La rivière des Outaouais est la huitième plus grande rivière du Canada et le principal affluent du Saint-Laurent. Prenant sa source dans les Laurentides, elle descend vers l’ouest avant de bifurquer vers le sud-est pour former une partie de la frontière séparant l’Ontario et le Québec. La surface qu’elle draine correspond au double de la taille du Nouveau-Brunswick. En tant que territoire ancestral du peuple algonquin, route majeure de la traite des fourrures et site de l’essor du commerce du bois au 19e siècle, la rivière des Outaouais tient un rôle important dans l’histoire et l’économie canadiennes. Ses écosystèmes variés, qui sont présentement la cible de nombreux efforts de conservation, abritent une riche gamme d’espèces animales et végétales. La rivière alimente également de nombreuses régions urbaines établies sur ses rives, la plus grande étant celle d’Ottawa-Gatineau.

Tracé
La rivière des Outaouais prend sa source dans le lac Capimitchigama, dans les Laurentides, à environ 240 km au nord d’Ottawa et à 290 km au nord-ouest de Montréal. Elle fait ensuite un arc vers l’ouest et traverse des lacs et des réservoirs, notamment le réservoir Dozois, le Grand lac Victoria, le lac Granet, le réservoir Decelles, le lac Simard et le lac Témiscamingue. À partir du lac Témiscamingue, la rivière descend vers le sud-est, gagne en largeur et en vigueur, s’étend pour former des lacs marécageux puis se resserre pour se transformer en rapides puissants. Depuis les régions rurales et les villages de la vallée de l’Outaouais, la rivière suit son cours vers l’est et traverse les régions urbaines d’Ottawa et de Gatineau. Puis, à Saint-André-Est, elle s’élargit pour former le lac des Deux Montagnes, à l’ouest de Montréal, où elle se jette dans le fleuve Saint-Laurent en se déversant dans la rivière des Prairies, la rivière des Mille Îles et le lac Saint-Louis.
De sa source à son embouchure, la rivière des Outaouais parcourt 370 m d’élévation. Ses propres affluents provenant des hautes terres du nord sont souvent sauvages et rapides. Parmi ceux-ci, on retrouve les rivières Dumoine (129 km), Coulonge (217 km), Gatineau (386 km), du Lièvre (330 km), de la Petite Nation (97 km) et Rouge (185 km). À partir du sud, la rivière des Outaouais est alimentée par les rivières Petawawa (187 km) et Madawaska (230 km), qui coulent en terrain escarpé, ainsi que par les rivières Mississippi (169 km), Rideau (146 km) et Nation (161 km), qui drainent des terres plus douces.
Géologie
Le recul de la calotte glaciaire des Laurentides, il y a environ 10 000 ans, expose une terre compactée par le poids de la glace (voir aussi Glaciation). En raison de sa faible élévation, la région qu’occupent présentement le lac Nipissing et la rivière Mattawa est alors submergée par les eaux des Grands Lacs de la préhistoire situés les plus au nord. Ces eaux se jettent ensuite dans la vallée de l’Outaouais et atteignent la mer de Champlain (un prolongement intérieur de l’océan Atlantique). Sur son chemin vers la mer, la première ébauche de la rivière des Outaouais dépose une mince couche de sol argileux dans le sud de la vallée, créant ainsi une zone fertile dans le Bouclier canadien montagneux.
La calotte glaciaire des Laurentides se retirant davantage vers le nord, la terre subit une forme de redressement et se relève graduellement. Ainsi, une ligne de partage des eaux se forme entre le lac Nipissing et la rivière des Outaouais, séparant les deux réseaux fluviaux. Les eaux des Grands Lacs trouvent alors un autre chemin vers l’océan, le fleuve Saint-Laurent. Avec le temps, la rivière des Outaouais se place dans son tracé actuel, qui débute dans les Laurentides. Du lac Témiscamingue à Montréal, la rivière forme aujourd’hui la frontière entre l’Ontario et le Québec. La séparation, toutefois, est plus que politique : au sud, on retrouve de riches fermes et de douces collines tandis qu’au nord ce sont les forêts des hautes terres laurentiennes qui prédominent.
Flore
La profondeur des lacs et le débit rapide de la rivière des Outaouais ne permettent qu’à quelques plantes de pousser. Toutefois, des algues et de plus grandes plantes aquatiques poussent régulièrement dans les terres humides de la rivière. Certaines espèces envahissantes infestent la rivière des Outaouais, notamment l’hydrocharide grenouillette et le myriophylle en épi. Les tapis de végétation dense qu’elles forment à la surface ou sous l’eau empêchent la croissance des autres espèces aquatiques en bloquant la lumière du soleil. Ces plantes contrarient également les navigateurs et les nageurs, en plus de bloquer les canaux de drainage et les ruisseaux.
Les berges de la rivière favorisent la croissance de bon nombre de plantes, notamment l’aulne rugueux, le cornouiller oblique, le myrique baumier et des espèces du genre de la viorne et de la potentille. La verge d’or et plusieurs espèces de fougères sont aussi couramment retrouvées dans la plaine inondable de la rivière des Outaouais. Les inondations printanières sur ses berges contribuent au maintien des alvars, où les graminées des prairies et les arbustes poussent sur une surface calcaire dotée d’une très faible couverture des sols. La vallée de l’Outaouais abrite plus de 85 espèces de fleurs rares.



