Compagnies de colonisation

Les compagnies de colonisation étaient des sociétés destinées à la promotion et à la coordination de l'immigration et de la colonisation, et auxquelles on a fait appel à différents moments de l'histoire du Canada.

Compagnies de colonisation

Les compagnies de colonisation étaient des sociétés destinées à la promotion et à la coordination de l'immigration et de la colonisation, et auxquelles on a fait appel à différents moments de l'histoire du Canada. L'immigration et la colonisation sont essentielles au progrès de la colonie et, plus tard, du pays. Les compagnies de colonisation reçoivent généralement de grandes terres (p. ex., le Huron Tract ou l'Établissement de Talbot, en Ontario) à prix réduits. Elles publient habituellement des brochures pour attirer l'attention des colons potentiels, arrangent le transport jusqu'aux lots, aident les colons à choisir une terre, fournissent l'équipement et les semences de la première récolte (ou aident à leur achat) et contribuent à la construction des maisons. Une fois qu'un groupe de colons est établi, les terres environnantes deviennent plus attrayantes pour les autres colons et ont donc plus de valeur pour la compagnie.

C'est en 1627 qu'est fondée la COMPAGNIE DES CENT-ASSOCIÉS pour encourager la colonisation permanente en Nouvelle-France. On lui concède une vaste étendue de terre en échange de l'exclusivité des droits sur le commerce de la fourrure, mais elle n'atteint pas ses objectifs. La COMPAGNIE DES INDES OCCIDENTALES, fondée en 1664, détiennent le pouvoir sur la Nouvelle-France jusqu'à ce que la Couronne reprenne ce pouvoir en 1674. Pendant le régime britannique, les compagnies de colonisation, comme la CANADA COMPANY dans le Haut-Canada et la BRITISH AMERICAN LAND COMPANY dans le Bas-Canada, sont chargées de promouvoir la colonisation.

Toutefois, la plus grande entreprise, et de loin, à être encouragée par le gouvernement, aura lieu dans l'Ouest, à la fin du XIXe siècle. Des sections de terre à numéro impair sont vendues à toute entreprise manifestant la volonté, les capacités et un intérêt sincère pour la promotion de la colonisation. La mesure est mise en place par décret le 23 décembre 1881, par le gouvernement de John A. Macdonald, sous forme d'amendement à la Loi des terres fédérales de 1879 et comme extension de sa POLITIQUE NATIONALE. On exige de l'acheteur qu'il établisse 2 colons sur chacune des sections à numéro pair et impair du lot dans les 5 ans, bien que la Couronne conserve la propriété exclusive des sections à numéro pair. En retour, la compagnie se voit remettre 160 $ pour chaque colon de bonne foi nouvellement établi sur un lot. On s'attend à ce que les compagnies réalisent des profits en fonction du nombre de colons qu'elles attirent sur leurs territoires respectifs. Avec le remboursement maximum, une compagnie pouvait ne payer que 1 $ l'acre pour les sections à numéro impair. Une fois que les sections à numéro pair étaient totalement occupées par des colons (voir PEUPLEMENT DES TERRES), ou étaient l'objet d'un droit de préemption, la compagnie pouvait demander de 3 à 15 $ l'acre pour les sections à numéro impair.

Le gouvernement, qui veut se faire aider par les compagnies de colonisation pour la mise en oeuvre de sa POLITIQUE SUR LES TERRES FÉDÉRALES, espère leur vendre 10 millions d'acres (4,05 millions ha) pour récupérer 10 des 25 millions de dollars qu'il a promis au consortium du CANADIEN PACIFIQUE et obtenir en même temps l'aide de la communauté des affaires pour le développement de la région pionnière de l'Ouest. Des politiciens importuns, des groupes religieux et des hommes d'affaires en vue demandent au gouvernement de leur concéder des terres, convaincus que le Nord-Ouest va être envahi par des hordes de colons. Ils doivent retirer la plus grande partie de leurs demandes après l'effondrement, en 1881-1882, du boom spéculatif immobilier dans les Prairies. Seuls 27 demandeurs sur 260 ratifient leurs contrats avec le gouvernement et la dernière des compagnies impliquées est liquidée en 1891. Après 1900, les compagnies de colonisation, travaillant sous les auspices des compagnies de chemin de fer ou du ministère de l'Immigration, connaissent un bien plus grand succès dans l'Ouest en raison de la venue massive de colons et d'une forte demande de terres, qui dure jusqu'à la Première Guerre mondiale. Mais la plupart des compagnies de colonisation du Canada ne font que vivoter : plusieurs sont demeurées inactives, tandis que d'autres sont victimes de conditions économiques ou politiques défavorables, de pertes successives de récoltes et d'une mauvaise communication avec les colons de leur territoire.


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