Exotica (1994) est l'un des films les plus réussis et les plus acclamés du réalisateur Atom Egoyan, lui-même l'un des cinéastes les plus populaires et les plus reconnus internationalement au Canada. La prestigieuse distribution canadienne comprend Don McKellar, Bruce Greenwood, Mia Kirshner, Elias Koteas, Arsinée Khanjian, Sarah Polley et Victor Garber.

Synopsis
Exotica est une intrigue complexe qui se déroule à Toronto et qui met en scène le patron, les employés et les clients d'un bar de danseuses nues au décor luxueux. Francis, un vérificateur d'impôt névrosé (Bruce Greenwood), est obsédé par Christina (Mia Kirshner), une danseuse qui s'habille comme une écolière. Eric (Elias Koteas), l'animateur du bar, est l'ancien amant de Christina. Jaloux, il passe son temps à surveiller Francis et Christina. Francis paye sa jeune nièce, Tracey (Sarah Polley), pour garder sa maison pendant qu'il va au bar ou vérifie les comptes de Thomas (Don McKellar), le propriétaire d'une animalerie qui fait la contrebande d'oeufs d'oiseaux exotiques. Francis utilise cette information pour le faire chanter et l'obliger à l'aider à se débarrasser d'Eric. Au fur et à mesure que l'action se déroule, des retours en arrière nous révèlent les circonstances mystérieuses expliquant la dépendance psychologique qui unit Francis et Christina.
Thèmes
Exotica met à nu les rituels obsessionnels du « regarde et ne touche pas » propre à un milieu où domine la sexualité. L'aliénation des personnages contraste avec l'érotisme débordant du bar de danseuses. Le film aborde la pédophilie, l'enlèvement, l'inceste et le meurtre, mais se limite à la recherche du corps d'une écolière assassinée. De cette façon, Atom Egoyan laisse le spectateur libre d'imaginer l'inimaginable.
En situant l'action dans un bar de danseuses nues, Egoyan peut examiner les mécanismes du voyeurisme sans tomber dans l'exploitation et le sensationnalisme. Il crée chez le spectateur un sentiment d'effet réaction en le maintenant à distance même pendant les scènes de séduction. Le film conserve un équilibre entre une observation minutieuse des personnages et un sentiment d'empathie face à leurs tristes conditions.
Même si, sur le plan visuel, Atom Egoyan s'intéresse aux apparences, ce n'est jamais aux dépens des émotions. Ses personnages ne sont ni des anges ni des méchants; ils incarnent et expriment les tensions sociales et les conflits qui les habitent.
Accueil critique
Exotica a remporté le prix de la critique au Festival de Cannes en 1994, faisant d’Atom Egoyan le plus acclamé des réalisateurs canadiens sur la scène internationale à cette époque.

(Voir aussi : Longs métrages canadiens; Histoire du cinéma canadien: cinéma régional et auteurs, de 1980 à aujourd'hui.)