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Masques de gardien de but

Le premier gardien de but à avoir porté un masque lors d’un match officiel de hockey sur glace a été Ev Hardman de Calgary en 1899. Le premier gardien de but de la Ligue nationale de hockey (LNH) à porter un masque a été Clint Benedict en 1930. Le premier à porter un masque en tout temps sur la glace a été Jacques Plante des Canadiens de Montréal, à partir de 1959. La conception et la fabrication des masques de gardien de but se sont progressivement améliorées pour inclure une grille au niveau des yeux et du nez. Ce masque de style hybride en fibre de verre a été adapté pour être utilisé au baseball par le receveur Charlie O’Brien des Blue Jays de Toronto en 1996. Toutefois, des préoccupations ont été soulevées au sujet de la sécurité des masques, au baseball comme au hockey, plus particulièrement en raison de leur capacité à protéger contre les commotions cérébrales.

Masques de Jacques Plante

Premiers gardiens de but à porter un masque

Le premier gardien de but à porter un masque à n’importe quel niveau du hockey organisé semble être Ev Hardman de Calgary, en 1899. L’historien du hockey Eric Zweig écrit que Ev Hardman « portait un masque de baseball alors qu’il gardait les buts pour le club de hockey local Press lors du match de championnat contre une équipe composée de vedettes sélectionnées parmi d’autres clubs de Calgary », comme le rapporte le Calgary Herald le 17 mars 1899.

Elizabeth Graham de l’Université Queen’s est souvent reconnue comme étant la première femme à porter un masque lors d’un match de hockey organisé. Le 7 février 1927, elle porte un masque d’escrime dans une victoire de 3-2 contre l’Université de Toronto. D’après le fils d’Elizabeth Graham, elle le fait parce que « c’était une question de bon sens ». De plus, à cette époque, elle vient tout juste de subir des soins dentaires et elle veut protéger ses dents.

Toutefois, l’historien du hockey Stephen Smith souligne que Corinne Hardman, du Western Ladies Hockey Club de Montréal, porte un masque en 1916. Stephen Smith note également que « les joueurs de hockey et les experts discutaient sans cesse des avantages et des inconvénients des masques au cours des premières années du nouveau siècle. En 1912, au sein de la NHA (le précurseur de la LNH), on évoquait l’idée qu’il était peut-être temps que les gardiens de but protègent leur visage, bien que l’idée n’a jamais abouti à rien. En 1922, la OHA (Ontario Hockey Association) a ajouté une disposition à son règlement autorisant les gardiens de but à porter des masques de baseball ».

Clint Benedict

Le 20 février 1930, Clint Benedict devient le premier gardien de but de la LNH à porter un masque. Alors qu’il joue avec les Maroons de Montréal, il enfile pour la première fois un protège-visage en cuir épais lors d’un match contre les Americans de New York au Madison Square Garden. Il porte ce masque pour protéger sa pommette fracturée et son nez cassé, des blessures qu’il a subies suite à un tir d’Howie Morenz le 7 janvier 1930. Selon Stephen Smith, Clint Benedict « avait l’air d’un visiteur venu de la planète Mars ». Mais ce masque n’est qu’une solution temporaire pour Clint Benedict, car il trouve que le protège-nez nuit à sa vision.

Clint Benedict

Teiji Honma

Le premier gardien de but à porter un masque en compétition aux Jeux olympiques d’hiver est le Japonais Teiji Honma en 1936. Il porte une cage métallique par-dessus un protège-visage en cuir, semblable au masque de receveur au baseball, afin de protéger ses lunettes.

Jacques Plante

Le 1er novembre 1959, le gardien de but des Canadiens de Montréal Jacques Plante est blessé au visage après avoir bloqué un tir frappé d’Andy Bathgate. Jacques Plante refuse de retourner au jeu à moins de porter son masque qu’il utilise régulièrement lors des entrainements. Ce masque a été confectionné sur mesure pour lui par Bill Burchmore, un entraineur de hockey pour enfants et un partisan des Canadiens qui travaille chez Fiberglas Canada à Montréal. Plus tôt cette même année, Bill Burchmore a écrit à Jacques Plante pour lui proposer le masque. À ce moment-là de sa carrière, Jacques Plante joue dans la LNH depuis sept saisons et a déjà 150 points de suture au visage à son actif.

