Esclavage des Noirs au Canada (résumé en langage simple)

La pratique de l’esclavage a été introduite en Nouvelle-France par les colons au début du 17esiècle. Elle s’est poursuive quand les Britanniques ont pris possession de la Nouvelle-France en 1760 (voir Amérique du Nord britannique.) Pendant environ deux cents ans, des milliers d’Autochtones et de Noirs africains ont été achetés, vendus, troqués ou hérités en tant que propriétés privées dans les débuts du Canada. L’esclavage a été aboli (rendu illégal) dans toute l’Amérique du Nord britannique en 1834.

(Cet article est un résumé en langage simple de l’esclavage au Canada. Si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet, veuillez consulter notre article complet: Esclavage des Noirs au Canada.)



Le navire négrier britannique Brookes
Illustration montrant des plans du pont et des sections transversales du navire négrier britannique Brookes qui commerçait en vertu de la loi réglementant la traite des esclaves de 1788.

Esclavage en Nouvelle-France

Des milliers d’esclaves vivent en Nouvelle-France. La plupart proviennent de tribus autochtones (voir Esclavage des Autochtones au Canada.) Ils sont appelés panis, un mot qui signifie « esclave autochtone ». Outre les esclaves autochtones, il y a des esclaves africains en Nouvelle-France. La plupart proviennent de Madagascar et de Nouvelle-Guinée. Tous les esclaves de Nouvelle-France sont des esclaves objets, c’est-à-dire qu’ils peuvent être achetés, vendus, échangés et hérités en tant que propriétés privées.

Le saviez-vous? Le premier témoignage écrit de la présence d'esclaves africains en Nouvelle-France provient de l’archivage de la vente d'un garçon originaire de Madagascar ou de Guinée. Son âge est estimé à au moins six ans. L’enfant est amené en Nouvelle‑France en 1629 par les frères Kirke, des commerçants britanniques (voir Sir David Kirke). Quelques années plus tard, le garçon est vendu à un commis français du nom d'Olivier Le Baillif. Ensuite, le garçon est donné ou vendu à un homme du nom de Guillaume Couillard. En 1633, il est baptisé et appelé Olivier Le Jeune. Le garçon restera en Nouvelle-France jusqu’à la fin de ses jours.

Esclavage en Amérique du Nord britannique

La pratique de l’esclavage se poursuit après que les Britanniques ont pris possession de la Nouvelle-France (voir Amérique du Nord britannique.) Des milliers d’esclaves africains sont amenés au Canada par les loyalistes, c’est-à-dire des gens qui sont restés loyaux à l’Angleterre pendant la Révolution américaine. Dans les années 1790, on retrouve entre 1200 et 2000 esclaves africains dans les Maritimes (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse et Île-du-Prince-Édouard actuels). À peu près 300 esclaves vivent au Bas-Canada (Québec actuel), et à peu près 700 au Haut-Canada (Ontario actuel).

Main d’œuvre servile: forcé de travailler gratuitement

La plupart des esclaves au Canada sont des travailleurs domestiques (bonnes et majordomes). Ils font la cuisine et le ménage, et prennent soin des enfants. D’autres travaillent pour leurs propriétaires dans des tavernes, des moulins ou des boucheries. Beaucoup sont travailleurs agricoles, chasseurs, voyageurs, blanchisseuses, opérateurs de presse à imprimer, pêcheurs, dockers ou coiffeurs. Certains sont bourreaux. Le revenu du travail des esclaves revient à leurs propriétaires.

Traitement des esclaves

Les esclaves n’ont aucun droit ni liberté. Par conséquent, leurs propriétaires peuvent les traiter avec cruauté. Certains sont torturés ou assassinés. Les femmes esclaves sont souvent agressées sexuellement. De plus, les familles d’esclaves sont régulièrement séparées. Les membres des familles d’esclaves sont vendus à différents maîtres. Certains propriétaires éduquent les enfants esclaves et donnent aux adultes des terres, de l’argent et des propriétés. Et ils s’assurent que leurs esclaves soient libérés après leur mort. Cela dit, il est important de se rappeler que la plupart des esclaves souffrent terriblement.

Résistance à l’esclavage

Beaucoup d’esclaves résistent. Certains quittent sans permission la propriété de leur maître. D’autres s’enfuient vers des lieux comme le Vermont et le New York. Ces États ont interdit l’esclavage à la fin du 18esiècle.

Abolition de l’esclavage

Au Canada, beaucoup de gens s’opposent à l’esclavage. On les appelle « abolitionnistes ». Un abolitionniste est une personne qui veut rendre l’esclavage illégal. Un des plus importants abolitionnistes du Haut-Canada est le lieutenant-gouverneur John Graves Simcoe. En 1793, il contribue à la promulgation de la Loi pour restreindre l’esclavage au Haut-Canada. Cette loi n’abolit pas l’esclavage; toutefois, elle interdit l’importation d’esclaves et établit que tous les esclaves existants seront libérés à l’âge de 25 ans. La Loi pour restreindre l’esclavage au Haut-Canada est originale. Ni la Grande-Bretagne, ni une autre de ses colonies, n’a voté une loi pour limiter l’esclavage auparavant.

Peu de temps après la promulgation de la Loi pour restreindre l’esclavage, la pratique décline au Haut-Canada, au Bas-Canada et dans les provinces maritimes. Elle disparaît à jamais lorsque la Loi de l’abolition de l’esclavage est promulguée par le parlement britannique en 1834.