Sir Charles Tupper

Sir Charles Tupper, premier ministre du Canada, premier ministre de la Nouvelle-Écosse (1864-1867) et docteur (né le 2 juillet 1821 à Amherst, en Nouvelle-Écosse; décédé le 30 octobre 1915 à Bexleyheath, en Angleterre).
Sir Charles Tupper, premier ministre du Canada, premier ministre de la Nouvelle-Écosse (1864-1867) et docteur (né le 2 juillet 1821 à Amherst, en Nouvelle-Écosse; décédé le 30 octobre 1915 à Bexleyheath, en Angleterre).


Sir Charles Tupper, homme politique, premier ministre

Sir Charles Tupper, premier ministre du Canada, premier ministre de la Nouvelle-Écosse (1864-1867) et docteur (né le 2 juillet 1821 à Amherst, en Nouvelle-Écosse ; décédé le 30 octobre 1915 à Bexleyheath, en Angleterre). Charles Tupper a fait entrer la Nouvelle-Écosse dans la Confédération pendant qu’il occupait le poste du premier ministre de la province. Pendant sa longue carrière politique, il a défendu les rôles de ministre fédéral du Cabinet, de diplomate et, pour une courte durée, de premier ministre du Canada. Ce dernier mandat ne dure que dix semaines, le plus court de l’histoire du Canada. De tous les Pères de la Confédération, Charles Tupper est celui qui a vécu le plus longtemps.

Éducation et début de carrière

Charles Tupper est né dans une petite ferme appartenant à sa famille près d’Amherst, en Nouvelle-Écosse. Son père, qui s’appelle Charles lui aussi, est un pasteur baptiste. Charles Tupper est éduqué à la maison, mais il suit des cours supplémentaires de grammaire à l’école. En 1837, il étudie à l’académie Horton (plus tard l’Université Acadia), à Wolfville, en Nouvelle-Écosse, se concentrant sur le latin, le grec, le français et la science. Après avoir obtenu son diplôme en 1839, il enseigne au Nouveau-Brunswick avant d’aller étudier la médecine à Windsor, en Nouvelle-Écosse, en 1839-1840. Il part ensuite étudier à l’Université d’Edinburgh, en Écosse, où il obtient son diplôme en médecine en 1843. Il retourne à Amherst la même année, où il établit une pratique de médecine et ouvre une pharmacie.

En 1846, il se marie avec Frances Morse, une descendante des fondateurs d’Amherst. Le couple a six enfants.

Carrière en politique

Charles Tupper est encouragé par James William Johnston, un ami de la famille et le chef du Parti conservateur de la Nouvelle-Écosse, de briguer un siège dans l’Assemblée de la Nouvelle-Écosse en tant que conservateur. En 1855, Charles Tupper remporte une victoire spectaculaire dans le comté de Cumberland contre un homme politique populaire, le réformiste Joseph Howe. Les conservateurs ne connaissent pas un grand succès aux élections, mais Charles Tupper invente une nouvelle stratégie de parti dans le caucus selon laquelle le parti sollicite l’appui de la minorité catholique en Nouvelle-Écosse et soutient les projets de construction de chemins de fer. Vers 1857, Charles Tupper persuade les libéraux catholiques désabusés de changer d’appartenance politique, ce qui met le gouvernement en position minoritaire. Par conséquent, les libéraux démissionnent et les conservateurs prennent le pouvoir le 14 février 1857. James William Johnston devient alors premier ministre, et Charles Tupper est nommé secrétaire provincial.

Charles Tupper fait l’effort d’améliorer les chemins de fer de la Nouvelle-Écosse, car il croit qu’ils sont essentiels pour l’exploitation des ressources naturelles. Il croit aussi que les chemins de fer contribueront à transformer la ville la plus importante de la province, Halifax, en « une ville marchande du secteur manufacturier de ce côté de l’Atlantique ». En juin 1857, il entame des discussions avec les représentants du Nouveau-Brunswick et de la Province du Canada au sujet d’un chemin de fer intercolonial. Il va à Londres pour assurer le soutien pour son projet, mais rentre bredouille. Selon l’historien Phillip Buckner, cela « persuade Charles Tupper qu’il faut restructurer les relations impériales et chercher à se rapprocher d’autres colonies britanniques de l’Amérique du Nord ».

