Lila Fahlman (née Ganam), C.M., leader communautaire, éducatrice, aumônière (née en 1924 à Limerick en Saskatchewan; décédée le 13 mai 2006 à Edmonton en Alberta). Lila Fahlman était éducatrice, militante pour la justice sociale et fondatrice du Conseil canadien des femmes musulmanes (CCFM). Elle a probablement été la première femme musulmane au Canada à obtenir un doctorat en psychopédagogie, la première à être élue à un conseil scolaire public au Canada et la première femme musulmane en Amérique du Nord à occuper le poste d’aumônière universitaire (à l’Université de l’Alberta). En 2001, elle est devenue la première femme musulmane à recevoir l’Ordre du Canada.
Jeunesse
Lila Fahlman est issue d’une famille musulmane distinguée vivant dans les Prairies canadiennes. Son père est Sied Ameen Ganam Kadri. En 1901, ce dernier quitte son village de la vallée de la Bekaa (aujourd’hui le Liban). Il arrive éventuellement dans le Midwest américain, où il rencontre sa femme Chelsea. Celle-ci n’est ni arabe ni musulmane, mais elle se convertit par la suite à l’islam. Le couple déménage à Sheho en Saskatchewan, à environ 160 km au nord-est de Regina. C’est dans la Saskatchewan rurale que Lila et ses frères naissent. En 1924, Lila naît à Limerick. Elle se souvient de ses débuts de jeune musulmane dans les Prairies, notant qu’elle ne connaissait pas les prières musulmanes formelles, mais qu’elle « inventait ses propres prières » en incorporant des versets du Coran qu’elle avait mémorisés.
Éventuellement, la famille s’installe à Edmonton en Alberta, tout comme de nombreuses familles musulmanes des Prairies au milieu des années 1930. Là, ils peuvent s’installer à proximité de la mosquée Al Rashid qui a été récemment construite.
C’est à la mosquée Al Rashid que Lila apprend à prier de manière plus conventionnelle. Pendant ce temps, son frère aîné, Saleem, devient l’un des dirigeants de la mosquée. Il devient également le premier théologien musulman canadien.
Le saviez-vous?
L’autre frère de Lila était Ameen (« King ») Ganam. Souvent surnommé « le roi du violon au Canada », il a été intronisé au Canadian Country Music Hall of Fame en 1989.
Une vie de premières fois
Après le déménagement de sa famille à Edmonton, Lila Fahlman étudie à l’Université de l’Alberta et elle obtient un baccalauréat en éducation en 1962. Après avoir enseigné pendant plusieurs années dans des écoles secondaires locales, elle retourne à l’Université de l’Alberta et elle obtient un doctorat en psychopédagogie. Il est très probable qu’elle soit la première femme au Canada à obtenir cette qualification.
Lila Fahlman travaille ensuite comme thérapeute dans le système scolaire public d’Edmonton. En 1985, elle est élue administratrice du conseil scolaire public d’Edmonton; elle est d’ailleurs la première femme musulmane à occuper ce poste. De plus, Lila Fahlman est la première femme musulmane en Amérique du Nord à occuper le poste d’aumônière universitaire à l’Université de l’Alberta. Elle écrit et publie de nombreux livres avec sa propre maison d’édition, Purple Wolf Publishing,
Lila Fahlman est une fervente défenseure du dialogue interreligieux. Elle est vice-présidente de Vision TV, une chaine de télévision multiconfessionnelle et multiculturelle qui commence à diffuser en 1988. Elle dirige également la World Interfaith Education Association et elle est cofondatrice du Edmonton Interfaith Centre.
Conseil canadien des femmes musulmanes (CCFM)
Lila Fahlman est l’instigatrice de la fondation du Conseil canadien des femmes musulmanes (CCFM). Sous l’égide du Conseil des communautés musulmanes du Canada (CCMC), Lila Fahlman et d’autres leaders communautaires fondent le CCFM à Winnipeg en 1982.
Tout comme le CCMC, le CCFM est un organisme national qui a des succursales dans les villes et les régions qui comptent d’importantes communautés musulmanes. L’objectif du CCFM est de représenter les femmes musulmanes partout au Canada. En date de 2025, cet organisme continue de tenir des réunions annuelles et des séries de conférences, en plus de parrainer des ateliers sur diverses questions jugées pertinentes pour les femmes musulmanes.
Le CCFM publie également des brochures destinées aux femmes musulmanes du Canada. Celles-ci portent sur le « droit familial musulman et canadien » et elles abordent des sujets comme l’héritage, le mariage, la garde des enfants et la pension alimentaire. Ces brochures, maintenant accessibles en ligne, ont pour objectif d’expliquer aux femmes musulmanes canadiennes leurs droits, aussi bien en tant que musulmanes qu’en tant que Canadiennes, ce qui est un aspect particulièrement important pour les nouvelles Canadiennes.
En 1984, le CCFM commence à publier un bulletin d’information intitulé The Canadian Muslim Woman. Les numéros comprennent un éditorial et présentent les ateliers et conférences à venir qui sont parrainés par le CCFM. Les brochures offrent également des nouvelles des diverses succursales du CCFM et abordent des questions plus générales auxquelles sont confrontées les femmes musulmanes au Canada.

Tout comme le CMCC, le CCFM est conscient de la nécessité de remédier au fait que les musulmans canadiens ne parlent pas tous d’une seule voix. Le CCFM doit surmonter les différences culturelles, linguistiques et même religieuses. Son objectif est d’y parvenir en enseignant aux femmes musulmanes, en particulier aux nouvelles arrivantes, leurs droits légaux au Canada.
La mosquée Al Rashid
Lorsque la communauté musulmane d’Edmonton commence à devenir trop nombreuse pour la mosquée Al Rashid, plusieurs d’entre eux veulent la relocaliser dans le parc Fort Edmonton, un parc historique. Bien que la mosquée Al Rashid soit la plus ancienne mosquée au Canada, plusieurs détracteurs s’y opposent, soulignant qu’elle n’est pas suffisamment « historique ». Éventuellement, grâce aux efforts colossaux du CCFM, et en particulier de Lila Fahlman, des fonds sont amassés pour déplacer la mosquée dans le parc, où elle se trouve aujourd’hui.

Distinctions
En 2001, Lila Fahlman est nommée membre de l’Ordre du Canada pour l’ensemble de sa vie consacrée aux services publics et au bénévolat, en plus de sa contribution à la communauté musulmane et de son travail auprès des femmes victimes de violence.
En 2017, la Dr. Lila Fahlman School ouvre ses portes à Edmonton.