Jobin, André

André Jobin. Ténor, comédien, metteur en scène (Québec, 20 janvier 1933). Après 10 années passées à New York, il se rendit à Paris où sa famille s'était établie et commença l'étude de l'art dramatique avec Pierre Bertin et Suzanne Nivette de la Comédie française.

Jobin, André

André Jobin. Ténor, comédien, metteur en scène (Québec, 20 janvier 1933). Après 10 années passées à New York, il se rendit à Paris où sa famille s'était établie et commença l'étude de l'art dramatique avec Pierre Bertin et Suzanne Nivette de la Comédie française. Il devint membre de la Compagnie Jean-Louis Barrault-Madeleine Renaud avec laquelle il joua en Europe ainsi qu'aux États-Unis et au Canada en 1952. Parallèlement, il étudia le chant, d'abord avec sa mère puis avec Janine Micheau. Comme chanteur, il débuta en 1958 dans Nouvelle-Orléans, comédie musicale de Pascal Bastia et Sydney Béchet, qui en était la vedette, au théâtre de l'Étoile. Son talent de jeune premier d'opérette s'affirma subséquemment dans Bilitis et l'amour de Joseph Kosma (rôle de Cynésias) et Le Jeu des dames de Georges Van Parys (1960). Il aborda l'année suivante l'opérette classique, particulièrement l'opérette viennoise, dont les premiers rôles mettaient en valeur son double talent de chanteur et de comédien. Il se tourna vers l'opéra en 1963, interprétant le rôle titre d' Orphée de Gluck, L'Apothicaire de Haydn et surtout le rôle de Pelléas dans Pelléas et Mélisande. Il le chanta d'abord à l'Opéra-Comique de Paris (1963) et le reprit dans plusieurs théâtres célèbres à Berlin, Bruxelles, Madrid et San Francisco (1965) où la critique écrivit : « Le nouveau et jeune ténor a été brillant sur le plan vocal. Il a fait de Pelléas un personnage princier et tout à fait vraisemblable » (San Francisco Chronicle, 5 novembre 1965). Jobin tiendra également ce rôle au New York City Opera en 1970. Sa carrière à l'opérette se poursuivit avec succès en France et dans plusieurs autres pays. Il fit de nombreuses créations en plus de jouer les rôles traditionnels. Il se rendit en Australie (1968) interpréter Valses de Vienne et fit ses débuts à la télévision de la SRC dans le rôle d'Ange Pitou de La Fille de madame Angot de Lecocq. Il tint ensuite le rôle de Guy Florès dans L'Auberge du cheval blanc de Benatzky au théâtre du Châtelet de Paris (1968-69). En 1970, il joua La Chauve-Souris à Genève et La Veuve joyeuse à la télévision de la SRC. Sa carrière prit une nouvelle orientation au milieu de 1971 alors qu'il accepta l'invitation du producteur Harold Fielding et joua à Londres le rôle de Gaylord Ravenal dans une production de Showboat de Jerome Kern à l'Adelphi Theatre. Son succès comme tête d'affiche fut considérable si bien qu'il resta près de trois ans à Londres, chantant ce rôle 935 fois. Il fit sa rentrée à Paris en 1974 dans Les Aventures de Tom Jones de Jacques Debronkart puis entreprit une série de représentations de Il était une fois l'opérette au théâtre Bobino, spectacle qui tint longtemps l'affiche avant d'être présenté en tournée canadienne en 1975. André Jobin s'illustra à nouveau sur l'immense scène du Châtelet (1978), interprétant le rôle de Michel Andrassy dans la reprise de Rose de Noël de Lehar et celui de Boris dans Volga de Francis Lopez au même théâtre. Au lendemain de la reprise de Rose de Noël, le quotidien L'Aurore écrivit (17 novembre 1978) : « André Jobin est le ténor-maison par excellence. Il a de la jeunesse, du souffle, de la séduction et il est de ceux qui ne craignent pas plus le contre-ut que la demi-teinte. » Sa participation à l'enregistrement de l'opérette Le Petit Duc de Lecocq lui valut en 1968 un Grand prix du disque. En 1979, il tenait le rôle de SouChong dans sept représentations de l'opérette Le Pays du sourire au Grand Théâtre de Québec, présentation de la Société lyrique d'Aubigny. Il assura la création italienne de l' Opéra d'Aran de Gilbert Bécaud dans le rôle d'Angelo (1982). Il s'est produit plus de 2000 fois sur les scènes parisiennes et il a joué 96 rôles différents dans quelque 170 villes à travers le monde. Il aborda également certains rôles de ténor comme Werther, Roméo, Le Cid (Massenet) et Don José. Il signa la mise en scène de Manon à l'Opéra de Québec (1988) et de La Veuve joyeuse à l'Opéra de Montréal (1991).

Voir aussi Raoul Jobin, son père.


Lecture supplémentaire

  • Maheu, Renée. 'André Jobin, tel père ... tel fils,' OpCan vol 25, Spring 1984

    Tourigny, Maurice. 'André Jobin, un ténor qui suit les traces de son père,' Aria, vol 9, Spring 1986

    Laurier, Marie. 'André Jobin, du théâtre à l'opéra,' Montreal Le Devoir, 25 May 1991