La personne qu’il faut avant tout convaincre chez les Canadiens est l’entraineur-chef Toe Blake; ce dernier craint que Jacques Plante ne puisse pas bien voir les tirs bas s’il porte un masque. Même après la blessure, Toe Blake insiste pour que Jacques Plante ne porte pas de masque. Le 8 mars 1960, Jacques Plante joue sans masque lors d’une défaite de 3‑0 contre les Maple Leafs de Toronto. Après cela, il porte toujours un masque. Il joue encore onze saisons dans la LNH et une de plus dans l’Association mondiale de hockey (AMH).

Jacques Plante est largement critiqué et qualifié de lâche pour sa décision de porter un masque. Le gardien Gump Worsley dit un jour : « Celui qui joue avec un masque est une poule mouillée. Ma figure, c’est mon masque. » Cependant, lors de la saison 1973-1974, lui-même porte un masque alors qu’il joue avec les North Stars du Minnesota. Le dernier gardien de but de la LNH à jouer sans masque est Andy Brown des Penguins de Pittsburgh, en 1974.

Jacques Plante au début des années 1960

Types courants de masque

Le type de masque initial que porte Jacques Plante est un masque moulant qui épouse la forme du visage. Ces masques couvrent tout le visage à l’exception des yeux et parfois de la bouche. En plus de Jacques Plante, ce masque est porté par Jim Rutherford, Gerry Cheevers, John Davidson, Bernard Parent et Grant Fuhr, entre autres. Le problème principal avec ce type de masque est qu’il ne protège pas suffisamment les yeux. La carrière de Bernard Parent prend fin lorsqu’un bâton le frappe à l’œil lors d’un match contre les Rangers de New York en 1979.

Gerry Cheevers

En 1978, Dave Dryden et Greg Harrison inventent un masque en fibre de verre muni d’une grille au niveau des yeux et du nez. Dave Dryden, le frère aîné du gardien de but Ken Dryden, intronisé au Temple de la renommée du hockey, est le premier à porter ce type de masque lorsqu’il joue pour les Oilers d’Edmonton de l’AMH en 1978-1979. La popularité du masque augmente lorsque Patrick Roy commence à la porter au cours de la saison 1985-1986, et qu’ensuite Grant Fuhr passe du masque moulant au masque conçu par Greg Harrison.

Patrick Roy

Dans les années 1980 et au début des années 1990, de nombreux gardiens portent un ensemble composé d’un casque et d’une grille faciale (ou « cage à oiseau »), dont Mike Vernon, Glenn Healy, Dominik Hasek et Clint Malarchuk. Le combo casque et grille est utilisé pour la première fois par le gardien de but soviétique Vladislav Tretiak au début des années 1970 et il devient plus courant en Europe.


Cependant, l’un des principaux problèmes de tous les masques de gardiens utilisés s’avère être l’absence de protection pour la gorge. Le 22 mars 1989, Clint Malarchuk se fait trancher la gorge par une lame de patin durant une partie. Il passe près d’en mourir et il faut 300 points de suture pour refermer sa blessure. Peu après, il devient courant pour les gardiens de porter une visière de cou en plexiglas attachée à leur masque. Avec leur protection de gorge, les gardiens de but peuvent s’étirer davantage sans craindre le risque d’une blessure grave. Les gardiens de but qui ajoutent une protection pour leur cou dans les années 1990 comprennent Curtis Joseph, Chris Osgood, Kelly Hrudey et Bill Ranford.

De nos jours, les gardiens de but portent généralement un casque de type hybride en fibre de verre avec une grille faciale « qui absorbe mieux les chocs », selon Alison Lukan des Blue Jackets de Columbus. De nombreux gardiens utilisent toujours des visières de protection pour la gorge, dont Braden Holtby, Marc-André Fleury et Devan Dubnyk.

