux, régionaux ou professionnels, la Széchenyi Society de

À Toronto, la Hungarian Helicon Society s’occupe d’activités sociales et culturelles depuis les années 1950. À travers le pays, plusieurs villes et villages ont des Centres culturels hongrois. Au cours des dernières années, les réfugiés hongrois des districts transylvaniens de Roumanie ont joué un rôle de plus en plus important dans la vie communautaire des principaux centres hongrois du pays, comme Toronto.

Avant 1914, les Hongrois ont commencé à publier des journaux dans leur langue. Toronto a longtemps été le centre d’édition de publications comme Kanadai Magyarsàg (« Hongrois du Canada »), Magyar Élet (« vie hongroise ») et de bien d’autres revues spécialisées. Le Menorah Egyenlöség a été le plus important journal juif de langue hongroise en Amérique du Nord.


Lecture supplémentaire


Liens externes