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Métis Nation-Saskatchewan

La Métis Nation-Saskatchewan (MN-S) est une organisation politique métisse autonome qui représente les intérêts des citoyens métis de la Saskatchewan. Sa structure de gouvernance comprend un conseil métis provincial, des représentants régionaux et des conseils communautaires locaux. Ils œuvrent tous à la défense des droits, de la culture et de l’autodétermination des Métis. La MN-S compte plus de 34 000 citoyens inscrits. Bien que les droits des Métis aient été reconnus constitutionnellement en 1982 en vertu de l’article 35 de la Constitution du Canada, la MN-S a officiellement adopté sa propre constitution le 3 décembre 1993.

Origines historiques

Collectivement, les Métis jouent un rôle déterminant dans la création du Canada. Les Métis de la Saskatchewan sont les descendants de familles de trappeurs et de chasseurs de la région de la rivière Rouge, ainsi que de commerçants de fourrures locaux. Ils sont également issus de mariages mixtes entre des membres des Premières Nations, des Européens et des Euro-Canadiens. Les familles de la rivière Rouge se sont installées en Saskatchewan après la Résistance de la rivière Rouge.

Batoche est un site historique pour les Métis en général, et pour les Métis de Saskatchewan Métis en particulier. Ce lieu de rassemblement culturel est situé près de l’actuelle ville de Prince Albert, au centre de la Saskatchewan. C’est aussi le site de la bataille de Batoche, le dernier affrontement d’un conflit qui a lieu en 1885 et qu’on appelle la Résistance du Nord-Ouest. Cette résistance a vu les chefs métis Louis Riel et Gabriel Dumont, ainsi que les Métis et les Premières Nations locaux, prendre les armes contre ce qu’on appelle alors le Dominion du Canada. Ils se battent pour le droit à la terre et l’autonomie gouvernementale.

« Nous avons quitté le Manitoba parce que nous n’étions plus libres et nous sommes venus ici, dans un pays encore sauvage, pour être libres. Et voilà qu’on veut encore nous ennuyer. »

Gabriel Dumont


Après la résistance du Nord-Ouest en 1885, la Police à cheval du Nord-Ouest (P.C.N.-O.) recourt aux lois contre le vagabondage pour restreindre les déplacements des peuples autochtones. Elle craint que ces derniers attaquent l’armée des États-Unis depuis le Canada ou que les peuples autochtones des deux côtés de la frontière forment une alliance. Bien que certaines familles métisses quittent Batoche après la résistance de 1885, beaucoup y reviennent par la suite. En 1915, cependant, de nombreux habitants de Batoche migrent vers le nord pour trouver un emploi.

Les collectivités métisses commencent à mettre sur pied des organisations politiques. Grâce à des organisations comme la Saskatchewan Métis Society, créée en 1937, les dirigeants et les collectivités s’emploient à faire reconnaître les droits des Métis. J.Z. LaRocque et d’autres travaillent à la création d’associations communautaires appelées « sections locales » s’inspirant des syndicats ouvriers. Une structure comparable est établie au Manitoba et en Alberta.

Drapeau métis

Les histoires orales des aînés métis témoignent d’une fierté discrète, mais tenace, envers leur héritage, en dépit de décennies de politiques assimilatrices. Dans les années 1960 en Saskatchewan et dans les Prairies, les Métis et leurs dirigeants redoublent d’efforts pour faire valoir leurs droits en tant que peuple.

En 1964, la nation métisse de la Saskatchewan fonde la Métis Society of Saskatchewan (aujourd’hui connue sous le nom de Métis Nation-Saskatchewan [MN-S]). Cette organisation se donne pour mission de défendre les droits et les intérêts des Métis vivant dans le sud et le centre de la province. En 1983, la MN-S, connue à l’époque sous le nom d’Association of Métis and Non-Status Indians of Saskatchewan, s’associe à d’autres groupes métis pour former le Ralliement national des Métis. Elle s’allie avec la Manitoba Métis Federation et à l’Otipemisiwak Métis Government, qui s’appelle à l’époque Métis Association of Alberta.

En 1993, la MN-S adopte une constitution qui l’établit comme entité autonome. En 2001, le gouvernement de la Saskatchewan adopte la Métis Act qui reconnaît les Métis comme une entité distincte plutôt que comme une organisation à but non lucratif fournissant des services.

Institutions culturelles et activités communautaires de la Métis Nation-Saskatchewan

La Métis Nation–Saskatchewan (MN-S) offre à ses membres des services culturels et sociaux. L’Institut Gabriel Dumont, sa branche éducative fondée en 1980, propose des programmes adaptés à la culture, des initiatives linguistiques en mitchif et une formation universitaire ancrée dans l’histoire et l’identité métisses.

Elle soutient également les Journées « Retour à Batoche », qui se déroulent près du site historique de la bataille. Ces journées permettent aux Métis de tout le pays de se rassembler pour célébrer la musique, les récits, le sport et la résilience culturelle.

La MN-S anime également des programmes linguistiques et culturels, dont un balado qui traite de l’enseignement du mitchif aux Métis vivant en milieu urbain. En 1997, la MN-S crée le Fonds de développement Clarence-Campeau qui offre un soutien financier aux entrepreneurs métis pour les aider à lancer et à faire croître leurs entreprises.

Problèmes contemporains

Aujourd’hui, la Métis Nation-Saskatchewan (MN-S) continue de faire face à plusieurs défis, notamment en matière de droits fonciers, d’éducation et de préservation culturelle. Bien que des décisions de la Cour suprême du Canada, comme l’affaire R. c. Powley (2003), l’affaire Manitoba Metis Federation Inc. c. Canada (2013) et l’affaire Daniels c. Canada (2016), aient confirmé les droits des Métis et les responsabilités du gouvernement fédéral, la voie vers l’autonomie gouvernementale se poursuit devant les tribunaux et par voie législative.

Dans le cadre de ces efforts, la Métis Nation-Saskatchewan travaille à la conclusion d’un traité moderne et d’une entente sur l’autonomie gouvernementale. Les aînés métis de la Saskatchewan ont baptisé les négociations du traité moderne « Kishchi Mashinaayikun Ooshchi Michif », ce qui signifie « le document sacré des Métis ».

Les efforts pour préserver et revitaliser la culture se poursuivent. Les initiatives linguistiques en mitchif, l’apprentissage axé sur le territoire et les rassemblements culturels comme les Journées « Retour à Batoche » visent à renforcer le savoir intergénérationnel et la fierté. Toutefois, l’héritage historique de l’assimilation, combiné aux pressions sociales et économiques persistantes, demeure une menace pour la continuité culturelle.

La MN-S fait partie du Ralliement national des Métis (RNM) jusqu’à son retrait en septembre 2024. Une partie de la résolution de retrait stipule que le RNM « a été de plus en plus utilisé à des fins de défense des droits incompatibles avec son mandat et sa vision initiaux, s’écartant ainsi de son rôle fondamental qui consiste à représenter les droits et l’autodétermination des Métis ». Outre les préoccupations entourant la démarche du RNM vers l’autonomie gouvernementale, la MN-S s’inquiète des pratiques d’adhésion de la Métis Nation of Ontario, déclarant : « la Métis Nation of Ontario (MNO) a accepté et continue de représenter un nombre important de personnes qui ne comptent pas parmi les Métis, et le RNM n’a pas réussi à assurer l’intégrité du registre de citoyenneté de la MNO ni à corriger ce problème persistant. »