Adaptation du masque de gardien de but au baseball

Le 13 septembre 1996, Charlie O’Brien, des Blue Jays de Toronto, devient le premier receveur des Ligues majeures baseball (LMB) à utiliser un masque de style hockey durant un match. Ce masque est conçu par O’Brien & Van Velden Mask Inc. de Hamilton en Ontario. Au départ, la ligue a des inquiétudes au sujet de la sécurité, mais Charlie O’Brien la convainc que les masques de style gardien de but sont plus sûrs que les masques traditionnels de receveur. Le masque de style hockey offre une meilleure vision, protège mieux les oreilles et il n’est pas nécessaire de l’enlever pour attraper les balles en hauteur.


Depuis, de nombreux receveurs des LMB adoptent le masque de style gardien de but, dont Buster Posey, Martin Moldonado et Gary Sanchez. Toutefois, des préoccupations sont soulevées quant à la capacité de ce masque, qui épouse plus étroitement le visage, à offrir une protection adéquate contre les commotions cérébrales. Les receveurs des LMB Alex Avila et David Ross, par exemple, reviennent tous deux à l’ancien masque de receveur en acier (plutôt qu’au nouveau avec une grille en titane) après avoir subi des commotions cérébrales alors qu’ils portaient le masque de style hockey.

Fabrication

Les masques de gardien de but sont faits de fibre de verre et de résines époxydes. L’utilisation de la fibre de verre est avantageuse, car elle est légère et robuste. Les masques peuvent également être faits de matériaux comme le kevlar, la fibre de carbone et la résine de nylon Capron. Toutefois, la plupart des fabricants préfèrent la fibre de verre à la fibre de carbone parce qu’elle est moins coûteuse.

Lors de la fabrication d’un masque sur mesure, le fabricant prend d’abord un moulage de la tête du gardien de but. Une fois le moule séché à l’air, du plâtre est coulé dans le moule pour créer un modèle. L’accent est ensuite mis sur la création du masque proprement dit et sur la sculpture bien précise des zones autour du nez, de la bouche et des oreilles. L’étape suivante consiste à s’assurer que le masque est assez épais. De la fibre de verre et des résines époxydes sont appliquées sur le modèle pour rendre le masque aussi lisse et durable que possible. Un rembourrage en caoutchouc ou en mousse est ensuite ajouté à l’intérieur du masque pour améliorer le confort et la protection.

Une fois l’ouverture faciale découpée et le masque peint, une grille est fixée au masque par des attaches en acier inoxydable. La grille est faite d’acier ou de titane. Le titane est plus couramment utilisé parce qu’il est plus léger et donc plus confortable. La grille en acier est plus lourde, mais elle est également plus solide et plus sûre, car elle ploie sous la pression et transmet donc moins d’énergie de l’impact à la tête.

Problèmes de sécurité

En 2011, l’analyste de Hockey Night in Canada (La Soirée du hockey en version française) Glenn Healy, qui a lui-même porté le combo casque et grille de protection faciale durant sa carrière de gardien de but de la LNH, exprime ses inquiétudes concernant la fabrication des masques hybrides que portent les gardiens de but de la LNH. Il fait valoir que la LNH ne teste pas ces masques, et que les gardiens équipés de masques de mauvaise qualité subissent des blessures à la tête. En 2015, le fabricant d’équipements Bauer procède au rappel de trois types de masques de gardien de but du Canada et des États-Unis après avoir reçu neuf signalements de cas où les grilles en titane se sont brisées.

Durant la saison 2017-2018 de la LNH, 13 gardiens de but subissent des commotions. En conséquence, la LNH augmente les tests de résistance sur les masques de gardien de but. Jusque là, ces masques doivent uniquement répondre à une norme de sécurité mise en place lors de la saison 2014-2015. Maintenant, grâce à des tests approfondis, les scientifiques peuvent étudier l’impact des tirs frappés venant de toutes les directions et analyser la résistance du masque. De plus, la LNH fournit maintenant aux joueurs les fiches techniques des différents styles et marques de masques, ce qui est semblable aux informations sur les masques que la National Football League (NFL) fournit à ses joueurs.

(Voir aussi Origines du hockey sur glace.)