Site archéologique de la rue Bentley

 La diversité et le nombre d'artefacts de surface collectés au site de la rue Bentley suggèrent qu'au fil du temps, l'endroit a été couramment fréquenté.

Le site archéologique de la rue Bentley (a)
(avec la permission de New Brunswick Archaeological Resources)

Le site archéologique de la rue Bentley est situé sur le sommet plat d'un large monticule rocheux surplombant le port de la ville de Saint John au Nouveau-Brunswick. Le monticule, abrupte de tous côtés, offre une vue spectaculaire et imprenable du port de Saint John. La présence d'artefacts autochtones sur le site est d'abord signalée au Musée du Nouveau-Brunswick par un archéologue amateur en 1965. Le site est formellement enregistré en 1974, par des archéologues provinciaux du Nouveau-Brunswick.

La diversité et le nombre d'artefacts de surface collectés au site de la rue Bentley suggèrent qu'au fil du temps, l'endroit a été couramment fréquenté. Depuis longtemps déjà, les gens de la région ont interprété le site comme étant l'une des aires de camping préférées des autochtones, le long du portage qui contourne les fameuses chutes Réversibles de Saint John. Cette barrière naturelle dangereuse sépare le bief aval du fleuve Saint-Jean du plus beau port de la baie de Fundey.

La carte du port de Saint John dessinée par Samuel de Champlain en 1604 illustre le paysage ainsi que les structures autochtones. Elle montre le portage des chutes Réversibles qui monte la pente à partir du port, passe par le site de la rue Bentley puis par la crête de l'avenue Douglas, avant de redescendre vers l'est à la rencontre des eaux tranquilles de Marble Cove (un autre site archéologique autochtone impressionnant se trouve au bout du sentier).

En 1997, le site de la rue Bentley se trouve menacé par la possibilité d'un développement de condominium. La section des Services d'archéologie du Nouveau-Brunswick effectue des sondages afin de déterminer la taille du site et d'évaluer quelle portion, s'il en existe une, n'a pas été perturbée par les activités des XIXe et XXe siècles. Les résultats des fouilles fournissent des arguments convaincants en faveur de la préservation du site. Au fur et à mesure que la valeur patrimoniale exceptionnelle de cette propriété riveraine de première importance est expliquée, la ville et la province déterminent que le site doit être préservé.

Le site de la rue Bentley couvre une superficie de plus de 10 000 m2 et contient plusieurs dépôts archéologiques non perturbés qui atteignent, à certains endroits, une profondeur de plus de 70 cm. Près de 3000 artefacts y ont été collectés, dont des outils laissés par les plus anciens habitants des Maritimes, il y a entre 10 000 et 11 000 ans. Les archéologues désignent cet intervalle sous le nom de « période paléoindienne ». Les plus grandes concentrations d'artefacts au site de la rue Bentley correspondent aux plus hautes élévations du monticule. Ce lien suggère que le point de vue proéminent a été un facteur de sélection dans le choix de ce relief particulier comme lieu d'habitation.

Le site est le plus intensément utilisé entre 4500 et 3000 ans avant aujourd'hui. Ces années couvrent deux périodes culturelles auxquelles les archéologues réfèrent sous les noms de l'Archaïque récent (de 6000 à 3800 avant aujourd'hui) et de l'Archaïque terminal (de 3800 et 3000 ans avant aujourd'hui). À cette époque, les chutes Réversibles sont de 3 à 4 m plus élevées à marée basse qu'aujourd'hui. Certains artefacts suggèrent qu'il y a environ 4000 ans, le site de la rue Bentley était utilisé à des fins cérémoniales, ce qui est notable considérant la grande proximité du site avec d'autres sites cérémoniaux d'âge similaire à Portland Point (situé à moins d'un demi-kilomètre dans le port Saint John) et Marble Cove. Le témoignage archéologique confirme également que les autochtones ont continué d'occuper le site de la rue Bentley jusqu'à l'arrivée des Européens.

En 1998, en raison de son ancienneté, de sa taille et de sa complexité culturelle, le site archéologique de la rue Bentley est désigné et protégé comme lieu historique du Nouveau-Brunswick. Aucun développement ne peut prendre place sur le site, sans l'approbation du Ministère de la Culture du Nouveau-Brunswick. Depuis 1998, pratiquement tout le territoire entourant le site a été développé. On a proposé à maintes reprises de développer le site lui-même, mais jusqu'à maintenant, l'importance exceptionnelle de ce bout du patrimoine du Nouveau-Brunswick a prévalu.


En savoir plus

Lecture supplémentaire

  • David Burley, "An Archaeological Reconnaissance of Saint John, New Brunswick" in Man in the Northeast, Vol. 12 (1976).