Stephanie Bolster, poète, directrice d’ouvrages et universitaire (née en 1969 à Vancouver en Colombie‑Britannique). Tout d’abord en tant que jeune poète lyrique d’une ambition intellectuelle et d’un talent prodigieux et, plus tard, en tant que directrice d’ouvrages et universitaire s’intéressant principalement aux questions du public et de l’art, de l’empathie et de l’espace public, Stephanie Bolster, gagnante d’un Prix littéraire du Gouverneur général, a produit l’une des œuvres les plus largement admirées dans l’univers de la poésie canadienne contemporaine.
Apprentissage et The Alice Poems
Élevée en banlieue de Vancouver à Burnaby, Stephanie Bolster polit ses talents poétiques à l’Université de la Colombie‑Britannique dans le cadre du programme d’écriture créative. Elle y décroche un B.F.A. et un M.F.A. et y voit ses premiers travaux reconnus par l’attribution d’un prix Norma‑Epstein, décerné chaque année au meilleur manuscrit d’écriture créative produit par un étudiant d’une université canadienne. Après l’obtention de son diplôme, elle obtient une autre distinction, le prix Bronwen‑Wallace attribué deux fois par an au meilleur manuscrit non publié d’un poète canadien de moins de 35 ans. Tout au long de cette période d’apprentissage, elle est soutenue dans son travail par les éditeurs de petits magazines littéraires, notamment Arc et Contemporary Verse II. Ses poèmes sont également retenus dans la deuxième édition de l’anthologie de Lorna Crozier et Patrick Lane consacrée aux jeunes poètes canadiens Breathing Fire.
Bien qu’au milieu des années 1990, Stephanie Bolster ait déjà à son actif un grand nombre de poèmes qui lui valent une excellente réputation, il s’agit, pour l’essentiel, de textes isolés entretenant peu de rapports entre eux, c’est pourquoi la jeune poète décide de s’attaquer à une suite poétique s’articulant autour de la vie d’Alice Liddell, la jeune femme ayant servi d’inspiration à Lewis Carroll pour Les aventures d’Alice au Pays des Merveilles. White Stone: The Alice Poems, le recueil de poésie résultat de ce projet, publié en 1998 par Vehicule Press, obtient un grand succès critique et devient l’un des rares premiers recueils de poésie à être récompensé par un Prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie Poésie.
Recueils publiés chez McClelland & Stewart et Brick Books
La réputation de biographie poétique de White Stone est si solidement établie qu’on en oublie parfois qu’il s’agit également d’une ekphrasis, c’est‑à‑dire d’un poème constituant un commentaire discursif sur une œuvre d’art. En effet, l’auteure s’inspire directement dans cet ouvrage d’une série de portraits d’Alice Liddell pris par Charles Dodgson, plus connu sous le nom de Lewis Carroll. Les ouvrages suivants de Stephanie Bolster placent cette orientation vers la critique d’art au centre de ses recherches esthétiques et poétiques. Les deux recueils qu’elle publie chez McClelland & Stewart, Two Bowls of Milk en 1999 et Pavilion en 2002, incluent de nombreux poèmes constituant des réflexions sur l’art. Toutefois, s’il est vrai que certains de ses poèmes portent sur des toiles précises de Vermeer ou de Jean Paul Lemieux, elle élargit le concept d’ekphrasis à une analyse globale du regard du spectateur lorsqu’il contemple une œuvre d’art et, plus généralement, de la place de l’art dans notre société. En 1998, elle publie une brochure chez Mothertongue Press sous le titre Inside a Tent of Skin qui, au‑delà des neuf œuvres exposées au Musée des Beaux‑Arts du Canada qui constituent les sujets des poèmes éponymes, privilégie des préoccupations anthropologiques plus larges s’articulant autour des déambulations muséales.
Ces réflexions de Stephanie Bolster mûrissent jusqu’à trouver une expression plus aboutie dans son recueil de 2011, publié chez Brick Books sous le titre A Page from the Wonders of Life on Earth, dans lequel elle interroge l’espace public lui‑même et le spectacle qu’il donne à voir. Son quatrième recueil est encensé pour son engagement dans la recherche et pour la densité de ses idées. Encore une fois, l’auteure élargit sa perspective pour, au‑delà des œuvres d’art stricto sensu, embrasser dans sa démarche poétique une pléiade d’objets différents qui s’offrent aux yeux du spectateur dans les parcs, les galeries, et surtout les zoos.
Direction d’ouvrages
On retrouve également l’intérêt de Stephanie Bolster pour les zoos dans son travail de direction d’ouvrages. En 2009, elle codirige une anthologie publiée sous le titre Penned: Zoo Poems qui explore les thèmes du zoo et des animaux domestiques chez des poètes aussi divers que Margaret Atwood et A.K. Ramanujan. Un recueil consacré à la poète disparue Diana Brebner, paru en 2004 sous le titre The Ishtar Gate: Last and Selected Poems, et la première édition chez Tightrope Books, en 2008, de l’anthologie Best Canadian Poetry anthology font partie de ses autres réalisations en tant que directrice de publication.