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Trina McQueen

Catherine « Trina » Margaret McQueen (née Janitch), O.C., journaliste en radiotélédiffusion, productrice, cadre supérieure (née en 1943 à Belleville en Ontario). Trina McQueen a été une pionnière hautement respectée pour les femmes dans le domaine du journalisme de radiotélédiffusion canadien. Elle a été la première femme journaliste pour CFTO à Toronto, la première femme à animer l’émission W5 de CTV, et la première femme à travailler à la fois comme journaliste à l’écran pour l’émission The National de CBC et à en être la productrice exécutive. Trina McQueen a passé 25 ans à CBC, gravissant les échelons jusqu’au poste de vice-présidente de l’information télévisée, des affaires courantes et de CBC Newsworld. Elle est éventuellement devenue directrice de la programmation du réseau CBC Television. Elle est ensuite devenue la présidente fondatrice de Discovery Channel Canada en 1995 et présidente et chef de l’exploitation de CTV en 2001. Depuis sa retraite en 2002, elle a enseigné à la Schulich School of Business de l’Université York, elle a siégé aux conseils d’administration de nombreux organismes, et elle a été vice-présidente de TVO. Elle a été nommée Officière de l’Ordre du Canada, elle a reçu plusieurs prix pour l’ensemble de son œuvre, et elle a été intronisée dans de nombreux temples et panthéons de la renommée.

Jeunesse et éducation

Trina Janitch est l’aînée d’une famille de cinq enfants. Elle naît d’un père yougoslave, qui est ingénieur, et d’une mère tchèque. Elle grandit dans une famille de classe moyenne à Belleville en Ontario. Elle fréquente le Belleville Collegiate Institute and Vocational School, où elle est très active. Elle est meneuse de claques, présidente du club de théâtre et membre du conseil étudiant. Elle écrit également en tant que chroniqueuse pour le Belleville Intelligencer, le journal étudiant de l’école secondaire (tout comme Stevie Cameron, une autre pionnière du journalisme). « Cette expérience m’a incitée à étudier le journalisme à Carleton », déclare-t-elle plus tard. Elle obtient son baccalauréat en journalisme à l’Université Carleton et elle étudie ensuite à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) grâce à une bourse d’échange.

Début de carrière

Trina Janitch obtient son diplôme en 1964, et elle commence à travailler pour le Ottawa Journal. En 1966, elle est embauchée pour devenir l’une de deux présentateurs de la première saison de W5, une émission de journalisme d’enquête sur CTV. Parallèlement, elle est recrutée pour devenir la première femme journaliste de la chaine de télévision CFTO de Toronto.

En tant que première femme journaliste au Canada dans plusieurs domaines, elle doit surmonter un sexisme important. Elle raconte qu’au début de sa carrière, le directeur de la station CFTO veut la congédier car, selon lui, « les femmes n’ont pas l’autorité nécessaire pour présenter les bulletins d’actualités ».

Carrière à la CBC

En 1967, Trina McQueen est embauchée comme rédactrice pour le journal télévisé local de CBC TV à Toronto. En 1968, elle devient la première femme journaliste à apparaitre à l’écran à l’échelle nationale. Toutefois, elle se tourne rapidement vers la production de reportages plutôt que de les présenter elle-même. « Je n’ai jamais été totalement heureuse en tant que présentatrice à la caméra », se souvient-elle. « Je suis une personne plutôt introvertie et je n’aimais pas cet aspect public du reportage à l’écran. »

En 1976, à l’âge de 33 ans, Trina McQueen est nommée productrice exécutive de l’émission The National. Elle ajoute ensuite les émissions spéciales d’actualités à ses responsabilités. Elle est chargée d’embaucher des vedettes comme Knowlton Nash, Mike Duffy, Peter Mansbridge et Brian Stewart pour divers postes au sein de CBC News.

