Pierre Gaultier de Varennes et de La Vérendrye

Pierre Gaultier de Varennes et de La Vérendrye, officier militaire, agriculteur, commerçant de fourrures et explorateur (né le 17 novembre 1685 à Trois-Rivières, au Québec ; décédé le 5 décembre 1749 à Montréal). Les expéditions organisées par La Vérendrye et menées par ses fils sont celles qui ont ouvert la région du lac Supérieur jusqu’au bas de la rivière Saskatchewan et à la rivière Missouri à la traite des fourrures française. La Vérendrye est souvent représenté comme l’archétype idéal du voyageur canadien-français, en particulier du Manitoba francophone.



La Vérendrye at Lake of the Woods. Arthur H. Hider (1870-1952).

Source: Bibliothèque et Archives Canada/Collection Arthur H. Hider (C-006896)

La Vérendrye choisit la carrière militaire dès son jeune âge et participe à la phase américaine de laGuerre de la succession d’Espagne. En 1708, il est blessé et fait prisonnier en France. Relâché en 1710, il revient au Canada en 1712, se marie et devient agriculteur sur les terres de sa femme à l’île aux Vaches et à l’île Dupas, sur le lac Saint-Pierre. Plus tard, il décide de rejoindre son frère Jacques-René lorsque celui-ci devient commandant des postes sur la rive nord du lac Supérieur en 1726. Après avoir succédé à son frère comme commandant en 1728, La Vérendrye commence à raviver le vieux rêve de découvrir une voie vers l’hypothétique « mer de l’Ouest », qui selon certains géographes serait un large golfe intérieur dans l’Ouest débouchant sur le Pacifique. Avec la permission de Jean-Frédéric Phélypeaux, conte de Maurepas et ministre français de la Marine, mais sans soutien financier, La Vérendrye demande et obtient, en 1731, le monopole de la traite des fourrures de la région pour trois ans. Il s’associe avec un certain nombre de marchands et, entre 1731 et 1737, s’affaire à construire des postes du lac Supérieur au lac Winnipeg pour promouvoir la traite, tout en recueillant des renseignements auprès des Autochtones. Ces témoignages mentionnent deux rivières qui coulent vers l’ouest. La Vérendrye les nomme rivière Blanche (Saskatchewan) et rivière de l’Ouest (Missouri).
Explorations de La Vérendrye
Carte des découvertes de La Vérendrye
Cette carte représente les forts érigés par La Vérendrye et ses hommes : Fort Maurepas, à l'embouchure de la rivière Winnipeg; Fort La Reine (Portage la Prairie); Fort Bourbon au nord-ouest du lac Winnipeg; Fort Paskaoya, sur les rives de la rivière Saskatchewan; et d'autres.

Insatisfait de la progression de La Vérendrye (qui prend six ans pour atteindre le lac Winnipeg), le conte de Maurepas exige qu’il passe à l’action. Par conséquent, en 1738, La Vérendrye se dirige vers le sud-ouest et le pays des Mandanes, sur la rivière Missouri. C’est la seule expédition d’exploration qu’il réalise sans avoir été précédé par l’un de ses fils (voir Jean-Baptiste Gaultier de La Vérendrye et Louis-Joseph Gaultier de La Vérendrye) ou son neveu Christophe Dufrost de La Jemerais. Ne sachant pas vraiment ce qu’il a trouvé, à bout de forces et de ressources financières, La Vérendrye retourne à fort La Reine (voir Portage La Prairie) et laisse à ses fils le soin de poursuivre les explorations. En 1742-1743, ses fils Louis-Joseph et François Gaultier Du Tremblay voyagent vers le sud-ouest, au-delà du pays des Mandanes, prouvant ainsi que la mer ne se trouve pas dans cette direction. Pendant ce temps, La Vérendrye continue l’expansion de la traite des fourrures dans la région des lacs du Manitoba. Les espoirs de faire une découverte importante sont tellement grands que le conte de Maurepas perd patience, accusant La Vérendrye de disperser ses énergies dans la traite plutôt que de les consacrer à l’exploration, et suggère au gouverneur Beauharnois de le remplacer. En 1743, La Vérendrye démissionne, mais est nommé à nouveau en 1746. Il prépare l’exploration de la rivière Saskatchewan, mais meurt avant de l’entreprendre.


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