Sir Alexander Tilloch Galt

Sir Alexander Tilloch Galt, diplomate, politicien, entrepreneur (né le 6 septembre 1817 à Londres, en Angleterre; mort le 19 septembre 1893 à Montréal, au Québec).
Sir Alexander Tilloch Galt, diplomate, politicien, entrepreneur (né le 6 septembre 1817 à Londres, en Angleterre; mort le 19 septembre 1893 à Montréal, au Québec).


Alexander Tilloch Galt
Galt est l'un des premiers constructeurs de chemin de fer du XIXe siècle et l'un des premiers à réclamer une fédération des colonies britanniques (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/PA-13008).

Sir Alexander Tilloch Galt, diplomate, politicien et entrepreneur (né le 6 septembre 1817 à Londres, en Angleterre ; mort le 19 septembre 1893 à Montréal, au Québec).

Sir Alexander Tilloch Galt a commencé sa vie professionnelle au Canada en s’engageant avec la British American Land Company dans les Cantons de l’Est du Bas-Canada. Frustré par l’impasse politique de la législature unie du Canada-Est (Québec) et du Canada-Ouest (Ontario), sir Alexander Tilloch Galt a d’abord prôné l’annexion aux États-Unis, avant de travailler à la création d’une union fédérale des colonies britanniques de l’Amérique du Nord. Après la création de la Confédération, sir Alexander Tilloch Galt est passé de la politique électorale à la diplomatie en continuant en même temps de faire des efforts pour la promotion du développement des Cantons de l’Est et, plus tard, du sud de l’Alberta.

Enfance et carrière

Alexander Tilloch Galt est le troisième fils de John Galt et Elizabeth Tilloch, qui ont quitté déjà l’Écosse pour Londres lorsqu’Alexander naît. Quand John Galt fait des voyages d’affaires en Amérique du Nord britannique pour le compte de la Canada Company qu’il fonde en 1824, il inscrit ses fils au nouveau séminaire anglican de Chambly, au Bas-Canada. En 1829, après avoir été appelé à Londres pour faire rapport des dépenses de sa compagnie, il est emprisonné pour avoir omis de payer les frais d’éducation de ses fils. Écrivain d’histoire et de fiction à succès, John Galt commence donc à écrire pour payer ses dettes. Il se remet sur pied suffisamment pour aider à fonder British American Land Company au début des années 1830.

En 1835, Alexander Galt déménage à Sherbrooke dans les Cantons de l’Est, où il travaille comme comptable pour la British American Land Company. Il passe une partie des années 1842-1843 à diriger le bureau de cette compagnie à Londres, en Angleterre, et quand il revient à Sherbrooke, il devient bientôt directeur de la compagnie au Canada. Alexander Galt investit les bénéfices de son entreprise dans le développement de Sherbrooke comme centre industriel et la promotion des chemins de fer pour relier les Cantons de l’Est à Montréal et à la frontière maritime des États-Unis. Un des fondateurs du St. Lawrence and Atlantic Railroad, il en devient le président en 1849. Il est aussi partenaire dans la construction de chemin de fer de la firme C. S. Gzowski and Company, qui construit des sections du Grand Trunk Railway.

En 1848, Alexander Galt épouse Elliott Torrance, de l’influente famille montréalaise du marchand John Torrance. La jeune épouse, toutefois, meurt l’année suivant la naissance de leur fils, également nommé Elliott. Alexander Galt se marie alors avec sa belle-sœur, Amy Gordon Torrance. Le couple a deux fils et huit filles.

Alexander Galt s’engage dans la politique en 1849 comme représentant de Sherbrooke. Il remporte son siège à l’Assemblée législative par acclamation à la suite du décès de son prédécesseur. Comme député, Alexander Galt se définit par son indépendance politique. Il accorde son appui aux marchands de Montréal qui revendiquent l’annexion aux États-Unis, à la consternation de quelques officiers de la British American Land Company à Londres. Quand Toronto devient la capitale de la Province du Canada en 1850, Alexander Galt démissionne de son poste. Il revient toutefois à la politique dans le cadre des élections partielles de 1853 et garde son siège jusqu’en 1872. Son appui aux politiques pro-développement le rapproche des parlementaires rouges ou réformistes, surtout en ce qui a trait à la résolution d’enjeux comme l’abolition du régime seigneurial. Cela étant dit, ses tentatives d’obtenir des subventions du gouvernement pour différentes activités commerciales, notamment des chemins de fer, le lient également aux conservateurs. En 1858, Alexander Galt accepte le poste de ministre des Finances du gouvernement de John A. Macdonald et George-Étienne Cartier. (Voir Double remaniement.)