En 1980, Trina McQueen devient directrice de la programmation des émissions du réseau, et est ainsi chargée de l’ensemble de la programmation anglophone de CBC Television. Elle fait un retour au journalisme en 1988 en tant que directrice des nouvelles, des affaires courantes et de l’émission Newsworld (elle devient éventuellement vice-présidente), et elle supervise le lancement et le développement de l’émission CBC Newsworld. Elle introduit également la première série de documentaires indépendants à la CBC. Elle est responsable de la couverture des élections fédérales, de la crise constitutionnelle liée à l’Accord du lac Meech, du référendum de l’Accord de Charlottetown, de la fin de la guerre froide, et de la première guerre du Golfe.

À propos de sa couverture sur les luttes constitutionnelles du Canada dans les années 1980 et au début des années 1990, Trina McQueen affirme : « C’est très impressionnant de voir un peuple tenter de façonner son avenir de manière démocratique. Je suis une Canadienne passionnée et j’ai aimé être au plus près d’un pays qui cherchait à se définir, tout en tenant compte de la diversité et des spécificités, et tout en s’efforçant de rester uni. »

Carrière à CTV

En 1993, Trina McQueen se joint à Netstar Communications (alors JLL Broadcasting) afin de gérer sa demande d’un permis pour avoir la nouvelle chaine Discovery Channel au Canada. Une fois cette chaine approuvée en 1995, Trina McQueen devient présidente fondatrice de Discovery Channel au Canada.

En 1999, CTV, le plus grand télédiffuseur privé au Canada, acquiert Netstar Communications. Trina McQueen est plus tard nommée vice-présidente exécutive de CTV Inc. Elle devient présidente et directrice de l’exploitation lorsque Bell Canada Enterprises (BCE) achète CTV en 2001. (Voir aussi BCE Bids for CTV). Elle prend sa retraite de la radiotélédiffusion au mois d’août 2002.

Autres activités

Tout au long de sa carrière, Trina McQueen est très active dans l’industrie. Elle préside le conseil de la télévision de l’Association canadienne des radiodiffuseurs et celui de la Banff Television Foundation Board. Elle siège également aux conseils d’administration de Téléfilm Canada et du Fonds canadien de télévision. Son rapport pour le CRTC sur les émissions de fiction canadiennes mène à la mise en place de mesures incitatives réglementaires pour la production des fictions. Elle préside également le comité sectoriel qui met en place un système de classification pour la télévision canadienne.

Lorsqu’elle prend sa retraite de CTV, Trina McQueen devient professeure titulaire de la chaire Bell Media en gestion des médias et codirectrice du programme de gestion des arts, des médias et du divertissement à la Schulich School of Business de l’ Université York. Elle demeure également très sollicitée en tant qu’administratrice. Elle siège aux conseils d’administration de la CBC, de la Compagnie d’opéra canadienne, de l’Institut canadien des recherches avancées, de la Fondation pour le journalisme canadien, du Consortium canadien de recherche sur les médias, de Pen Canada, de l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision, et de Historica Canada (l’éditeur de L’Encyclopédie canadienne). Elle occupe également le poste de vice-présidente de TVO de 2016 à 2019.

(Voir aussi Journalisme; Programmation télévisuelle.)

Prix et distinctions

  • Intronisée, Canadian News Hall of Fame (2001)
  • Intronisée, Temple de la renommée de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (2002)
  • Prix Gemini pour l’ensemble de sa carrière, Académie canadienne du cinéma et de la télévision (2002)
  • Prix d’excellence pour l’ensemble de sa carrière, Fondation pour le journalisme canadien (2002)
  • Prix de la Femme de l’année, Association canadienne des femmes en communications (1997)
  • Prix A.D. Dunton, Université Carleton (1999)
  • Officière, Ordre du Canada (2005)
  • Intronisée, Playback’s Canadian Film and TV Hall of Fame (2008)
  • Prix d’excellence pour l’ensemble de sa carrière, Alberta Film Awards (2009)
  • Prix Crystal, Women in Film and Television (WIFT) Toronto (2014)
  • Intronisée, CBC News Hall of Fame (2018)
  • Intronisée, Radio Television Digital News Association (RTDNA) Canada Hall of Fame (2021)

Diplômes honorifiques