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Mercantilisme (résumé en langage simple)

Le mercantilisme représente deux choses. Premièrement, c’est une théorie économique, plutôt simple : la richesse est limitée. La richesse peut être sous forme d’argent et de ressources. On dit que quelque chose est « rare » quand il n’y en a pas beaucoup. Deuxièmement, le mercantilisme est une ligne de conduite économique. On entend par ligne de conduite un ensemble de règles à suivre. Le mercantilisme a été adopté par beaucoup de nations qui étaient des puissances impérialistes européennes. Les deux nations mercantilistes les plus connues sont l’Angleterre (Grande-Bretagne) et la France. Elles cherchaient à exporter plus de marchandises qu’elles n’en importaient de leurs colonies. Leur but était de faire beaucoup d’argent sans en dépenser trop. La traite atlantique était de nature mercantiliste (voir aussi Esclavage des Noirs au Canada (résumé en langage simple)).

(Cet article est un résumé en langage simple du mercantilisme. Si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet, veuillez consulter notre article complet, Mercantilisme.)

Les commerçants de fourrure à Montréal

Mercantilisme en Nouvelle-France

Les relations économiques entre la France et sa colonie, la Nouvelle-France, représentent un excellent exemple de mercantilisme. La France essaie à l’époque d’accaparer le plus grand nombre de ressources possible en Nouvelle-France sans avoir à trop payer de sa poche. Elle a une domination complète. Elle n’autorise pas la Nouvelle-France à vendre ses produits à d’autres nations. Elle vend une grande partie des matières premières à d’autres nations européennes. L’économie de la Nouvelle-France se développe lentement à cause du mercantilisme. La France n’a en fait aucun intérêt pour le développement de la Nouvelle-France. Seules les ressources l’intéressent. Par exemple, la France ne fait presque rien pour la croissance de la population de la Nouvelle-France parce que l’économie de cette dernière n’est pas importante pour elle (voir aussi Peuplement de la Nouvelle-France).

Souvent, la croissance de la population contribue à l’enrichissement économique. C’est au mercantilisme qu’on doit la création d’un monopole dans la traite des fourrures. La traite des fourrures demeure longtemps le moteur de l’économie de la Nouvelle-France. C’est la Compagnie des Cent-Associés qui bénéficie du monopole. La compagnie avorte quelque temps après. L’économie de la Nouvelle-France reste ainsi au beau fixe. L’économie commence à se diversifier plus tard dans l’histoire de la Nouvelle-France, mais le mercantilisme l’a toujours empêchée de se diversifier assez pour qu’il y ait croissance.

Mercantilisme britannique

Le mercantilisme britannique ressemble au mercantilisme français, mais en moins strict. Les politiques mercantilistes britanniques commencent au début des années 1650. Les lois sur la navigation servent à implanter le mercantilisme. Elles accordent un monopole à la Grande-Bretagne. Les colonies britanniques ne peuvent alors commercer qu’avec la Grande-Bretagne. Les matières premières sont envoyées en Grande-Bretagne, où sont fabriqués les produits finis. Les Britanniques usent de politiques mercantilistes en Nouvelle-France aussi. Ils en prennent possession en 1759.

Le mercantilisme se veut une façon d’enrichir les États. Mais il enrichit aussi des personnes. Les personnes les plus riches de l’Amérique du Nord britannique (ex-Nouvelle-France) œuvrent dans la traite des fourrures. James McGill et Simon McTavish en sont deux bons exemples. Ils exportent des fourrures vers l’Angleterre et importent des marchandises des Caraïbes, surtout le sucre, le rhum et le coton. Comme en Nouvelle-France, le mercantilisme ne permet qu’une croissance lente de l’économie de l’Amérique du Nord britannique (Canada). Le Canada ne fait qu’exporter des ressources. L’économie échoue donc à se diversifier. L’industrie locale ne se développe pas. Certains prétendent que le mercantilisme est à l’origine de la stagnation (ou absence de progression) qui perdure jusqu’à tard au 19e siècle.

Compagnie de la Baie d’Hudson

La Compagnie de la Baie d’Hudson calque la Compagnie des Cent-Associés. Elle a le monopole de la traite des fourrures. Fondée en 1670, elle s’étend sur un vaste territoire appelé la Terre de Rupert. Le territoire occupé par la Terre de Rupert couvre aujourd’hui une partie du Nunavut, de l’Ontario, du Québec, de la Saskatchewan, du Manitoba et de l’Alberta. La Compagnie de la Baie d’Hudson se concentre sur le commerce des peaux de castor. Elle ne fait pas grand-chose pour le développement de l’économie canadienne. Elle nuit aussi aux établissements permanents. En effet, elle ne veut pas de colons qui feraient obstacle à la traite des fourrures.

Esclavage

Les Européens dominent une grande partie de la traite des esclaves, une entreprise mercantiliste. Les Européens asservissent les Africains et les forcent à travailler en Amérique. La France et l’Angleterre sont de grands acteurs de la traite des esclaves. Les esclaves travaillent dans les plantations, la plupart de sucre et de coton. Les biens sont par la suite expédiés vers les pays européens. On les y transforme en produits vendus en Europe et dans le reste du monde. L’esclavage de plantation n’a pas lieu au Canada, mais le Canada a des esclaves (voir aussi Esclavage des Noirs au Canada (résumé en langage simple)). Les Autochtones sont réduits aussi en esclavage (voir aussi Esclavage des Autochtones au Canada). Beaucoup d’esclaves travaillent dans le commerce des fourrures ou comme domestiques.

Fin du mercantilisme

Le mercantilisme perd de sa popularité à la fin du 18e et au début du 19e siècles. Les économistes de l’époque commencent à le critiquer. Adam Smith est le plus célèbre d’entre eux. Son livre le plus connu est La richesse des nations (1776). Smith est d’avis que le mercantilisme nuit à la concurrence. Ce n’est pas ce qu’on veut, selon Smith, car la concurrence est nécessaire à la croissance économique et à la prospérité. Par ailleurs, au 19e siècle, il survient des changements économiques rapides qui obligent les économies comme le Canada à se diversifier et à s’industrialiser. Le mercantilisme s’essouffle donc. C’est finalement l’industrialisation et la popularité des idées d’Adam Smith qui auront eu raison du mercantilisme en tant que force économique.

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