Article

Jean St-Germain

Jean St-Germain, inventeur (né le 29 mars 1937 à Drummondville, au Québec; décédé le 16 septembre 2016 à Saint-Hyacinthe, au Québec). Jean St-Germain est connu pour ses nombreuses inventions dont le biberon moderne, un exploit qu'il a accompli alors qu'il était encore adolescent. Il a également été parachutiste dans l'armée canadienne et restaurateur. Il incarnait parfaitement le terme québécois de « patenteux », désignant une personne bricoleuse, débrouillarde et ingénieuse.

Jean St-Germain

Le saviez-vous?
Jean St-Germain avait pour habitude de répondre au téléphone en disant « ici St-Germain le patenteux. »


Jeunesse et première invention

Jean St-Germain est le septième de onze enfants. Ses parents, Alphonse St-Germain et Rosalie Tétreault, sont des agriculteurs (voir Agriculture au Canada). Dans son enfance, Jean St-Germain éprouve des difficultés scolaires au primaire et quitte l'école après avoir redoublé sa quatrième année à deux reprises.

À 16 ans, alors qu'il garde le fils de son frère aîné, il s'interroge sur la raison pour laquelle sa belle-sœur tape dans le dos de son bébé après chaque biberon. C'est ainsi que Jean St-Germain se rend compte que les biberons traditionnels se remplissent d'air lorsque le lait est déplacé. Cet air est ensuite avalé par le nourrisson, ce qui peut lui occasionner des gaz et des inconforts. Jean St-Germain a l’idée d’intégrer une doublure à l'intérieur du biberon pour séparer le liquide du récipient. Il utilise finalement un préservatif à l'intérieur d'une bouteille en verre pour empêcher la formation de poches d'air. Le résultat est un biberon qui élimine efficacement les rots des bébés.

Jean St-Germain vend son idée à un homme d'affaires d'Ottawa pour 1 000 $ US (équivalent à plus de 12 000 $ en dollars de 2026). C’est ainsi qu’est commercialisé le biberon sans air par la société Playtex en 1953. Jean St-Germain n'a jamais cherché à obtenir davantage pour son invention, malgré l'immense fortune qu'elle a rapportée à l’entreprise. Il utilise une partie de la somme reçue pour se construire un petit atelier.

Service militaire

Après avoir travaillé dans le domaine de la blanchisserie puis de la construction, Jean St-Germain choisit de suivre les traces de son frère aîné, Fernand, mort pendant la guerre de Corée, et s'engage dans l'armée canadienne. Il est recruté au sein du Royal 22e Régiment où il reçoit une formation de parachutiste. Au milieu des années 1950, il est stationné en Allemagne de l'Ouest. Cette expérience lui insuffle une passion durable pour l'aviation et le parachutisme. Il continue également à cultiver son goût pour le bricolage durant cette période, construisant notamment une horloge cérémonielle de plus de deux mètres de haut, actionnée par le moteur d'une machine à coudre et capable de jouer la marche officielle du régiment, « Vive la Canadienne ».

Carrière d’un inventeur excentrique

Après son retour du service militaire, Jean St-Germain s'installe près de Saint-Hyacinthe et fonde une famille, qui compte à terme douze enfants. À une certaine époque, il dirige sa propre école de parachutisme où il utilise un avion de transport DC-3 des années 1930. Avec sa famille, il vit alors dans un hangar à avions adjacent. Il continue de travailler sur ses inventions originales.

La propriété de Jean St-Germain regorge des divers projets et inventions qu’il a créés. Ses enfants se souviennent des artisans qui venaient régulièrement l’aider à concrétiser sa vision à travers ses différentes créations.

L'une des inventions de Jean St-Germain qui a connu le plus de succès est sans doute l'aérodium, la première soufflerie verticale intérieure au monde. L'aérodium est un silo de douze mètres de haut muni d'un ventilateur à hélice à sa base. Il s’agit d’un simulateur de chute libre permettant de vivre l'expérience du parachutisme sans sauter d'un avion.


En 1982, le magnat américain de l’immobilier Marvin Kratter propose à Jean St-Germain 1,5 million de dollars pour les droits d’exploitation de l’aérodium.

Cette invention permet à des personnes du monde entier de connaître les sensations du saut en chute libre tout en permettant aux parachutistes expérimentés de s'entraîner en toute sécurité dans un environnement contrôlé.

Dans les années 1980, Jean St-Germain fait construire une pyramide de dix mètres de haut sur sa propriété située dans la municipalité de Saint-Simon, à laquelle il attribue des pouvoirs spirituels et guérisseurs. Il vend l’accès à son espace intérieur aux personnes souhaitant méditer, une pratique à laquelle il s'adonne lui-même. Il a le projet de faire construire une pyramide beaucoup plus grande – un monument de 160 mètres de haut – comprenant un restaurant, un musée et un mausolée pouvant accueillir des milliers de cercueils et d'urnes funéraires. Le projet est finalement rejeté pour non-conformité aux règles d'urbanisme locales.

Le restaurant L’Extra-Terrasse

En 1992, Jean St-Germain se lance brièvement dans la restauration en ouvrant L'Extra-Terrasse à Saint-Simon, au Québec. Le restaurant, en forme de soucoupe volante, tire son nom d'un jeu de mots avec le mot « extraterrestre ». Sa particularité? Les plats sont servis à la clientèle par un robot nommé Del-Robik, et le service est censé être assuré par un seul employé chargé de le faire fonctionner. (Voir aussi Robotique au Canada.) Finalement, au bout de cinq mois, il ferme l’établissement, réalisant qu'il n’est pas fait pour la restauration.

Inventions liées aux hélicoptères

Jean St-Germain est l’un des premiers Canadiens à avoir conçu des hélicoptères de construction amateur. Il a en effet créé au moins deux modèles différents qu'il a testés en vol dans les années 1970. Ne possédant ni licence de pilote d'hélicoptère, ni autorisation des autorités pour tester ses inventions, le gouvernement fédéral lui ordonne à deux reprises de cesser ses essais. On pense qu'il a développé jusqu'à trois types de moteurs différents pour ces expériences et qu'il a ensuite été contacté par une entreprise britannique pour transformer son concept d'Hélipack – un hélicoptère ultraléger monoplace – en un hélicoptère portable sur le dos. Le sort de ce projet reste inconnu.

Autres inventions et intérêts

Parmi la dizaine d’inventions brevetées au Canada par Jean St-Germain, on compte une commande d'accélérateur de sécurité pour motoneige, un déflecteur de flux d'air se fixant à l'arrière des camions lourds et un système d'échafaudage mobile pour la construction.

En plus d'être un inventeur prolifique, Jean St-Germain est aussi un musicien talentueux, capable de jouer de l'accordéon, de la guitare et du piano.

Collections associées