Vancouver en vedette : Le meurtre au lait frappé

L’enseigne de Bowmac sur Broadway est à l’époque la plus grande enseigne lumineuse autoportante au monde. Elle est visible de Burnaby, qui se trouve à plusieurs kilomètres. Pendant quelque temps, en 1965, elle aide également un promoteur à camoufler le lent assassinat de sa femme à l’aide de laits frappés additionnés d’arsenic.

Rene Castellani est à l’époque un promoteur radiophonique aux grandes idées. L’une d’entre elles consiste à aller se percher sur une plateforme au sommet de l’enseigne géante de Bowmac et d’annoncer qu’il y restera tant que toutes les voitures du parc n’auront pas été vendues. Ses acrobaties lui valent une couverture médiatique nationale pendant sept jours.

Ce qui passe inaperçu, c’est que pendant que Castellani chevauche l’enseigne géante, sa femme agonise, empoisonnée à l’arsenic. Pendant des mois, chaque jour, Rene Castellani est allé chercher au White Spot le lait frappé favori de sa femme, à saveur de vanille, auquel il ajoute à chaque fois une petite dose d’herbicide. Il souhaite épouser sa maîtresse, standardiste pour le parc automobile, une fois sa femme définitivement enterrée.

Lorsque Madame Castellani se retrouve à l’hôpital, son mari continue à lui apporter sa friandise empoisonnée. Lorsqu’elle décède, en août 1965, un interne suspicieux analyse un de ses cheveux. Les résultats montrent non seulement la présence d’arsenic, mais révèlent que le poison est curieusement absent durant les sept jours correspondant à la campagne de Rene perché sur l’enseigne géante de Bowmac. 

Alors que Rene Castellani pleure sa femme décédée à Disneyland en compagnie de sa maîtresse, le coroner exhume le corps de la victime pour confirmer l’empoisonnement. La police découvre peu après le flacon d’herbicide sous l’évier, la quantité manquante correspondant exactement à celle utilisée pour le meurtre. Rene Castellani est accueilli rudement à son retour chez lui. Il sera finalement condamné à l’emprisonnement à vie.

L’enseigne Bowmac continue tant bien que mal à résister au temps qui passe. Considérée comme un objet emblématique de la ville, elle est conservée comme support pour l’enseigne de Toys ‘R Us qui se dresse aujourd’hui au-dessus de l’ancien concessionnaire automobile.