De 1775 à 1783, la Révolution américaine fait rage. Des milliers de Noirs se rallient à la cause britannique. On les appelle les loyalistes noirs. Certains sont des gens libres, d’autres d’anciens esclaves. Ils espèrent que leur engagement aux côtés des Britanniques leur apportera la liberté et des terres. Lorsque la guerre se termine en 1783, les Britanniques sont vaincus. De nombreux partisans, y compris des loyalistes noirs, sont contraints de quitter les États-Unis nouvellement formés. Certains gagnent l’Europe, les Caraïbes ou l’Amérique du Nord britannique, notamment la Nouvelle-Écosse. De 1783 à 1785, plus de 3 000 loyalistes noirs s’installent en Nouvelle-Écosse. Ils y font cependant face au racisme, à des emplois mal rémunérés et à des promesses non tenues.
Cet article est un résumé en langage simple sur les loyalistes noirs en Amérique du Nord britannique. Si vous souhaitez approfondir le sujet, veuillez consulter l’article intégral, intitulé Loyalistes noirs en Amérique du Nord britannique.

Termes clés
Esclavage ― Pratique consistant à maintenir des personnes en état d’asservissement. Ces personnes appelées esclaves sont traitées comme des biens ou des marchandises, et peuvent être achetées ou vendues.
Lien par contrat ― Situation d’une personne qui est tenue de continuer à travailler pour quelqu’un, ne pouvant pas quitter son emploi avant la fin du contrat.
Révolution américaine
Au 18e siècle, l’esclavage est répandu dans les colonies américaines de la Grande-Bretagne. (Voir Esclavage des personnes noires au Canada (résumé en langage simple).
Éventuellement, les colons américains souhaitent accroître leur autonomie par rapport à la Grande-Bretagne, ce qui entraîne la Révolution américaine. (Voir aussi La Révolution américaine et le Canada.)
En 1775, les Britanniques perdent le contrôle de la Virginie. Le gouverneur, lord Dunmore, promet la liberté aux hommes réduits en esclavage ou liés par contrat, à condition qu’ils s’engagent dans l’armée britannique. Environ 800 Noirs s’enrôlent, mais beaucoup d’autres tentent également de le faire.
Plus tard, en 1779, le commandant britannique sir Henry Clinton fait une autre promesse. Il promet « la liberté et une ferme » à tout Noir qui quitte le camp américain pour rejoindre les Britanniques. Des milliers le font. Mais à la fin de la guerre, c’est près de 100 000 personnes réduites en esclavage qui cherchent refuge auprès des Britanniques.
Certains esclaves s’engagent dans des unités spécialisées, mais la plupart travaillent dans des rôles de soutien, tels que le creusement de tranchées ou la fabrication de chaussures. À mesure que la guerre avance, de plus en plus d’hommes noirs reçoivent des armes et partent au combat.
Après la guerre, ceux qui avaient combattu aux côtés des Britanniques avant le 30 novembre 1782 devaient être affranchis. Leur nom figure dans un registre intitulé The Book of Negroes. Munis de la preuve de leur liberté, plusieurs gagnent la Nouvelle-Écosse pour y commencer une nouvelle vie. D’autres sont réinstallés en Floride, dans les Caraïbes et dans d’autres régions de l’Amérique du Nord britannique.
Lors du départ des Britanniques, certains Noirs sont laissés pour compte. Quelques-uns sont rattrapés et réduits en esclavage une fois de plus.
De plus, de nombreux loyalistes blancs s’enfuient avec leurs esclaves.
Établissement en Nouvelle-Écosse
En 1783, environ 3 000 loyalistes noirs quittent l’État de New York pour la Nouvelle-Écosse. Certaines sont des personnes libres. D’autres sont liées par contrat ou sont encore des esclaves, voyageant avec leurs propriétaires loyalistes blancs. Plus de 1200 esclaves accompagnent leurs maîtres.
Les loyalistes noirs s’établissent dans des localités telles que Shelburne, Birchtown, Annapolis Royal, Preston et Digby. Birchtown devient alors l’une des plus grandes communautés noires en dehors de l’Afrique. Cependant, la vie y est ardue. Les promesses de terres et d’égalité sont souvent bafouées. Beaucoup occupent des emplois mal rémunérés ou souffrent de la faim. Ils font également l’objet de ségrégation raciale.

Défis et combats
Les loyalistes noirs, à qui les Britanniques ont promis des terres, font face à de nombreux défis. Ils en reçoivent souvent moins que les loyalistes blancs, ou doivent attendre pendant des années. À Birchtown, les premières concessions foncières accordées aux Noirs ne leur sont attribuées que quatre ans après leur arrivée. De plus, les terres que les Noirs reçoivent sont bien plus petites que celles données aux Blancs.
En 1792, de nombreux loyalistes noirs partent pour la Sierra Leone, espérant une vie meilleure. Ceux qui y restent continuent à développer leur communauté. Le racisme anti-Noirs est répandu. En 1784, les émeutes raciales de Shelburne éclatent. Des loyalistes blancs, furieux du manque d’emplois et de terres, détruisent les propriétés des Noirs.
Vie religieuse
La religion revêt une grande importance pour les loyalistes noirs. Ils construisent leurs propres écoles et églises. Ils bâtissent des communautés fortes.
Des figures comme William Furmage, William Ash, Moses Wilkinson, Boston King et David George contribuent à guider ces communautés. David George introduit l’église baptiste dans de nombreuses villes de Nouvelle-Écosse. Il est lui-même un ancien esclave.
La religion leur apporte espoir et réconfort dans les moments difficiles.
Loyalistes noirs du Haut-Canada
La plupart des loyalistes noirs gagnent la Nouvelle-Écosse. Cependant, un grand nombre s’établissent dans ce qui allait devenir le Haut-Canada, aujourd’hui l’Ontario. Parmi eux, on compte des personnes libres et d’autres qui vivent toujours en état d’esclavage.
Parmi les figures notables, on compte Richard Pierpoint. Il obtient sa liberté en combattant aux côtés des Britanniques. Il s’installe ensuite dans la région du Niagara, où il reçoit des terres.

Les loyalistes noirs du Haut-Canada soutiennent également les Britanniques lors de conflits ultérieurs, comme la guerre de 1812. (Voir Le Coloured Corps : les Afro-Canadiens et la guerre de 1812.)
Héritage des loyalistes noirs en Amérique du Nord britannique
Partout où ils s’installent, les loyalistes noirs font face à des difficultés. (Voir Racisme anti-Noirs.)
En Nouvelle-Écosse, on leur attribue des terres, mais sans leur en délivrer les titres fonciers. Il leur est donc difficile de transmettre leurs biens à leurs enfants. En 2017, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse commence à aider les familles noires à obtenir des titres fonciers.
Aujourd’hui, des lieux comme le Black Loyalist Heritage Centre et une pièce commémorative de la Monnaie royale canadienne rendent hommage à leur héritage. L’histoire des loyalistes noirs en est une de courage, de lutte et d’influence durable sur l’histoire du Canada.