Confédération

En tant que membre du gouvernement, Alexander Tilloch Galt insiste sur la création d’une union fédérale des colonies britanniques de l’Amérique du Nord qui mettrait fin à la structure politique maladroite en place et qui permettrait à l’Ontario et au Québec d’avoir leurs législatures séparées. (Voir Gouvernement provincial.) En 1864, le gouvernement perd le pouvoir suivant la polémique entourant la décision d’Alexander Galt à titre de ministre des Finances, d’accorder 100 000 $ au développement du Grand Trunk Railway. Malgré tout, Alexander Galt persiste et contribue à former le gouvernement de coalition dirigé par John A. Macdonald et George Brown pour faire progresser le plan de l’union fédérale. Il participe à la conférence de Québec en 1864 et fait partie de la délégation canadienne envoyée en Angleterre en 1865 et en 1866 pour négocier les conditions finales de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867. Après la Confédération, Alexander Galt se joint au premier Cabinet fédéral en tant que ministre des Finances, mais démissionne avant la fin de l’année quand le gouvernement refuse sa recommandation d’accorder une assistance financière de 500 000 $ à une banque en difficulté qui fait faillite peu de temps après. Incapable d’appuyer les conservateurs ni les libéraux menés par Alexander Mackenzie, Alexander Galt démissionne de son poste au Parlement en 1872.

Vie et carrière après la Confédération

En 1871, la Grande-Bretagne et le Canada concluent le traité de Washington qui résout un certain nombre d’irritants, comme l’accès américain aux pêches côtières du Canada et de Terre-Neuve. (Voir Histoire de la pêche commerciale.) Les autorités britanniques choisissent Alexander Tilloch Galt comme représentant du Canada à la Commission d’arbitrage créée par le traité pour déterminer la compensation à payer par le gouvernement américain pour avoir accès aux pêches côtières. Sir John A. Macdonald nomme également Alexander Galt premier haut-commissaire du Canada à Londres, un poste qu’il occupe de 1880 à 1883 et qui vise à promouvoir l’idée du Canada comme un pays plein de potentiel pour les investisseurs et les émigrants. À Londres, il lève des capitaux pour le développement du secteur du charbon dans la région que l’on appelle maintenant le sud de l’Alberta. Il collabore pour se faire avec son fils Elliott, qui est aide-commissionnaire aux Affaires autochtones de la région. Suivant l’octroi par le gouvernement d’un million d’acres de terres, Alexander Galt et son fils font construire des infrastructures de transport et mettent en œuvre de grands projets d’irrigation dans la région de Lethbridge, qui est nommée en l’honneur d’un des investisseurs britanniques.

Alexander Galt meurt à Montréal en 1893.

Héritage

Sir Alexander Tilloch Galt entame sa carrière comme entrepreneur et politicien dans un pays en manque d’immigrants et de capitaux. À l’époque, le fait de risquer l’argent d’autres personnes peut mener à une faillite ou à la réalisation de grandes choses tant pour soi que pour les communautés. De ce pari, Alexander Tilloch Galt sort gagnant. Penseur flexible et visionnaire, il ajuste ses convictions politiques et sa visée entrepreneuriale pour saisir des occasions provenant de circonstances changeantes. Comme militant de l’union fédérale, il joue un rôle significatif dans les négociations financières qui poussent la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick à rejoindre le Dominion du Canada. Avant et après la Confédération, Alexander Galt appuie l’immigration, les subventions de l’État pour la construction du chemin de fer et la mise sur pied de tarifs protecteurs élevés, tant d’éléments qui contribuent à l’avancement de ses affaires et qui font évoluer ses intérêts commerciaux, ainsi que les intérêts d’une colonie en pleine croissance.

Voir aussi Pères de la Confédération.