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Attractions de bord de route au Canada

La « grande escapade routière canadienne » constitue un rite de passage pour de nombreux Canadiens. Les attractions de bord de route offrent des haltes et des détours distrayants lors de longs trajets, et elles donnent aux visiteurs l’occasion d’acquérir des connaissances, de s’amuser et de découvrir l’hospitalité locale. Voici quelques attractions de bord de routes emblématiques du Canada.

M. PG (Prince George en Colombie-Britannique)

M. PG

Au croisement des routes 16 et 97 se dresse M. PG, un personnage souriant en bois rond, qui incarne l’industrie forestière de Prince George. L’original, en bois, est inauguré en 1960 lors de la convention du Rotary International. Au fil des ans, plusieurs versions de la mascotte voient le jour, dont une petite version en métal qui parcourt la Colombie-Britannique dans les années 1960 avant de disparaître mystérieusement. Elle est retrouvée plus d’une décennie plus tard dans un pub écossais, vêtue d’un kilt confectionné à partir de boîtes à biscuits. Elle revient en Colombie-Britannique pour faire partie de l’exposition en hommage à M. PG en 2019. La statue actuelle, faite de métal peint et de fibre de verre, mesure 8,14 mètres. M. PG est la marque de commerce de la ville de Prince George.

Pysanka de Vegreville (Vegreville en Alberta)

Pysanka de Vegreville

La pysanka de Vegreville est un œuf de Pâques ukrainien géant, mesurant environ 9,5 mètres de haut, 7,8 mètres de long et 5,5 mètres de large. Cette structure en aluminium est conçue pour tourner au gré du vent, à la manière d’une girouette. En 1973, la chambre de commerce de Vegreville veut marquer le centenaire de la GRC en érigeant un monument représentant la communauté, qui compte une importante population d’origine ukrainienne. C’est l’idée de Kay McKenzie, conseillère municipale, que la ville retient. Un comité dirigé par Ralph Gorrie et composé de George Chernenko, pour la conception architecturale, et de Paul M. Sembaliuk, pour l’étude conceptuelle et le graphisme, la reprend ensuite. Ce dernier soumet finalement le projet à Ron Resch, un informaticien de l’université de l’Utah. Ce spécialiste en modélisation mathématique pour la conception de structures aux formes libres consacre au projet beaucoup plus de temps et d’énergie que ce que prévoit le budget initial. Il se rend à Vegreville pour en achever la construction, qui a failli être abandonnée à plusieurs reprises, faute de financement ou en raison de la complexité de la conception qui pose un problème d’ingénierie majeur. Resch, exaspéré, est sur le point de démissionner lorsqu’un ami lui dit : « Tu ne peux PAS abandonner ce projet d’œuf! » Des entrepreneurs ont généreusement offert leur temps, leurs matériaux et leurs compétences. En 1975, après plusieurs reports, on inaugure enfin l’œuf, et il attire toujours les touristes dans la petite ville de Vegreville.

Plus grand bunnock au monde (Macklin en Saskatchewan)

Plus grand bunnock au monde

La ville de Macklin voue une véritable passion au jeu de bunnock, à un point tel qu’elle construit le plus grand bunnock au monde, qui mesure 9,75 mètres de haut. Le bunnock, c’est l’os de la cheville du cheval, mais c’est aussi un jeu de lancer d’os pour deux à huit joueurs. Deux rangées d’os sont disposées comme des quilles et chaque équipe tente de faire tomber la rangée de l’équipe adverse en utilisant des os et le moins de lancers possible. Ce jeu aurait été inventé par des immigrants d’origine allemande et russe au début des années 1900. Selon la légende, des soldats russes stationnés en Sibérie le mettent au point, car ils ne parviennent pas à enfoncer un piquet dans le sol gelé pour jouer au fer à cheval. À l’origine, on y joue avec de véritables os de cheval, mais on utilise maintenant des répliques. Le bunnock connaît aujourd’hui un grand succès à Macklin et dans les environs. Chaque année, en août, Macklin organise le tournoi des championnats du monde de Bunnock, auquel assistent jusqu’à 320 équipes de joueurs.

Gros cinq sous (Sudbury en Ontario)

Gros cinq cents

En 1963, lorsque la ville de Sudbury organise un concours d’idées pour célébrer son centenaire, le pompier Ted Szilva croit en détenir une brillante. Il propose de construire une pièce de cinq sous (nickel, en anglais) géante en hommage à l’industrie minière du nickel. La ville ayant d’autres projets, Ted Szilva décide de construire lui-même l’attraction, en récoltant les fonds nécessaires grâce à la vente de médaillons miniatures du monument. Comme la ville ne lui permet pas d’ériger la pièce géante à Sudbury même, il loue un terrain près de la ville pour le projet.

Terminé en 1964, le gros cinq sous est une réplique d’une pièce de 1951, avec l’effigie du roi George VI d’un côté et une raffinerie de nickel de l’autre. C’est la plus grosse pièce au monde, avec une hauteur de 9 mètres et un poids de 13 000 kilogrammes. En 1965, on ajoute la maquette d’une mine souterraine pour les visiteurs. Aujourd’hui, cette immense structure fait partie de Dynamic Earth, un centre des sciences qui propose des expériences immersives sur les sciences de la Terre et l’exploitation minière.

Plus gros homard au monde (Shediac au Nouveau-Brunswick)

Homard de Shédiac

La ville côtière acadienne de Shediac se targue d’être la « capitale mondiale du homard ». Son festival annuel du homard, qui existe depuis 1949, attire chaque été en juillet environ 30 000 visiteurs. En 1989, le club Rotary de Shediac souhaite rendre hommage à l’histoire de la pêche au homard de la ville en commandant la plus grande statue de homard au monde. L’œuvre, réalisée par l’artiste Winston Bronnum, mesure 11 mètres de long, 5 mètres de large et 5 mètres de haut. Le homard repose sur un piédestal en forme de rocher. Un pêcheur en cuissardes jaunes se tient entre ses pinces, le regard tourné vers l’extérieur, protégeant ses yeux du soleil. Malgré son surnom, ce n’est plus la plus grande statue de homard au monde; ce record appartient désormais à une sculpture érigée en 2015 dans la province du Hubei en Chine.

Forêt de panneaux indicateurs (Watson Lake au Yukon)

Forêt de panneaux indicateurs

En 1942, pendant la construction de la route de l’Alaska, le soldat Carl K. Lindley, du 341e Régiment du génie, se rétablit dans un poste de secours situé dans ce qui est aujourd’hui Watson Lake. On voit souvent dans les postes militaires de la région des panneaux indicateurs pointant vers les villes avoisinantes. Le soldat, qui a le mal du pays, répare le panneau du poste, puis en ajoute un autre qui pointe vers sa ville natale, Danville, dans l’Illinois. Les visiteurs commencent à ajouter le nom de leur ville natale, et la forêt de panneaux s’agrandit. On en compte maintenant près de 100 000. Les visiteurs peuvent apporter le leur ou en fabriquer un au centre d’interprétation. Un jour, le panneau d’origine, qui indique Danville, dans l’Illinois, disparaît. En 1992, lors des célébrations du 50e anniversaire, Carl Lindley et son épouse le remplace par un nouveau. On enterre aussi sur le site une capsule temporelle, qui sera ouverte en 2042. La forêt de panneaux indicateurs figure parmi les attractions en bord de route présentées sur une série de timbres émis par Société canadienne des postes en 2009.