Le Parti conservateur perd les élections en 1859 dans des circonstances amères, mais Charles Tupper garde son siège. Quand son parti reprend le pouvoir, en 1863, il est nommé « secrétaire provincial ». En mai 1864, il devient premier ministre de la Nouvelle-Écosse.

Carrière en médecine

Bien que sa carrière en médecine soit mise de côté quand il entre en politique, Charles Tupper continue à pratiquer la médecine tout au long de sa carrière politique. Alors qu’il siège dans l’opposition, en 1859, il établit avec succès une pratique de médecine à Halifax. Il est également chirurgien d’hôpital et officier de médecine de municipalité et s’implique dans le développement d’une école médicale. Il est également élu président de la Medical Society of Nova Scotia en 1863. Tout en étant député, il devient premier président de l’Association médicale canadienne (AMC) (1867-1870). De 1874 à 1878, pendant qu’il est dans l’opposition, il retourne à la médecine jusqu’au retour de son parti au gouvernement. Par la suite, sa carrière médicale connaît un déclin.

Charles Tupper est commémoré par l’AMC au moyen du prix Sir Charles Tupper pour l’action politique, qui est décerné à un docteur « qui fait preuve de leadership, d’engagement et de dévouement dans l’avancement des buts et des énoncés d’AMC par l’intermédiaire du militantisme local ».

Confédération

En tant que premier ministre, Charles Tupper préconise l’Union maritime et l’adhésion à l’Amérique du Nord britannique, qu’il ne considère pas comme des objectifs incompatibles. Il est délégué à la Conférence de Charlottetown, à la Conférence de Québec et à la Conférence de Londres, mais il ne réussit pas à faire approuver les Résolutions de Québec par l’Assemblée de la Nouvelle-Écosse. Il affirme que l’adhésion au Canada renforcera le secteur commercial de la Nouvelle-Écosse et assurera son influence au Canada et dans tout l’Empire britannique.

« Qu’est-ce qu’un Britanno-Américain, sinon un homme traité en simple subordonné par un Empire qui, aussi grand et glorieux soit-il, ne lui reconnaît nullement le droit d’avoir voix au chapitre dans son Sénat et ne lui concède aucun intérêt digne de la considération impériale? », déclare-t-il dans un discours mémorable de 1860. « L’Amérique britannique, s’étendant de l’Atlantique au Pacifique, présenterait dans quelques années au monde le spectacle d’une grande et puissante organisation. »

Étayé par l’économie provinciale en pleine croissance, Charles Tupper fait développer le système de chemins de fer et améliore le système d’éducation grâce à la Free School Act, qui fait créer des écoles publiques subventionnées par l’État. Quand la guerre de Sécession éclate, il est convaincu que l’adhésion de la Nouvelle-Écosse à l’Union canadienne plus large est indispensable pour assurer l’avenir et la sécurité de la colonie.

En 1864, Charles Tupper se concentre sur des objectifs plus facilement atteignables comme la création de l’Union maritime, qui se veut un pas vers la création d’une fédération nationale. Les représentants canadiens se joignent à Charles Tupper lors de la Conférence de Charlottetown, où l’on délaisse rapidement l’Union maritime pour discuter plutôt de la Confédération. Charles Tupper rêve d’une union fédérale centralisée qui assurerait l’indépendance significative des provinces. En 1866, après beaucoup de travail politique et contre le gré de l’opposition de Joseph Howe, une figure importante antifédéraliste, l’Assemblée de la Nouvelle-Écosse fait confiance à Charles Tupper et vote en faveur de l’Union.

Voir aussi La Nouvelle-Écosse et la Confédération.

Politiques après la Confédération

En 1867, Charles Tupper quitte la politique provinciale et remporte un siège au Parlement fédéral, où il est le seul député néo-écossais à appuyer la Confédération. Bien qu’il soit très bien placé pour revendiquer une place au Cabinet, il s’efface pour permettre à d’autres Néo-Écossais de devenir ministres. Cette stratégie vise à atténuer les sentiments antifédéralistes dans la province. Charles Tupper contribue à faire adopter l’entente des meilleures conditions avec Joseph Howe. L’entente prévoit que Charles Tupper et Joseph Howe travaillent ensemble pour protéger les intérêts de la Nouvelle-Écosse au Parlement, en échange de l’appui de Joseph Howe à la Confédération. Par conséquent, Joseph Howe entre au Cabinet en 1870, et Charles Tupper entame une longue carrière de ministre. Il est successivement président du Conseil privé (1870-1872), ministre du Revenu intérieur (1872-1873) et ministre des Douanes (1873) pendant le premier mandat de sir John A. Macdonald.

