Vancouver en vedette : Un mystérieux comte finance la construction du premier gratte-ciel de la ville

Derrière la construction du premier gratte-ciel de Vancouver se cache le flamboyant comte Alvo von Alvensleben, fils d’un noble prussien débarqué sur la côte ouest avec un passé mystérieux, ayant acquis et perdu une fortune, pour enfin être catalogué comme espion allemand durant la Première Guerre mondiale.
Derrière la construction du premier gratte-ciel de Vancouver se cache le flamboyant comte Alvo von Alvensleben, fils d’un noble prussien débarqué sur la côte ouest avec un passé mystérieux, ayant acquis et perdu une fortune, pour enfin être catalogué comme espion allemand durant la Première Guerre mondiale.


L’énigmatique comte Alvo von Alvensleben

Photographie de George T. Wadds, archives de la Ville de Vancouver.

Le Dominion Building, en 1915

Bibliothèque publique de Vancouver 8393.

Le Dominion Building, au-dessus du Victory Square

Le Dominion Building, avec son toit mansardé caractéristique et sa façade colorée en brique de terre cuite, est un emblème de l’ancien centre-ville sur la rue Hastings. Premier gratte-ciel de Vancouver, c’est l’édifice le plus élevé de l’Empire britannique lorsqu’il ouvre ses portes en 1910, ainsi qu’un symbole du dynamisme et de la prospérité de la ville avant la guerre.

Le Dominion Building est construit par la Dominion Trust Company et grâce à une importante contribution du comte Alvo von Alvensleben, arrivé à Vancouver en 1904 avec seulement quelques sous en poche. Des rumeurs affirment à l’époque qu’il aurait perdu son héritage au jeu, mais qu’il se serait refait une fortune à Vancouver, dans l’immobilier. Il sillonne à l’époque les rues de la ville à pleine vitesse au volant d’une Packard – le chauffeur restant assis à l’arrière – et possède une grande maison dans Kerrisdale, dotée d’un personnel de 13 domestiques, dans laquelle lui et sa femme organisent de grandes réceptions.

Puis la dépression de 1913 frappe. La fortune d’Alvo von Alvensleben est sévèrement touchée, et la Dominion Trust Company fait faillite. Avec la guerre, le comte perd presque tout ce qui lui reste. Du jour au lendemain étiqueté « sujet d’un pays ennemi », il se voit confisquer tous ses biens par le gouvernement fédéral et le bruit court qu’il est un espion allemand. Alvo von Alvensleben se rend finalement à Seattle pour attendre la fin de la guerre, mais en 1917, lorsque les Américains entrent en guerre, il est interné. Il ne reviendra jamais vivre à Vancouver, mais le Dominion Building préserve le souvenir d’un des promoteurs d’avant-guerre les plus remarquables de la ville.


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