Les oiseaux sont des animaux vertébrés à plumes qui appartiennent à la classe des Aves. Les archives de fossiles, l’anatomie comparée et l’embryologie indiquent que les oiseaux ont une ascendance commune avec les reptiles et les dinosaures. Les paléontologues croient généralement que, parmi les reptiles vivants, les crocodiliens sont les plus proches parents des oiseaux. On trouve plus de 700 espèces d’oiseaux au Canada.

Adaptations au vol
Les oiseaux sont uniques parce qu’ils possèdent deux adaptations anatomiques majeures; des plumes, probablement issues de l’évolution des écailles reptiliennes, qui leur fournissent une couche isolante et leur permettent de maintenir une température corporelle constante, indépendamment de la température de l’air ambiant; et des membres antérieurs considérablement modifiés, passant de la forme des cinq doigts de leurs ancêtres reptiliens à une aile recouverte de plumes spécialement adaptées qui leur confèrent la faculté de voler (voir Vol des oiseaux).
D’autres adaptations comprennent des modifications de leur squelette qui ont réduit le poids des oiseaux par l’évolution d’os creux remplis d’air; ceci augmente la rigidité du squelette grâce à la fusion de ses parties (par exemple, des sections de la colonne vertébrale) et fournit des projections osseuses (apophyses) auxquelles les muscles du vol sont attachés, comme le bréchet (crête saillante) sur le sternum.
Les poumons ont développé une série de sacs aériens associés qui pénètrent dans les os et entre les muscles. Ce système respiratoire réduit la masse corporelle et augmente l’efficacité des échanges gazeux en permettant un flux continu d’air frais sur les surfaces respiratoires. Le poids corporel des oiseaux a été réduit davantage grâce à leur faculté d’excréter un déchet azoté (acide urique) qui nécessite un peu d’eau pour son évacuation, ce qui évite aux oiseaux d’avoir à transporter cette eau.
Leur système reproducteur n’est fonctionnel que de façon saisonnière. Il s’élargit et s’alourdit pendant la brève période de reproduction. Chez la femelle de la plupart des espèces, il comprend un seul ovaire et un oviducte qui produisent des œufs entourés d’une coquille, ce qui permet aux petits de se développer à l’extérieur du corps de la mère et contribue également à réduire le poids de cette dernière.
Ces adaptations de forme, de fonction et de comportements associés permettent aux oiseaux de surmonter ce qui est, pour les autres vertébrés, des barrières géographiques infranchissables et d’exploiter pratiquement tous les habitats, depuis la toundra arctique et les déserts jusqu’aux forêts tropicales et aux océans.

Avifaune du Canada
Bien qu’on trouve plus de 700 espèces d’oiseaux au Canada, seulement environ 425 d’entre elles y sont recensées comme se reproduisant au pays. Dans la majeure partie du pays, la plupart des espèces sont migratrices; elles arrivent au printemps pour nicher et élever leurs petits et elles repartent vers des climats plus cléments à l’automne (voir Migration). Quelques espèces sont résidantes toute l’année, même dans l’Arctique où des oiseaux comme le grand corbeau, le goéland bourgmestre et le lagopède alpin se sont adaptés pour exploiter les ressources alimentaires disponibles durant les longs hivers sombres.
Plus au sud dans le Canada, les visiteurs arrivent à la fin de l’automne en provenance de leurs lieux de reproduction dans les îles arctiques, la toundra et la forêt boréale pour hiverner le long des côtes, dans les forêts de feuillus et dans les plaines centrales. Des oiseaux comme le harelde kakawi (voir Canard), le sizerin flammé, le durbec des sapins et le bruant des neiges font partie de cette catégorie.

