Walter James Treliving, C.M., entrepreneur, personnalité de la télévision, philanthrope (né le 12 mai 1941 à Virden, au Manitoba). Jim Treliving a contribué à la croissance de la chaîne de restauration Boston Pizza, qui est passée d’une franchise qu’il avait achetée en 1968 à une entreprise internationale. Il est devenu célèbre en tant que panéliste de l’émission de télévision Dragons’ Den de la CBC pendant ses 15 premières saisons. Ses efforts philanthropiques se sont concentrés sur la promotion de la santé mentale.
Jim Treliving
Jim Treliving au Canada’s Rock of Fame 2023 au Massey Hall de Toronto, en Ontario, le 28 septembre 2023.
(photo de Jeremychanphotography/Getty Images)
Jeunesse et carrière
Son grand-père, James Gardner, est acheteur de céréales à Virden, au Manitoba, en plus d’y être maire pendant 29 ans. Son père, Ted, est barbier. Il l’encourage à regarder plus loin que le bout de son nez pour atteindre le succès.
Jim Treliving abandonne ses études secondaires en 11e année. En 1959, après avoir travaillé sur des plates-formes pétrolières, il suit une formation d’agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Il est affecté à Prince George, en Colombie-Britannique. Ayant idolâtré les policiers durant son enfance, il constate que les résidents de Prince George ne partagent pas son admiration. « Les policiers n’étaient pas considérés comme des alliés de la population, là pour surveiller et protéger, mais plutôt comme une nuisance pour les criminels locaux qui semaient la terreur dans les rues de la ville. Ce fut une prise de conscience difficile », se souvient-il plus tard dans son autobiographie, Decisions.
Boston Pizza
En 1996, Jim Treliving travaille à Edmonton lorsqu’il découvre le Boston Pizza and Spaghetti House, un restaurant fondé deux ans plus tôt. Il goûte pour la première fois à la pizza et apprécie particulièrement le fait de pouvoir la manger avec ses doigts. Il se lie d’amitié avec les propriétaires et commence bientôt à travailler comme videur le vendredi soir, principalement pour gérer les étudiants de l’université qui ont abusé de l’alcool.
Plus il s’intéresse au commerce de la pizza, plus sa passion pour le travail policier s’estompe. Après avoir refusé une mutation dans un poste administratif en Ontario, il quitte la GRC en mai 1967. Lui et Don Spence, un policier du service de police d’Edmonton, passent plusieurs mois à amasser des fonds pour acquérir leur propre franchise de Boston Pizza. (Voir aussi La police au Canada.) Les petits boulots qu’il exerce vont de vendeur d’électroménagers chez Simpsons-Sears à lutteur masqué sous le nom de « Hangman ». (Voir aussi Lutte professionnelle.)
En mai 1968, Jim Treliving et Don Spence ouvrent leur première franchise à Penticton, en Colombie-Britannique. Le restaurant comprend une boîte de nuit au sous-sol, ce qui contribue à sa prospérité durant ses premières années. Ils engagent George Melville comme comptable, qui deviendra par la suite le partenaire commercial de Jim.
En 1983, lors d’une réorganisation de la société, Treliving et Melville acquièrent 50 % de Boston Pizza International, pour finalement en devenir les actionnaires majoritaires. Jim Treliving est nommé président de la chaîne, qui compte alors plusieurs restaurants dans l’Ouest canadien.
Sous sa direction, Boston Pizza décroche un contrat pour vendre de la pizza dans trois points de vente à l’Expo 86 à Vancouver et, dès 1988, ouvre une succursale asiatique à Taïwan. La première expansion de Boston Pizza dans l’est du Canada se révèle infructueuse. Jim Treliving attribue son abandon en 1992 à une mauvaise compréhension des spécificités du marché.
À la fin des années 1990, lorsque l’entreprise revient en Ontario, Jim Treliving déménage à Toronto afin de s’impliquer davantage et d’éviter de répéter les erreurs du passé. En 2001, il emménage à Dallas, au Texas, pour superviser l’expansion américaine de la chaîne.
En 2024, les ventes de l’ensemble du réseau, dans les 372 établissements Boston Pizza, atteignent 1,175 milliard de dollars.
Au cours de sa carrière entrepreneuriale, seul ou en tant que membre du T&M Group of Companies, il détient également des participations dans des centres de réparation automobile, des firmes de gestion d’événements, des entreprises de fabrication de produits alimentaires, des sociétés d’aménagement foncier et des sociétés immobilières.
