Normand Chaurette, O.C., dramaturge, romancier (né le 9 juillet 1954 à Montréal, au Québec; décédé le 31 août 2022 à Montréal). Normand Chaurette est quatre fois lauréat du prix littéraire du Gouverneur général. En 2004 il devient Officier de l’Ordre du Canada, et il reçoit en 2012 la médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II.

Rêve d’une nuit d’hôpital (1976)
Normand Chaurette fait des études en lettres à l'Université de Montréal lorsqu’il écrit sa première pièce, Rêve d'une nuit d'hôpital. Le texte est d’abord conçu pour le théâtre radiophonique, et sera repris plus tard à la scène.
Inspiré par l'enfance et l'internement en hôpital psychiatrique du poète Émile Nelligan, Rêve d'une nuit d'hôpital détient les caractéristiques de la nouvelle dramaturgie québécoise : elle abandonne l’usage d’une langue populaire et s’inscrit dans la réalité socioculturelle propre à la décennie précédente. Il s’agit d’une écriture littéraire faisant du créateur lui-même, mis en abîme, le cœur de la fiction dramatique.
Le texte de Normand Chaurette lui vaut le Grand Prix international de la fiction radiophonique Paul-Gilson (1976). Avec Michel Marc Bouchard, René-Daniel Dubois et Jean-Pierre Ronfard, Normand Chaurette fait réaliser au théâtre québécois ce qu'on a nommé le « grand virage de 1980 », année où sa première pièce est créée à la scène et publiée.
Provincetown Playhouse, juillet 1919, j’avais 19 ans (1982)
Fêtes d'automne et, surtout, Provincetown Playhouse, juillet 1919, j'avais 19 ans (1982) poursuivront dans la même voie que Rêve d’une nuit d’hôpital. Provincetown Playhouse, histoire de meurtre et de folie se déroulant sur le lieu de naissance du théâtre américain moderne, est à la fois poétique, complexe et tragique. L’œuvre est considérée comme l'une des plus grandes œuvres de tout le répertoire québécois. Elle réussit à s’enraciner profondément dans la tradition théâtrale d'Eugene O'Neill, mais aussi de Henrik Ibsen et de Racine.
Autres œuvres
Normand Chaurette travaille chez l’éditeur Leméac de 1984 à 1988 tout en poursuivant ses travaux d’écriture. Ses œuvres suivantes de Normand Chaurette, traversées par une riche intertextualité et un sens de la transgression, repoussent toujours plus loin les frontières entre réalité et fiction théâtrale.
La Société de Métis (1983) promène le spectateur dans une villégiature québécoise fréquentée par de riches Américains; Fragments d'une lettre d'adieu lus par des géologues (1986) l’emmène plutôt dans un lointain et fictif Cambodge; Je vous écris du Caire (1996) se situe en Italie et évoque l’Égypte de l’opéra Aïda de Verdi.
À partir de 1990, Normand Chaurette s’adonne à la traduction. Il retraduit notamment Hedda Gabler du dramaturge norvégien Henrik Ibsen ainsi que plusieurs pièces de Shakespeare. Il tire de cette expérience-ci une pièce parfaitement originale : Les Reines (1991) est une réécriture de Richard III du point de vue des femmes de la pièce.
Ses autres œuvres dramatiques incluent Le Passage de l'Indiana (1996), une pièce centrée sur un étrange problème de plagiat littéraire; Stabat mater (1997); Petit navire (1999); Stabat mater II (1999), une symphonie verbale de 15 voix féminines explorant les résonances issues d’une confrontation avec la mort; Le Petit Köchel (2000) et Ce qui meurt en dernier (2010). Il écrit aussi des romans, des nouvelles, des scénarios de cinéma, des pièces pour la radio, des livrets d’opéra et un essai (Comment tuer Shakespeare, 2011), en plus de nombreuses traductions.
Distinctions
Les textes de Normand Chaurette, presque toujours considérés comme "injouables", ont pourtant connu un remarquable succès aussi bien au Québec qu'à l'étranger. La Société de Métis a été beaucoup jouée en Italie, Les Reines ont eu l'honneur d'être la première pièce canadienne jouée à la Comédie française, Le Passage de l'Indiana et Le Petit Köchel ont été créés au festival d'Avignon.
Normand Chaurette remporte quatre fois le prix littéraire du Gouverneur général décerné par le Conseil des arts du Canada. Il est Officier de l’Ordre du Canada depuis 2004, et a reçu en 2012 la médaille du jubilée de diamant de la reine Elizabeth II.
Prix
- Grand Prix international de la fiction radiophonique Paul-Gilson (1976)
- Prix littéraire du Gouverneur général, théâtre francophone (Le Passage de l'Indiana), Conseil des arts du Canada (1996)
- Prix de la critique (Fragments d’une lettre d’adieu lus par des géologues), Association québécoise des critiques de théâtre (AQCT) (1988)
- Prix littéraire du Gouverneur général, théâtre francophone (Le Petit Köchel), Conseil des arts du Canada (2001)
- Officier, Ordre du Canada (2004)
- Prix littéraire du Gouverneur général, théâtre francophone (Ce qui meurt en dernier), Conseil des arts du Canada (2011)
- Prix littéraire du Gouverneur général, essais francophones (Comment tuer Shakespeare), Conseil des arts du Canada (2012)
- Médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II (2012)