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Louise Arbour

Louise Arbour, C.C., GOQ, 31e gouverneure générale du Canada, juge de la Cour suprême du Canada de 1999 à 2004, avocate, procureure, juge (née le 10 février 1947 à Montréal au Québec). Avant de siéger à la Cour suprême du Canada, Louise Arbour a été une juge très en vue en Ontario, et elle a été la procureure en chef des Nations Unies au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda. Dans ce dernier poste, elle a tenté de mettre en place un organisme chargé de l’application de la loi pour les droits de la personne. Elle a ensuite été tour à tour Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et présidente-directrice générale de l’International Crisis Group, un groupe de réflexion d’envergure internationale. Récipiendaire du prix des droits de l’homme des Nations Unies et de plus de 30 diplômes honorifiques, Louise Arbour a également été intronisée à l’Allée des célébrités canadiennes en 2014. Elle a commencé ses fonctions en tant que 31e gouverneure générale du Canada le 8 juin 2026.

Jeunesse et éducation

Élevée par une mère célibataire à faible revenu à Montréal, Louise Arbour gravit rapidement les échelons du monde universitaire, puis judiciaire. Après avoir étudié au Collège catholique Regina Assumpta à Montréal, elle obtient son baccalauréat en droit avec distinction à l’Université de Montréal en 1970. Son anglais est encore très rudimentaire lorsqu’elle accepte, l’année suivante, un poste d’auxiliaire juridique auprès du juge Louis-Philippe Pigeon de la Cour suprême du Canada. De 1972 à 1973, elle travaille comme chargée de recherche à la Commission de réforme du droit du Canada. Elle enseigne également le droit à la Osgoode Hall Law School de l’Université York de 1974 à 1987. Au cours de sa dernière année à cette université, elle agit à titre de doyenne associée.

En tant que vice-présidente de l’Association canadienne des libertés civiles de 1985 à 1987, Louise Arbour représente cette association dans des affaires où elle conteste la Loi sur la protection des victimes de viol, qui empêche les victimes de divulguer leur passé sexuel.

Juge en Ontario

Louise Arbour siège à la Cour suprême de l’Ontario (Haute Cour de justice) de 1987 à 1990, année où elle est nommée à la Cour d’appel de la province. En 1995-1996, elle mène une enquête approfondie sur les conditions de détention à la prison pour femmes de Kingston en Ontario.

Procureure en chef aux Nations Unies

Après avoir endossé ce rôle public de premier plan, Louise Arbour occupe pendant trois années très médiatisées le poste de procureure en chef des Nations Unies, siégeant au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda. De 1996 à 1999, elle est une figure internationale dynamique. Tandis qu’elle tente de mettre en place un « organisme chargé de l’application de la loi » pour les droits de la personne, Louise Arbour obtient la première condamnation pour génocide depuis la Convention sur le génocide de 1948 avec le Rwanda, ainsi que la première inculpation pour crimes de guerre d’un chef d’État européen en exercice (le président serbe Slobodan Milosevic). Les exploits de Louise Arbour en tant que procureure internationale sont racontés dans le téléfilm primé Hunt for Justice (2005; v.f. Louise Arbour : Un combat pour la justice), qui met en vedette Wendy Crewson dans le rôle de Louise Arbour.

Cour suprême du Canada

En 1999, Louise Arbour en vient à la conclusion qu’elle a tiré le maximum d’une communauté internationale réticente et plus encline à donner des leçons qu’à agir dans l’intérêt des droits de la personne. Le 10 juin, elle accepte la nomination que lui propose le premier ministre Jean Chrétien à la Cour suprême du Canada. Son retour au Canada est largement perçu comme un signe de la vitalité de la Cour suprême dans les années suivant la promulgation de la Charte canadienne des droits et libertés.

Cependant, ayant acquis une solide expertise du droit pénal et des droits de la personne, Louise Arbour se retrouve en minorité dans ses tentatives les plus ambitieuses de libéralisation du droit dans des domaines tels que la décriminalisation de la marijuana et la protection des personnes vulnérables du point de vue économique.

Louise Arbour est néanmoins à l’origine de nombreux arrêts majoritaires portant sur la détermination de la peine, le droit de l’extradition, le droit administratif et la Charte. Sa décision de démissionner de la Cour, qu’elle annonce le 30 juin 2004 au terme d’un mandat relativement bref, est une surprise. Cette démission est interprétée par de nombreuses personnes comme un acte de frustration face au fait que la Cour s’est détournée de son expansion vigoureuse des valeurs de la Charte.

Droits de la personne et expertise légale

Louise Arbour revient sur la scène internationale peu après sa démission de la Cour suprême, acceptant le poste de Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme en février 2004. Son prédécesseur, Sergio Vieira de Mello du Brésil, vient alors de perdre la vie dans le célèbre attentat à la bombe contre le siège des Nations Unies à Bagdad, en août 2003. Pendant son mandat, Louise Arbour s’attaque à la question des violations des droits de la personne dans le monde entier, dénonçant même celles qui auraient été commises par des nations de grande influence. Ses critiques à l’égard du traitement réservé par le gouvernement américain aux détenus soupçonnés de terrorisme suscitent une vive réaction de la part de l’ambassadeur américain auprès des Nations Unies, John Bolton, qui qualifie sa conduite d’« inappropriée et illégitime ». Louise Arbour est également critiquée aux États-Unis pour avoir déclaré que Cuba a fait des progrès « positifs » en matière de droits de la personne, et pour avoir vivement condamné les actions militaires d’Israël à l’encontre des Palestiniens.

