Roger Jean-Baptiste Joseph Camille Teillet, C.P., banquier, navigateur de l’armée de l’air, agent d’assurances, politicien, commissaire aux pensions (né le 21 août 1912 à Saint-Vital au Manitoba; décédé le 1er mai 2002 à Ottawa en Ontario). Après ses études collégiales, Roger Teillet a occupé plusieurs emplois avant de s’enrôler dans l’armée de l’air en 1939 (voir Aviation royale canadienne [ARC]). Après que son bombardier ait été abattu, il a été fait prisonnier de guerre et a passé près de trois ans en captivité. Après la Deuxième Guerre mondiale, il a mené avec succès une carrière politique, d’abord au niveau provincial, et ensuite fédéral. Il est devenu ministre des Anciens Combattants, puis président de la Commission canadienne des pensions.

Jeunesse et éducation
Roger Teillet est le fils de Pierre Camille Teillet et de Sara Riel, nièce de Louis Riel. Il fait ses études à Saint-Vital et à Saint-Boniface. Après deux ans d’études seulement, il doit quitter le collège francophone de Saint-Boniface en raison de la crise des années 1930. Il suit une formation de directeur de banque, mais lorsque les banques commencent à fermer à cause de la crise, il occupe divers autres emplois. Le 18 mai 1940, il épouse Jeanne Marie Boux. Le couple a deux fils.
Service militaire
Roger Teillet s’enrôle dans l’Aviation royale canadienne à la fin du mois d’août 1939, juste avant l’entrée du Canada dans la Deuxième Guerre mondiale, le 10 septembre. Il est formé comme navigateur aérien, il se joint au 35e escadron de la Royal Air Force en 1942. Cet escadron est basé à Graveley, dans le Cambridgeshire au Royaume-Uni, et vole sur le bombardier lourd Handley Page Halifax.
Le 23 août 1942, lors de son 25e raid de bombardement nocturne, le Halifax du lieutenant Roger Teillet est abattu au-dessus de la France, mais Roger Teillet parvient à se parachuter, et il atterrit sain et sauf derrière les lignes allemandes. Cet exploit lui vaut de faire partie du Caterpillar Club, une association informelle qui regroupe des personnes qui ont survécu grâce à un parachute.
Roger Teillet parvient à échapper à la capture pendant 15 jours avant d’être fait prisonnier et envoyé au Stalag Luft III, un camp de prisonniers pour officiers en Pologne. C’est dans ce camp qu’a lieu la « grande évasion » de mars 1944, rendue célèbre par le film The Great Escape (v.f. La grande évasion). Roger Teillet est le numéro 136 sur la liste des évadés, mais seuls 76 parviennent à s’échapper avant que leur tunnel ne soit découvert. Parmi les évadés, 73 sont ensuite recapturés.
Lorsque les forces soviétiques entrent en Allemagne en janvier 1945, les Allemands déplacent les prisonniers d’un camp à l’autre, et plusieurs d’entre eux meurent durant ces déplacements. Roger Teillet est finalement libéré par les Britanniques le 6 mai 1945. Il ne pèse alors plus que 127 lb (57,6 kg). De retour à Winnipeg après la guerre, il ouvre une agence d’assurances.
Politique provinciale
En 1953, Roger Teillet se présente aux élections provinciales du Manitoba comme candidat libéral-progressiste dans la circonscription de Saint-Boniface. Il est élu député à l’Assemblée législative au sein du gouvernement du premier ministre Douglas Campbell (voir aussi Politique au Manitoba). Roger Teillet se présente à nouveau en 1958 et il est réélu, malgré la défaite de son parti qui ne forme pas le gouvernement suivant. Il ne se représente pas aux élections de 1959, suite à la défaite des progressistes-conservateurs à l’Assemblée législative.
Politique fédérale
Lors des élections fédérales de juin 1962, Roger Teillet est élu sous la bannière des libéraux dans la circonscription de Saint-Boniface. Ces élections font en sorte que le Parti progressiste-conservateur de John Diefenbaker passe de la majorité à une minorité (voir aussi Parti conservateur). Après la chute du gouvernement de John Diefenbaker en raison de la question des armes nucléaires, de nouvelles élections s’ensuivent en avril 1963. Les libéraux obtiennent suffisamment de sièges pour former un gouvernement minoritaire dirigé par Lester B. Pearson.
Roger Teillet est réélu et nommé ministre des Anciens Combattants par Lester B. Pearson. Il est le premier ministre du Cabinet à s’identifier comme Métis. L’une des initiatives de Lester B. Pearson, la création d’un nouveau drapeau national distinctif pour remplacer le Red Ensign canadien, donne lieu à un long débat au sein du pays et du Parlement (voir aussi Débats sur le drapeau). En tant que ministre des Anciens Combattants, Roger Teillet siège comme membre d’office au sein du Comité du nouveau drapeau, composé de 15 membres et chargé de sélectionner le drapeau. Bien que Lester B. Pearson et son gouvernement soutiennent le drapeau à la feuille d’érable, la plus grande organisation d’anciens combattants du pays, la Légion royale canadienne, s’y oppose fermement.
Ce sujet suscite un vif débat national, ce qui place Roger Teillet dans une position délicate. En tant que ministre, il doit appuyer le gouvernement, mais en tant que représentant des anciens combattants du Canada, il doit également soutenir ces derniers. Après d’autres nombreux débats houleux au Parlement, le drapeau à la feuille d’érable est finalement proclamé le 28 janvier 1965 (voir Drapeau national du Canada).
En avril 1968, un congrès du Parti libéral désigne Pierre Elliott Trudeau pour succéder à Lester B. Pearson, ce dernier ayant annoncé son intention de prendre sa retraite. Lors des élections fédérales de juin, Pierre Elliott Trudeau remporte une victoire écrasante. Roger Teillet perd l’investiture dans sa propre circonscription par 100 voix.
Pierre Elliott Trudeau nomme ensuite Roger Teillet à la tête de la Commission canadienne des pensions, un organisme fédéral chargé de gérer les prestations d’invalidité et de décès destinées aux anciens combattants et leurs familles. Pierre Elliott Trudeau confie à Roger Teillet le mandat de réformer les pensions des anciens combattants. C’est ce qu’il fait, et il considère ensuite toute sa vie que cette réforme est sa plus grande fierté.
Retraite
Roger Teillet prend sa retraite de la Commission des pensions du Canada en 1980. Au lieu de retourner au Manitoba, lui et sa femme continuent de vivre à Ottawa. Jeanne meurt en 2000, deux ans avant Roger Teillet.