Dragons’ Den
En 2006, Tracie Tighe, productrice à la CBC, le contacte pour qu’il participe à un segment de l’émission de télévision Venture. Elle lui propose ensuite de passer une audition pour Dragons’ Den, une nouvelle série inspirée d’une émission de la BBC. Bien qu’il refuse d’abord cette opportunité après une audition réussie, sa femme, Sandi Treliving, le convainc de l’accepter, affirmant que cela lui apporterait une grande visibilité médiatique.
Il finit par accepter l’offre. Il se dit : « Cela pourrait être amusant, je n’ai pas pris de risque depuis un moment. » L’émission Dragons’ Den prend l’antenne en octobre 2006 et se poursuit pendant 15 saisons. Lorsqu’il quitte l’émission en 2021, il est le dernier des panélistes d’origine. Avec sa collègue Arlene Dickinson, il anime une série dérivée en 2012, The Big Decision.
Dans son autobiographie, il exprime sa fierté pour le succès de l’émission Dragons' Den, mais aussi pour le fait que des enseignants l’utilisent comme un outil pour apprendre à leurs élèves à présenter des idées commerciales et à élaborer des plans d’affaires.
Jim Treliving
Jim Treliving à l’Allée des célébrités canadiennes 2019 à Toronto, Ontario, le 23 novembre 2019.
(photo de George Pimentel/Getty Images)
Philanthropie
Ses parents étant convaincus de l’importance d’aider les membres de la communauté, Jim Treliving apprend la valeur de la philanthropie dès son plus jeune âge. « Ma mère me donnait des bottes en caoutchouc pour les enfants qui n’avaient pas de chaussures », raconte-t-il au National Post en 2023. « C’est la mentalité qu’on avait, dès le premier jour. »
En 1990, Jim Treliving et George Melville créent la Fondation Boston Pizza, qui entretient des liens avec plusieurs autres organisations caritatives et de services sociaux : la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC du Canada, la Fondation de la recherche sur le diabète juvénile Canada, Jeunesse, J’écoute, Grands Frères Grandes Sœurs du Canada, La fondation Starlight Canada et Youth Emergency Shelter Society. Sa fille, Cheryl Treliving, a été directrice générale de la fondation et de sa filiale, Boston Pizza Foundation Future Prospects. En 2025, la fondation a versé plus de 37 millions de dollars à des organismes de bienfaisance canadiens.
Jim Treliving est membre bénévole du conseil d’administration de la Fondation canadienne de hockey, de The David Foster Foundation et de la Richmond Hospital Foundation.
Lui et son épouse, Sandi, versent des dons importants au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH). En 2012, ils donnent 1 million de dollars à sa fondation. En 2020, ils versent 5 millions de dollars pour lutter contre les inégalités entre les sexes en matière de santé mentale dans le cadre de l’initiative « womenmind ». En 2017, ils sont coprésidents nationaux du programme « 150 leaders canadiens engagés pour la santé mentale », un projet inspiré par Canada 150 qui invite le public à proposer des personnes qui se consacrent à aider ceux qui souffrent de problèmes de santé mentale. Leur engagement pour la cause découle de l’expérience vécue par Jim en tant qu’agent de la GRC ainsi que de leurs propres expériences familiales.
« Vous pensez à la santé et au bonheur de votre famille et de vos amis, et à votre contribution à la communauté. Le succès consiste à vous trouver, vous et votre entreprise, dans une situation bien meilleure que celle dans laquelle vous étiez au départ, et chacun, de l’employé à l’entrepreneur, évalue cela de manière très différente. » – Jim Treliving dans Decisions (2012)
Vie personnelle
Jim Treliving se marie trois fois : à Elaine Tkatchuk, à Bronwyn Tolley et à Sandi Beauchamp.
Sa fille dirige la Fondation Boston Pizza, tandis que son fils, Brad, est directeur général des Flames de Calgary et des Maple Leafs de Toronto.
En 1996, il cofonde la Western Professional Hockey League, une ligue mineure, avec son fils Brad et Rick Kozuback. Elle reste active jusqu’en 2001, avant de fusionner avec la Central Hockey League. (Voir aussi Hockey sur glace au Canada.)
Il publie son autobiographie, Decisions, en 2012.
Prix et distinctions
- Prix du fondateur T. Patrick Boyle de l’Institut Fraser (2012)
- Membre du Business Laureates of British Columbia Hall of Fame (2014)
- Membre de l’Allée des célébrités canadiennes (2019)
- Membre de l’Ordre du Canada (2019)
- Prix Horatio Alger de l’Association Horatio Alger du Canada (2023)