De 2009 à 2014, Louise Arbour est présidente-directrice générale du International Crisis Group, un groupe de réflexion international ayant pour mission de « prévenir les guerres et d’élaborer des politiques pour un monde plus pacifique ». En 2017, elle est nommée représentante spéciale pour les migrations internationales par le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres. Elle est également secrétaire générale de la Conférence intergouvernementale pour l’adoption du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, événement qui a lieu au Maroc en décembre 2018.

En avril 2021, Louise Arbour est choisie par le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, pour mener un examen indépendant sur les allégations d’inconduite sexuelle et de harcèlement au sein des Forces armées canadiennes. Son rapport, publié en mai 2022, contient 48 recommandations. Celles-ci prévoient notamment le transfert des poursuites pour délits sexuels vers le système judiciaire civil, ainsi que la possibilité de confier à la Commission canadienne des droits de la personne les plaintes pour harcèlement sexuel.

En date de mai 2023, Louise Arbour exerce le droit en tant qu’avocate principale au sein du cabinet Borden Ladner Gervais (BLG) à Montréal.

Gouverneure générale

Le 5 mai 2026, le premier ministre Mark Carney annonce que, sur sa recommandation, le roi Charles III a nommé Louise Arbour au poste de 31e gouverneure générale du Canada. Elle succède à Mary Simon, la première gouverneure générale autochtone du Canada.

Le 3 juin, Louise Arbour rencontre le roi Charles III au palais de Buckingham, où elle est investie du titre de Commandeur de l’Ordre du mérite militaire et de Commandeur de l’Ordre du mérite des corps policiers. Louise Arbour prend officiellement ses fonctions de gouverneure générale le 8 juin 2026. À 79 ans, elle est la personne la plus âgée à être nommée à ce poste vice-royal au Canada.

Implication dans des organismes

Louise Arbour est membre de la Commission mondiale pour la politique des drogues ainsi que de la Commission internationale contre la peine de mort. Elle siège pendant un certain temps au conseil consultatif de la International Journal of Constitutional Law et au comité de rédaction du Journal of International Criminal Justice. Elle est à une époque membre de la Commission mondiale sur les élections, la démocratie et la sécurité, et elle fait partie du conseil consultatif de la Coalition pour la Cour pénale internationale. Elle est également membre du Conseil international du Whitney R. Harris World Law Institute.


Distinctions

Louise Arbour reçoit de nombreux prix et distinctions au Canada et à l’étranger, dont une trentaine de diplômes honorifiques. Elle est nommée membre honoraire du American Society of International Law en 2000, elle reçoit le titre de membre honoraire du American College of Trial Lawyers en 2003, elle est professeure honoraire à l’Université de Warwick de 1999 à 2004, et est nommée membre honoraire du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada en 2008. Louise Arbour reçoit la Médaille du Barreau du Québec en 2001 et le prix des droits de l’homme des Nations Unies en 2008. Elle est intronisée au International Hall of Fame du International Women’s Forum en 2003 et à l’Allée des célébrités canadiennes en 2014.

Lorsqu’on lui remet le prix Stefan A. Riesenfeld du Berkeley Journal of International Law en 2002, Louise Arbour présente un discours intitulé « Crimes against Women under International Law » (Crimes contre les femmes en droit international). En 2023, l’Université d’État de l’Arizona décerne à Louise Arbour le prix O’Connor de la justice pour son « engagement de toute une vie en faveur de l’État de droit, de l’indépendance judiciaire et des droits de la personne ». Louise Arbour est nommée Compagnon de l’Ordre du Canada en 2007, puis Grande officière de l’Ordre national du Québec en 2009.

Distinctions

  • Médaille Freedom from Fear de Franklin et Eleanor Roosevelt (2000)
  • Prix de la paix, Mouvement fédéraliste mondial Canada (2000)
  • Prix des droits de la personne, Association de droit Lord Reading (2000)
  • Médaille du Barreau du Québec (2001)
  • Prix commémoratif Wolfgang Freidman, Columbia Law School (2001)
  • Prix national de la réussite, Jewish Women International of Canada (2001)
  • Prix Stefan A. Riesenfeld, Berkeley Journal of International Law (2002)
  • Prix de la personne de l’année, Centre de recherche et d’enseignement sur les femmes de McGill (2002)
  • Médaille de la faculté de droit, Université de Montréal (2003)
  • Intronisée, International Hall of Fame, International Women’s Forum (2003)
  • Compagnon, Ordre du Canada (2007)
  • Membre honoraire, Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada (2008)
  • Prix des droits de l’homme, Nations Unies (2008)
  • Grande officière, Ordre national du Québec (2009)
  • Prix Nord-Sud, Conseil de l’Europe (2010)
  • Prix Lincoln Alexander pour l’excellence en matière de leadership, Université de Guelph (2011)
  • Prix Griffin Bell pour la défense de nobles causes, American College of Trial Lawyers (2013)
  • Intronisée, Allée des célébrités canadiennes (2014)
  • Prix du leadership éthique de la Banque Scotia, faculté de gestion de l’Université Dalhousie (2019)
  • Prix de distinction, Toronto Lawyers Association (2021)
  • Médaille Goler T. Butcher, American Society of International Law (2021)
  • Médaille Symons, Centre des arts de la Confédération (2021)
  • Prix O’Connor de la justice, Sandra Day O’Connor College of Law de l’Université d’État de l’Arizona (2023)

Diplômes honorifiques

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