Marilyn Buffalo, leader, éducatrice, militante, analyste des politiques relatives aux droits des Autochtones (née en 1950 à Maskwacis en Alberta). Marilyn Buffalo est membre de la Nation crie de Samson, et elle est devenue la première personne autochtone à être nommée conseillère en affaires autochtones à l’Université de l’Alberta. Elle a également été présidente de l’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC). Toute sa vie, Marilyn Buffalo s’est fortement impliquée dans la défense des droits des Autochtones, notamment par son travail au sein de la Commission de vérité et réconciliation (CVR) et par son engagement pour la défense des femmes et filles autochtones disparues et assassinées (FFADA). L’un de ses enfants est le planchiste professionnel Joe Buffalo.

Jeunesse et éducation
Marilyn Buffalo est Crie et elle est la petite-fille de John Tootoosis et la descendante de Yellow Mud Blanket, le frère du chef Pitikwahanapiwiyin (Poundmaker). Elle est également parente du tireur d’élite Henry Norwest, qui a combattu durant la Première Guerre mondiale. Elle naît à Hobbema en Alberta (maintenant Maskwacis), et elle est l’une des douze enfants de sa famille.
Selon ses propres mots, Marilyn Buffalo grandit « très pauvre, mais elle ne souffre jamais de la faim ». Elle vit dans une tente la plupart des étés et elle fait la cueillette de baies sauvages pendant que son père chasse le lapin et d’autres gibiers. Elle est très proche de son arrière-grand-mère, qui pratique la médecine traditionnelle crie et qui lui transmet de fortes valeurs, comme l’importance des femmes au sein de la société et de la culture cries. Dans une entrevue en 1977, elle raconte s’être cachée dans la cabane de sa grand-mère lorsque le prêtre du village est venu inscrire les enfants en âge d’aller à l’école.
Elle fréquente l’école à Hobbema jusqu’en neuvième année (3e du secondaire). Elle est ensuite envoyée dans un pensionnat indien à Drumheller en Alberta, pour y terminer ses études secondaires. Marilyn Buffalo déteste ce pensionnat, car il la sépare de sa mère et de sa grand-mère. Elle a grandi en parlant le cri, mais au pensionnat indien, elle est punie lorsqu’elle parle sa langue. Elle se souvient également que ses enseignantes se montrent méprisantes envers elle et la rabaissent souvent, lui disant qu’elle ne réussira jamais rien. Elle se sent souvent prisonnière à l’école. Finalement, elle décide que sa manière de s’échapper doit passer par sa propre éducation.
Marilyn Buffalo se souvient que les religieuses et les prêtres qui s’occupent de son éducation lorsqu’elle est enfant expriment du mépris envers les cultures autochtones, affirmant que seuls les païens participent à des événements comme la danse du soleil. Elle se souvient également que des jeunes autochtones sont forcés d’épouser des chrétiens, sans savoir ce qu’implique réellement un mariage autochtone.
Début de carrière dans le soutien à la jeunesse autochtone
Au début de sa carrière, Marilyn Buffalo travaille dans le centre-ville d’Edmonton auprès de jeunes autochtones, dont certains sont ses anciens camarades de classe. Elle trouve particulièrement difficile le fait de travailler avec des Autochtones qui sont aux prises avec des troubles liés à la consommation de substances. Bien qu’elle n’exerce ce travail que pendant quelques mois, elle considère cette expérience comme « ma propre université ».
À 25 ans, en novembre 1975, Marilyn Buffalo est nommée conseillère en matière de peuples autochtones à l’Université de l’Alberta, devenant ainsi la première personne autochtone au Canada à occuper un tel poste. Ses responsabilités consistent entre autres à assurer la liaison avec les étudiants autochtones sur le campus, à leur offrir de l’aide pour tout ce dont ils ont besoin, et à repérer les jeunes Autochtones qui souhaitent faire des études à l’université. Elle sert également de personne-ressource pour le corps professoral, les gouvernements des Premières Nations et les comités étudiants.
Ce poste mène éventuellement Marilyn Buffalo à jouer un rôle actif dans le développement de l’École d’études autochtones de l’Université de l’Alberta, ainsi que de ses services aux étudiants autochtones. Marilyn Buffalo est également la présidente fondatrice du comité des études autochtones du General Faculties Council Committee.
Association des femmes autochtones du Canada
De 1997 à 2000, Marilyn Buffalo est présidente de l’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC), un organisme voué au soutien du bien-être socioéconomique, politique et culturel des femmes autochtones au Canada. C’est durant cette période qu’elle rejette une déclaration de réconciliation présentée par Jane Stewart, alors ministre des Affaires indiennes. Cette déclaration est présentée dans le cadre du début de la reconnaissance des effets destructeurs du système des pensionnats indiens et des conséquences négatives plus vastes de la politique du gouvernement fédéral envers les peuples autochtones du Canada depuis avant la Confédération. L’argument de Marilyn Buffalo est que cette déclaration ne répond pas aux critères d’excuses officielles. À cette époque, elle est citée comme ayant déclaré : « Avec cette réponse, le gouvernement fédéral insulte les peuples autochtones. » La déclaration est également critiquée par des organismes métis et inuits.
Également durant sa présidence, Marilyn Buffalo négocie un accord avec Développement des ressources humaines Canada, qui permet un financement de 15 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir des initiatives d’emploi et de formation pour les femmes autochtones.
Carrière ultérieure et défense continue
En 2000, Marilyn Buffalo se présente à la direction de l’Assemblée des Premières Nations (APN) dans l’espoir de devenir la première femme à diriger cet organisme. Auparavant, elle a occupé le poste de conseillère en politiques au sein de l’APN.
Bien qu’elle ne soit pas élue chef nationale de l’APN, Marilyn Buffalo poursuit néanmoins son engagement envers les peuples autochtones. De 2000 à 2005, elle est conseillère principale en politiques auprès de la Nation crie de Samson à Ottawa. Parallèlement, elle apporte son soutien en matière de communications et de politiques à l’équipe juridique impliquée dans l’affaire historique Victor Buffalo c. la Reine, un procès qui porte sur la violation de confiance et des droits issus des traités.
À la fin des années 2010, Marilyn Buffalo est membre du Cercle des femmes autochtones, un organisme consultatif du gouvernement fédéral chargé des questions relatives aux femmes autochtones.
En 2018, Marilyn Buffalo est congédiée de son poste de conseillère principale chargée des initiatives autochtones du bureau du vice-recteur de l’Université de l’Alberta. Son contrat a été renouvelé pour une période de deux ans moins d’un mois avant son congédiement. Elle occupe ce poste depuis décembre 2016. L’université justifie ce soudain congédiement en invoquant des divergences d’approche concernant la question de la réconciliation.
Marilyn Buffalo est directrice générale de l’Institut Nechi, un organisme qui forme 15 000 intervenants en toxicomanie. En 2022, elle fait valoir que les églises chrétiennes qui ont été impliquées dans les pensionnats autochtones devraient mettre leurs bâtiments d’églises vacants à la disposition d’organismes autochtones. À cette époque, l’Institut Nechi a été expulsé par le gouvernement de l’Alberta. C’était la deuxième fois que le gouvernement du Parti conservateur uni de l’Alberta expulse l’Institut Nechi d’un bâtiment où des intervenants sont formés.