Société canadienne pour les traditions musicales/Canadian Society for Traditional Music

Société canadienne pour les traditions musicales/Canadian Society for Traditional Music (anciennement connue sous le nom de Canadian Society for Musical Traditions).

Société canadienne pour les traditions musicales/Canadian Society for Traditional Music

Société canadienne pour les traditions musicales/Canadian Society for Traditional Music (anciennement connue sous le nom de Canadian Society for Musical Traditions). Elle est fondée à l'initiative de Maud Karpeles et Marius Barbeau lors d'une assemblée tenue au Musée national à Ottawa (Musée canadien des civilisations) le 20 septembre 1956, en tant que section canadienne du Conseil international de la musique populaire (CIMP). Le nom de Société canadienne de musique folklorique / Canadian Folk Music Society est adopté peu de temps après. En 1957, la Société devient autonome tout en demeurant quelque temps affiliée au CIMP, et elle s'incorpore en 1966. Le premier président est Marius Barbeau (1956-1963).

Le nombre de ses membres passe de 80 la première année à 220 en 1961. En 1979, elle compte 303 particuliers et 93 institutions membres. La première assemblée annuelle se tient à Fort Qu'Appelle (Saskatchewan) en 1957. Par la suite, les assemblées ont lieu le plus souvent à Ottawa mais aussi dans diverses régions du pays depuis le milieu des années 1970. À l'origine, la Société se donne comme objectifs d'encourager la recherche et l'utilisation des chants folkloriques et indiens ainsi que d'assurer la représentation de la musique folklorique au sein du Conseil des arts du Canada (CAC) qui vient alors d'être créé. Ces objectifs de base sont plus tard redéfinis et visent à encourager « l'étude, la connaissance et l'appréciation de la musique folklorique du Canada sous tous ses aspects » et à promouvoir « la publication et l'exécution de la musique folklorique canadienne ». Lors de la révision de la constitution en 1987, les objectifs deviennent « l'étude et la promotion des traditions musicales de toutes les cultures et communautés dans tous leurs aspects ». Les activités de la société reflètent essentiellement les intérêts des membres ethnomusicologues et de ceux qui étudient la musique folklorique traditionnelle et contemporaine.

Au cours des premières années d'existence de la Société, son initiative principale est d'organiser la 14e conférence annuelle de la CIMP à Québec, du 28 août au 3 septembre 1961. Le thème en est la rencontre des mondes ancien et nouveau. Par la suite, la société se penche surtout sur des problèmes touchant la recherche et la publication, et elle réussit, pendant quelques années, à obtenir des subventions de certaines provinces afin d'envoyer des spécialistes effectuer des travaux sur place. En 1967, la SCMF coparraine un atelier du centenaire sur l'ethnomusicologie organisé par Ida Halpern à l'Université de la Colombie-Britannique (19-23 juin). Grâce au concours du CAC, la Société peut entreprendre la rédaction d'une « Bibliographie nationale de la musique folklorique canadienne / National Bibliography of Canadian Folk Music » mais ce travail de compilation, qui totalise environ 1600 articles, traités, recueils de chants, arrangements, enregistrements et films, demeure à l'état de fichier à la Bibliothèque nationale du Canada et on n'y fait que rarement de nouvelles inscriptions. A Reference List on Canadian Folk Music, compilée par Edith Fowke et Barbara Cass-Beggs (1966, 1973, rév. 1978), est une bibliographie moins ambitieuse mais utile. On doit également à la Société la publication de A Practical Guide for Folk Music Collectors (1966) de Kenneth Peacock.

En juillet 1965, la Société commence à publier un Bulletin paraissant habituellement deux fois par an. Le Canadian Folk Music Journal (1973 -) / Revue de musique folklorique canadienne (1983 -), dirigé par Edith Fowke, paraît une fois l'an. Le volume I contient la version de 1973 de la bibliographie de Fowke et Cass-Beggs, et le volume VI la version révisée de 1978. Le nom anglais devient Canadian Journal for Traditional Music en 1996. Le Bulletin, qui paraît tous les trois mois depuis 1981, est aujourd'hui connu sous le nom du magasine Canadian Folk Music.

Au début des années 1980, la Société continue de s'adresser prioritairement aux groupes anglophone et francophone, la quasi totalité de ses membres étant issus des cultures dominantes. Elle s'efforce de repérer et de recruter les musiciens amateurs qui font revivre les traditions musicales d'antan (parfois connus sous le nom de « chanteurs du renouveau »). Elle continue à faire des enregistrements et organise pour ses membres un service de vente par correspondance offrant plus de 300 disques, cassettes et livres.

Durant la dernière partie de la décennie, les membres commencent à s'interroger sur le sens à donner au terme musique folklorique, se demandant notamment s'il fallait l'étendre à la musique populaire ou à l'activité professionnelle et tenir compte ou non des modes de transmission de cette musique (oral et écrit). Le Bulletin et la Revue se font l'écho des divers points de vue mais il ne se dégage pas de consensus. Il demeure évident, cependant, que les francophones n'apprécient pas la traduction « musique folklorique », expression qui désigne couramment une musique de type plus commercial. Pour remédier à cette situation, la Société décide en 1988 de se rebaptiser Société canadienne pour les traditions musicales (SCTM). L'équivalent anglais, Canadian Society for Musical Traditions, est adopté en 1989. Ce changement s'accompagne d'une ouverture plus grande envers la musique d'autres groupes ethniques et, en 1990, d'une fusion avec un groupe représentant les ethnomusicologues canadiens. Nouveau nom et fusion sont approuvés à Calgary en octobre 1990 lors d'un congrès national au cours duquel la SCTM résout de solliciter son affiliation au Conseil international de la musique traditionnelle (CIMT). Le nom anglais est remplacé en 1994 par la Canadian Society for Traditional Music.