Edward Donald Bellew, VC, ingénieur civil, fonctionnaire, militaire (né le 28 octobre 1882 à Bombay en Inde; décédé le 1er février 1961 à Kamloops en Colombie-Britannique). Edward Bellew a servi dans l’armée britannique avant la Première Guerre mondiale, mais il a ensuite démissionné en 1903 et a déménagé au Canada. Il s’est enrôlé dans le Corps expéditionnaire canadien (CEC) en 1914 et a combattu dans la deuxième bataille d’Ypres en avril 1915. Il a été capturé, mais a été rapatrié plus tard en raison de sa santé précaire. Il a ensuite recommencé à travailler au Canada jusqu’à sa retraite en 1922.

Jeunesse et éducation
Edward Bellew est le fils du major chirurgien Patrick Francis Bellew et de Sophia Elizabeth (née Fordyce). Son père est nommé officier du service médical du Bengale en 1854. Il prend sa retraite en 1882 et il retourne en Grande-Bretagne. Cette même année, Edward Bellew naît, ce qui explique peut-être la raison pour laquelle il inscrit « en haute mer » comme lieu de naissance dans son dossier militaire.
En Grande-Bretagne, la mère d’Edward Bellew meurt alors qu’il n’a que trois ans. Son père se remarie plus tard dans la même année avec Letitia Louise Box, une professeure de chant et de danse. La famille s’installe dans le Devon, où Edward Bellew étudie à la Blundell’s School à Tiverton. Il poursuit ensuite ses études au Clifton College de Bristol de 1897 à 1900.
Carrière militaire et civile
Edward Bellew entre au Royal Military College de Sandhurst en 1900. Il y remporte des championnats de boxe et de rugby dans la catégorie des poids lourds. À la fin de ses études, il est nommé officier dans le 2e Bataillon du Royal Irish Regiment, le 8 mai 1901. Peu après, il épouse Charlotte Muriel Rees à Londres, le 24 août. Edward Bellew sert en Inde et en Afghanistan jusqu’à sa démission le 26 août 1903.
En 1907, le couple immigre au Canada. Edward Bellew travaille pendant trois ans comme prospecteur et explorateur dans le nord de la Colombie-Britannique avant de se joindre au service forestier provincial. En 1912, il est transféré à la fonction publique fédérale, où il devient l’adjoint de l’ingénieur de district des travaux publics, affecté à la construction du port de New Westminster.
Première Guerre mondiale
Le 10 août 1914, quelques jours après le début de la Première Guerre mondiale, Edward Bellew est nommé officier mitrailleur au sein du 11th Irish Fusiliers of Canada. Lorsque le Corps expéditionnaire canadien (CEC) se rassemble à Valcartier au Québec plus tard ce même mois, Edward Bellew est muté au 7e Bataillon (1st British Columbia).
Edward Bellew s’embarque pour la Grande-Bretagne au début du mois d’octobre et il suit un entrainement cet hiver-là sur la plaine de Salisbury, dans des conditions épouvantables. Les Canadiens vivent dans des tentes, qui ne les protègent que très peu du froid, de la pluie, du brouillard et de la boue. En février 1915, Edward Bellew et son unité sont envoyés en France et déployés dans le saillant d’Ypres en Belgique, avec le reste de la Division canadienne.
Front occidental
Le 22 avril, les Allemands amorcent la deuxième bataille d’Ypres, et ils ont recours pour la première fois à du chlore gazeux sur le front occidental. Le 24 avril, ils lancent leur deuxième attaque au gaz toxique contre les lignes alliées. (Voir aussi Le Canada et la guerre des gaz.) Durant l’attaque, les Canadiens subissent de lourdes pertes, mais la section d’Edward Bellew, composée de deux mitrailleuses, stoppe temporairement l’avancée ennemie près de Keerselaere.
Des renforts sont envoyés à Edward Bellew, mais ils sont anéantis par le feu ennemi. Alors que les assaillants allemands ne sont plus qu’à 90 mètres, Edward Bellew et un sergent décident de se battre jusqu’au bout. Le sergent est rapidement tué et Edward Bellew est blessé et il souffre des effets des gaz. Lorsqu’il se retrouve à court de munitions, il détruit sa mitrailleuse avec un fusil et il est fait prisonnier.
Prisonnier de guerre
Les Allemands accusent Edward Bellew d’avoir enfreint les lois de guerre, affirmant qu’il a continué à tirer après qu’une partie de son unité se soit rendue. Il est reconnu coupable lors de son procès et il est condamné à mort. Alors qu’il est sur le point d’être exécuté, Edward Bellew fait valoir au commandant allemand que la nouvelle de son exécution parviendra certainement aux Alliés et que des représailles contre les prisonniers allemands seront inévitables.
Edward Bellew est ensuite rejugé, acquitté et envoyé dans un camp de prisonniers de guerre en Saxe, où sont détenus de nombreux autres soldats canadiens blessés. Pendant près de trois ans, Edward Bellew est déplacé dans six camps différents en Allemagne. En décembre 1917, lorsqu’une commission médicale suisse neutre évalue l’état des prisonniers, Edward Bellew est sélectionné pour être interné en Suisse. Son épouse, qui vit alors à Londres, le rejoint et prend soin de lui.
Edward Bellew est finalement rapatrié en Grande-Bretagne en décembre 1918. À son arrivée, il est admis dans un hôpital de Londres, souffrant de neurasthénie (épuisement physique et mental), de bronchite, de sciatique et d’intoxication au gaz. Devenu alors capitaine, il retourne au Canada en mars 1919 et est démobilisé en novembre.
Vie d’après-guerre
Les détails des actes héroïques d’Edward Bellew sont connus des autorités militaires durant son emprisonnement, mais ces autorités décident de ne pas annoncer sa Croix de Victoria (VC) avant sa libération. En mars 1920, il reçoit sa Croix de Victoria des mains du commandant de la région de Vancouver, au lieu du lieutenant-gouverneur Edward Gawler Prior, qui est tombé malade avant la cérémonie.
Edward Bellew retourne travailler au service des travaux publics et il est employé comme inspecteur des travaux de dragage sur le fleuve Fraser. Il prend sa retraite en 1922 et il s’installe sur un ranch à Monte Creek en Colombie-Britannique. Il se consacre ensuite à ses passions, qui sont la pêche à la mouche et le jardinage.
Edward Bellew est également membre de la Victoria Cross and George Cross Association. En 1960, il est invité à la réunion de cette association à Londres en Angleterre. Bien que sa santé soit fragile et qu’on lui ait déconseillé d’y aller, il s’y rend tout de même. À son retour au Canada, il est victime d’un AVC et il meurt à l’hôpital Royal Inland de Kamloops en Colombie-Britannique. Il est enterré au Hillside Cemetery de cette ville.
En mémoire
En plus de sa Croix de Victoria, Edward Bellew reçoit l’Étoile de 1914-1915, la Médaille de guerre britannique de 1914-1920, la Médaille de la Victoire, la Médaille du couronnement du roi George VI (1937) et la Médaille du couronnement de la reine Elizabeth II (1953). À son décès, ses médailles sont transmises à son beau-frère, qui les vend aux enchères chez Sotheby’s le 5 juillet 1974 pour 6000 £, une somme record à cette époque.
Les médailles d’Edward Bellew sont éventuellement remises au Royal Canadian Military Institute de Toronto, dont il est membre à vie. Entre janvier 1975 et le 22 juillet 1977, sa Croix de Victoria est volée. Elle n’est jamais retrouvée.