Newlove, John

John Newlove, poète et journaliste (Regina, 13 juin 1938 - Ottawa, 23 décembre 2003).
John Newlove, poète et journaliste (Regina, 13 juin 1938 - Ottawa, 23 décembre 2003).


Newlove, John

John Newlove, poète et journaliste (Regina, 13 juin 1938 - Ottawa, 23 décembre 2003). Il est reconnu pour son style direct et descriptif, dépourvu de la plupart des signes traditionnels de la poésie (comparaison et métaphore, symbolisme déclaré, rime et langage recherché) et qui se caractérise par un rythme intense, l'utilisation du calembour et un ton désabusé.

Il explore de façon rationnelle les origines existentielles du désespoir moderne; ses évocations de la perte, de la haine de soi et de l'apitoiement sur son sort, de l'envie et de la colère, côtoient des moments de compassion, d'extase et parfois même de pure joie. La emphase exagérée que met Newlove sur la peur et le dégoût dans ses poèmes a tendance à faire oublier la vivacité d'esprit, l'ironie et l'humour, autant de richesses présentes dans l'honnêteté scrupuleuse de sa poétique dépouillée.

Au début des années 60, Newlove quitte les Prairies pour Vancouver, où il lit et étudie son art. En quelques années, sa poésie traitant de la dérive caractéristique de notre époque lui vaut une réputation de chroniqueur important de la déperdition et de l'aliénation. Après avoir parlé de lui-même dans Moving in Alone (1965), il compose des poèmes sur l'histoire du Canada, se questionne sur la vérité, se demande à qui appartient et à qui doit appartenir cette terre. Ce questionnement est clair dans Black Night Window (1968) où il décrit sa rencontre avec la culture autochtone. Il rédige ensuite des poèmes sur l'histoire de l'être humain et parle de guerre et de cruauté dans Lies (1972), qui lui vaut le Prix du Gouverneur général. Vers la fin des années 60, Newlove déménage à Toronto où il fait du journalisme.

Au cours des années 1970, il devient rédacteur à la pige et écrivain résident dans plusieurs universités canadiennes. Il publie The Fat Man: Selected Poems en 1977 et un long poème philosophique, The Green Plain, en 1981. Son premier recueil de poèmes depuis Lies paraît en 1986. The Night the Dog Smiled (1986) confirme son immense talent et augmente la portée et la générosité de sa vision.

Son dernier ouvrage, Apology for Absense: Selected Poems 1962-92 (1993), rappelle aux anciens lecteurs, et signale aux nouveaux, la présence d'un poète des plus étonnants par sa pureté et son classicisme.


Lecture supplémentaire

  • Barbour, Douglas, John Newlove and His Works (1992).

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