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Steven Galloway

Steven Galloway, romancier, professeur (né le 13 juillet 1975 à Vancouver en Colombie-Britannique). Steven Galloway est largement connu pour son livre au succès international The Cellist of Sarajevo (trad. Le violoncelliste de Sarajevo). Il est également connu pour la controverse entourant son congédiement en 2016 en tant que directeur du programme de création littéraire à l’Université de Colombie-Britannique. Steven Galloway a été accusé de harcèlement sexuel et d’agression sexuelle par une ancienne étudiante avec laquelle il a eu une liaison consentie. Une enquête menée en 2016 n’a pas permis de corroborer les allégations d’agression sexuelle portées contre Steven Galloway. En 2018, ce dernier a poursuivi la plaignante et plus de 20 autres personnes pour diffamation. Leurs appels ont été rejetés en 2024. L’affaire sera portée devant les tribunaux, mais la date du procès n’a pas encore été fixée.

Éducation et vie personnelle

Steven Galloway grandit à Kamloops en Colombie-Britannique. Il étudie en création littéraire à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), où il enseigne ensuite cette discipline pendant plusieurs années. Il enseigne également à l’ Université Simon Fraser. Il est divorcé de sa première femme, avec qui il a deux filles. Il se remarie en 2018.

Débuts de carrière

Le premier roman de Steven Galloway, Finnie Walsh (2000), traite de la passion pour le hockey et de la manière dont deux garçons nouent un lien qui les aide à surmonter les tragédies et les épreuves de la vie. Le style des premières influences de Steven Galloway, soit Farley Mowat et John Irving, est évident dans ce roman puissant et captivant. Le livre Finnie Walsh est en nomination pour le prix Amazon.ca/Books in Canada First Novel.

Ascension (2003; trad. Le soldat de verre), le deuxième roman de Steven Galloway, nous plonge dans un univers complètement différent de son premier ouvrage. Il suit la vie d’un homme qui, à 66 ans, décide de marcher le long d’un câble tendu entre les tours jumelles du World Trade Center à New York. Le livre Ascension retrace sa vie jusqu’à cette décision. Il explore la souffrance, le rejet et la quête d’un endroit à l’abri des soupçons et des calamités. Le roman est en nomination pour le prix Ethel Wilson Fiction de BC Book Prizes. Depuis, il est traduit dans plusieurs langues.


The Cellist of Sarajevo

The Cellist of Sarajevo (2008; trad. Le violoncelliste de Sarajevo) est le troisième roman de Steven Galloway. L’histoire se déroule durant le siège de Sarajevo au milieu des années 1990, et il explore les dilemmes auxquels font face des gens ordinaires pris dans cette crise. Le titre fait référence à l’histoire vraie de Vedran Smailović, un violoncelliste qui a joué pendant vingt-deux jours en pleine vue sous le regard de tireurs d’élite afin d’honorer les personnes qui mouraient autour de lui. Le roman examine la douceur qu’on peut trouver dans l’humanité ainsi que le pouvoir durable et guérissant de l’art. Le livre devient un livre à succès international dont les droits sont vendus dans trente pays. Il est en nomination pour le prix International IMPAC Dublin Literary, et il remporte le prix Evergreen de 2009.

The Cellist of Sarajevo suscite une certaine controverse lorsque Vedran Smailović demande une reconnaissance pour sa présence dans le roman. Plusieurs critiquent Steven Galloway, qui est né au Canada, d’appropriation de la voix. Steven Galloway affirme qu’il a utilisé le pouvoir de l’imagination pour se placer dans la vie d’une autre personne, afin d’explorer une variété de sujets, de thèmes et de contextes culturels.

The Confabulist (2014)

Sélectionné pour le Rogers Writers’ Trust Fiction Prize, The Confabulist (2014) est l’histoire d’un vieil homme nommé Martin Strauss qui croit avoir tué Harry Houdini. Le point de vue du roman alterne entre celui de Martin Strauss et celui de Harry Houdini jusqu’à leur rencontre à Montréal en 1926. Bien que l’histoire soit en partie basée sur des faits réels, il devient de plus en plus évident au fil du récit que le narrateur lui-même n’est pas fiable.

Congédiement de l’Université de Colombie-Britannique

En 2014, Steven Galloway devient directeur du prestigieux département de création littéraire de l’Université de Colombie-Britannique. Durant l’automne 2015, l’administration l’informe qu’il est relevé de ses fonctions et placé en congé payé pendant qu’une enquête est menée sur de graves allégations d’agression sexuelle et d’intimidation. En décembre 2015, l’ancienne juge de la Cour suprême de la Colombie-Britannique, Mary Ellen Boyd, est chargée de mener une enquête indépendante.

Le rapport officiel de Mary Ellen Boyd est remis au Dr Gage Averill, doyen de la faculté des arts de l’UBC, le 25 avril 2016. Mary Ellen Boyd conclut que les allégations d’agression sexuelle contre Steven Galloway ne peuvent être corroborées. Elle constate également que Steven Galloway a entretenu une liaison pendant deux ans avec l’étudiante qui l’accuse d’agression, et que cette liaison est inappropriée et constitue donc du harcèlement sexuel. Elle conclut que Steven Galloway a formulé des « commentaires et des avances sexuels de plus en plus inappropriés » à l’égard de la plaignante pendant plusieurs mois. Steven Galloway reconnaît cette liaison et s’en excuse. (Lui et la plaignante, plus âgée que Steven Galloway, étaient mariés à l’époque.) Le 22 juin 2016, l’UBC annonce le congédiement de Steven Galloway pour « abus de confiance irréparable » et « antécédents d’inconduite ».