Lorsque les conservateurs reprennent le pouvoir après le scandale du Pacifique, Charles Tupper devient ministre des Travaux publics (1878-1879) et ministre des Chemins de fer et Canaux (1879-1884). À cette époque, on en est à finaliser la construction du chemin de fer Canadien Pacifique. En 1883, Charles Tupper devient haut-commissaire au Royaume-Uni, mais il revient plus tard à Ottawa à titre de ministre des Finances (1887-1888). Il reprend ensuite ses fonctions à Londres et se fait connaître comme un défenseur éloquent d’une fédération impériale avec le Royaume-Uni. Ses positions déplaisent à John A. Macdonald, mais son prestige politique le met à l’abri de la censure.

En janvier 1896, Charles Tupper est rappelé à Ottawa et nommé « secrétaire d’État » du gouvernement défaillant de sir Mackenzie Bowell. Après qu’on lui a préféré John Abbott, John Thompson et Mackenzie Bowell, Charles Tupper devient enfin premier ministre le 1er mai 1896. Tentant désespérément d’éviter une défaite à la Chambre des communes, Charles Tupper et ses collègues déposent une loi réparatrice visant à protéger les droits scolaires de la minorité francophone du Manitoba. (Voir Question des écoles du Manitoba.) Ce projet de loi, toutefois, est bloqué à la Chambre des communes.

Charles Tupper et les conservateurs subissent une étonnante défaite aux élections générales de juin, car le vote du Québec est décisif. Charles Tupper démissionne le 8 juillet, n’ayant été premier ministre que dix semaines, le plus court mandat de premier ministre de l’histoire du Canada. Il continue de siéger au Parlement comme chef de l’Opposition, mais il est défait aux élections de 1900.

Vie après la politique

Après avoir pris sa retraite, Charles Tupper devient membre du Conseil privé britannique en 1907, et siège au comité de l’Empire britannique. Sa femme, Frances, meurt en 1912, mettant fin à leur mariage de 65 ans. Leur fils, Charles Hibbert Tupper, entre en politique et obtient un siège dans le Cabinet des ministres, où il sert plusieurs premiers ministres.

Après sa retraite, Charles Tupper habite à Vancouver. Puis, en 1913, il s’établit avec une de ses filles en Angleterre, où il meurt d’une crise cardiaque le 30 octobre 1915. Son corps est retourné au Canada, et il est enterré à Halifax.

Héritage

L’importance de Charles Tupper est décisive sur la scène politique canadienne. Sa victoire invraisemblable contre Joseph Howe lors de ses premières élections lui donne éventuellement la chance de faire entrer la Nouvelle-Écosse dans la Confédération en 1867. L’un des principaux lieutenants de sir John A. Macdonald, il est un administrateur fort compétent, réputé pour son astuce parlementaire et ses tactiques d’intimidation. À sa mort, en 1915, il était le dernier survivant des Pères de la Confédération.

 


Premiers Ministres du Canada

Nom

Parti

Mandat

Con.

1867-1873

Lib.

1873-1878

Con.

1878-1891

Con.

1891-1892

Con.

1892-1894

Con.

1894-1896

Con.

1896

Lib.

1896-1911

Con.

1911-1917

Unioniste

1917-1920

Con.

1920-1921

Lib.

1921-1926

Con.

1926

Lib.

1926-1930

Con.

1930-1935

Lib.

1935-1948

Lib.

1948-1957

Con.

1957-1963

Lib.

1963-1968

Lib.

1968-1979

Con.

1979-1980

Lib.

1980-1984

Lib.

1984

Con.

1984-1993

Con.

1993

Lib.

1993-2003

Lib.

2003-2006

Con.

2006-2015

Lib.

2015-

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