Reproduction
Les oiseaux sont habituellement plus visibles durant leur cycle de reproduction. C’est durant cette période que la plupart des espèces manifestent des comportements complexes qui incluent des parades nuptiales et des chants. Le plumage nuptial, particulièrement remarquable chez les mâles reproducteurs, les rend très voyants lorsqu’ils effectuent leurs parades rituelles. L’exemple le plus spectaculaire est sans doute celui de la parade nuptiale du paon. Les oiseaux se font également remarquer durant cette période par les sons qu’ils produisent, particulièrement lorsque les mâles de plusieurs espèces chantent pour indiquer qu’ils occupent un territoire.
La plupart des oiseaux semblent établir des territoires de nidification qui varient de zones relativement grandes où se déroulent la plupart des activités de recherche de nourriture et de nidification, comme chez le merle d’Amérique, à de très petits espaces qui ne comprennent que les sites de nidification, comme chez les espèces coloniales comme le goéland à bec cerclé. Ils défendent leur territoire contre l’intrusion d’autres individus de la même espèce et, dans certains cas, contre d’autres espèces étroitement apparentées.
Le nid est construit et la couvée d’œufs est déposée à l’intérieur des limites du territoire. La taille de la couvée varie considérablement, allant d’un seul œuf chez les oiseaux marins nichant dans les falaises comme le fou de Bassan, à environ 18 œufs chez le gibier à plumes comme la perdrix grise. Les petits éclosent après une période d’incubation variant d’environ deux semaines chez les petits oiseaux chanteurs comme l’hirondelle et le bruant, à environ neuf semaines chez les grandes espèces comme l’albatros.

Oisillons
Les oisillons requièrent une attention parentale pendant un certain temps. Pour ces espèces (comme le troglodyte familier et le merle d’Amérique) dont les oisillons éclosent nus et restent dans le nid jusqu’à leur premier envol, les deux parents leur apportent de la nourriture pendant toute la période de la nidification. Pour eux, la disponibilité de nourriture est un facteur d’une importance majeure. D’autres espèces (comme la gélinotte huppée et la bernache du Canada) ont des oisillons qui sont capables de se nourrir eux-mêmes peu après l’éclosion. Chez ces espèces, les petits quittent rapidement le nid, toujours accompagnés d’un ou des deux parents. Leur aptitude à éviter les prédateurs avant d’apprendre à voler est d’une importance capitale, comme le suggère le camouflage créé par les couleurs et les motifs de leur plumage duveteux.

Alimentation
Les oiseaux développent la capacité de se nourrir d’une grande variété d’aliments. Certaines espèces sont principalement herbivores; les oies broutent les plantes herbacées, les tétras broutent les feuilles et les aiguilles des plantes ligneuses, plusieurs espèces tropicales se nourrissent principalement de fruits, et un groupe, qui inclut le colibri, se nourrit du nectar des fleurs.
De l’autre côté du spectre alimentaire se trouvent les oiseaux qui sont principalement carnivores; le plongeon se nourrit principalement de poissons, la buse et le hibou chassent principalement des vertébrés comme les rongeurs (voir Oiseaux de proie), et un large groupe de petits oiseaux ont évolué pour tirer profit des populations d’insectes qui existent dans toute la sphère terrestre. Parmi ces derniers, on trouve des espèces aussi diversifiées que le martinet et l’hirondelle, qui se nourrissent d’insectes volants; la paruline, qui fouille les feuilles des arbres à la recherche des insectes arboricoles qu’elles abritent; et le cincle, qui s’aventure dans les ruisseaux rapides pour y trouver les insectes aquatiques qui vivent parmi les sédiments du fond.

Conservation et menaces
Environ 90 espèces d’oiseaux présentes au Canada sont considérées comme en péril selon la Loi sur les espèces en péril du Canada. En fait, aux États-Unis et au Canada, environ 3 milliards d’oiseaux, soit un individu sur trois, ont disparu depuis 1970. Cinq principales menaces expliquent ce déclin : (1) la perte d’habitat due au développement urbain, à la foresterie, à l’exploitation minière, à l’agriculture, etc. (2) les pesticides et autres contaminants, (3) les espèces envahissantes et les chats d’extérieur (voir Les espèces envahissantes au Canada : animaux; Espèces envahissantes au Canada : Plantes), (4) les collisions avec des structures construites par l’homme, comme les fenêtres et les lignes électriques et (5) les changements climatiques.
Outre la Loi sur les espèces en péril, la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs est une autre loi importante visant à protéger les oiseaux au Canada. De nombreux organismes canadiens, comme Oiseaux Canada, se consacrent également à la conservation des oiseaux canadiens.