Les responsables de l’UBC sont largement critiqués pour la façon dont ils gèrent l’affaire. (Marsha Lederman, du Globe and Mail, qualifie la situation de « désastre absolu ».) Steven Galloway et la plaignante critiquent tous deux les actions de l’UBC et ils déclarent tous deux avoir eu des pensées suicidaires en raison des répercussions publiques de l’affaire.

Le 26 septembre 2016, Madeleine Thien, titulaire d’un baccalauréat ès arts et d’une maîtrise en beaux-arts de l’UBC, envoie une lettre au président, Santa J. Ono, aux coprésidentes du programme de création littéraire, Annabel Lyon et Linda Svendsen, et à Gage Averill. Elle leur demande que toutes les références à son sujet soient supprimées de tous les documents liés à l’université. Elle critique l’université pour ne pas avoir impliqué la police dans l’enquête. (Aucun rapport de police n’a été déposé et aucune accusation n’a jamais été portée contre Steven Galloway.) Elle déclare qu’elle ne veut pas être associée à une institution qui ruine la carrière et la réputation d’un de ses professeurs sur la base d’allégations non fondées afin de protéger sa propre réputation.

Université de la Colombie-Britannique

Le monde de la littérature canadienne est divisé

En novembre 2016, 79 membres du milieu littéraire canadien signent une lettre ouverte critiquant la manière dont l’UBC a géré cette affaire. La lettre demande une enquête indépendante sur le congédiement de Steven Galloway par l’UBC et le respect d’une procédure régulière. La lettre est rédigée et diffusée par Joseph Boyden, et elle est signée par Margaret Atwood, Michael Ondaatje et Yann Martel, entre autres.

La lettre, intitulée « UBC Accountable », suscite une importante controverse. De nombreux observateurs expriment leur inquiétude quant au fait qu’elle pourrait avoir un effet dissuasif et faire en sorte que les personnes victimes d’abus ou d’agressions ne les signalent pas. D’anciens élèves de Steven Galloway s’avancent et parlent à la Presse canadienne, rapportant certains comportements de Steven Galloway dont ils ont été témoins ou victimes. Ces comportements comprennent du harcèlement, de l’intimidation et un incident où Steven Galloway aurait giflé un étudiant dans un bar. (Steven Galloway soutient que la gifle en question était l’aboutissement d’une plaisanterie de longue date entre lui et l’étudiant, blague qui avait commencé lorsque l’élève l’avait giflé, et que cette blague « ne constituait pas un acte de violence ».)

Treize écrivains, dont Miriam Toews, Camilla Gibb et George Murray, retirent par la suite leur nom de la lettre. Seize autres, dont David Cronenberg, Ken McGoogan et Jack Hodgins, y ajoutent leur nom. Une contre-lettre ouverte critiquant la lettre « UBC Accountable » circule également parmi les spécialistes littéraires et les travailleurs culturels canadiens. La lettre rassemble 613 signatures.

Yann Martel réagit à la controverse en affirmant qu’il aurait formulé la lettre différemment, mais qu’il l’a signée pour soutenir son appel à un processus plus équitable tant pour les accusateurs que pour les accusés. « Je n’ai PAS signé cette lettre pour défendre un homme blanc autonome », déclare Yann Martel au Toronto Star. « Je ne l’ai PAS signée pour réduire les jeunes femmes au silence, ni qui que ce soit d’autre. Avec un processus de règlement des griefs clair, chacun devrait avoir la certitude que sa voix sera entendue. »

Marsha Lederman, du Globe and Mail, rapporte en 2024 que l’affaire Steven Galloway a créé une fracture quasi irréparable au sein de la communauté littéraire canadienne. « Il y a eu tellement de ruptures », déclare-t-elle dans le balado The Decibel. « Il y a des personnes qui ne se parlent toujours pas à cause de cette affaire, et de manière très acrimonieuse… Cela a réellement été période terrible pour de nombreuses personnes, mais également pour la littérature canadienne en général. »

Conséquences

En octobre 2018, Steven Galloway intente une poursuite en diffamation contre sa principale plaignante et contre plus de 20 personnes qui, selon lui, ont « répété de manière imprudente » de fausses allégations contre lui. Un juge de la Cour suprême de la Colombie-Britannique autorise Steven Galloway à consulter les courriels échangés entre la plaignante principale et les autorités de l’Université de la Colombie-Britannique. La plaignante conteste cette décision. Mais la décision est confirmée par la Cour d’appel de la Colombie-Britannique et la Cour suprême du Canada. La plaignante, qui est identifiée uniquement sous le nom de A.B. en raison d’une interdiction de publication accordée en mars 2019, et deux autres personnes demandent également le rejet de la poursuite, la qualifiant de procès stratégique contre la participation publique. Entre-temps, Steven Galloway se voit accorder plus de 200 000 $ en dommages-intérêts par un arbitre en droit du travail qui statue que l’UBC a violé ses droits à la vie privée en publiant les allégations portées contre lui.

Le 2 décembre 2021, la juge Elaine Adair de la Cour suprême de la Colombie-Britannique rejette l’objection de la poursuite-bâillon et statue que la poursuite en diffamation de Steven Galloway peut se poursuivre. La plaignante fait appel de cette décision, mais celle-ci est confirmée à l’unanimité par la Cour d’appel de la Colombie-Britannique en janvier 2024. L’affaire est portée en appel devant la Cour suprême du Canada, qui rejette l’appel le 10 octobre 2024 et accorde les frais à Steven Galloway. La poursuite en diffamation de Steven Galloway se poursuit donc, mais la date du procès n’est pas encore fixée.