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Edith Monture

Charlotte Edith Anderson Monture (également connue sous le nom d’Edith Monture), ancienne combattante kanyen’kehà:ka (mohawk) de la Première Guerre mondiale, infirmière diplômée (née le 10 avril 1890 sur la réserve des Six Nations, près de Brantford en Ontario; décédée le 3 avril 1996 à Ohsweken en Ontario). Edith Monture a été la première femme autochtone à devenir infirmière diplômée au Canada et à obtenir le droit de vote aux élections fédérales. Elle a également été la première femme autochtone du Canada à servir dans l’armée américaine. Edith Monture a brisé les barrières pour les femmes autochtones dans les forces armées ainsi qu’en matière de droit de vote fédéral. Une rue et un parc (la Edith Monture Avenue et le Edith Monture Park) ont été nommés en son honneur à Brantford en Ontario. En 2025, Edith Monture a été désignée personne historique nationale par le gouvernement du Canada.

Charlotte Edith Anderson Monture

Jeunesse et éducation

Edith Monture naît et grandit sur la réserve des Six Nations à Ohsweken, près de Brantford en Ontario. Elle est de descendance kanyen’kehà:ka (mohawk), et elle est la cadette d’une famille de huit enfants (voir aussi Haudenosaunee). Elle fréquente l’externat situé sur la réserve et obtient son diplôme d’études secondaires au Brantford Collegiate Institute. Elle est considérée comme une élève douée. À l’époque, il est rare qu’une femme canadienne, autochtone ou autre, termine ses études secondaires.

Au début de la vingtaine, Edith Monture n’arrive pas à être admise dans aucune école de soins infirmiers en Ontario. La plupart des programmes de soins infirmiers canadiens excluent les femmes autochtones; la Loi sur les Indiens fédérale constitue un obstacle à l’accès à une éducation supérieure pour les Autochtones (voir aussi Émancipation). Conséquemment, Edith Monture se tourne vers les États-Unis, où elle est acceptée à la New Rochelle Nursing School à New York. En 1914, elle termine première de sa classe et devient ainsi la première infirmière autochtone diplômée du Canada.

Carrière d’infirmière militaire

Avant que les États-Unis s’engagent dans la Première Guerre mondiale en 1917, Edith Monture travaille comme infirmière dans une école privée à New Rochelle à New York. À 27 ans, elle se porte volontaire pour se joindre au United States Army Nurse Corps avec 14 autres infirmières canadiennes. Elle est l’une des rares femmes autochtones qui servent outre-mer dans ce service.

Avant de partir pour la France, Edith Monture retourne sur sa réserve des Six Nations. On raconte qu’elle y reçoit des vêtements cérémoniaux kanyen’kehà:ka (mohawks) dont son corps doit être vêtu si elle meurt à l’étranger. Sa communauté ne s’attend pas à la voir revenir, car de nombreuses personnes meurent à la guerre.

Pendant plus d’un an, Edith Monture travaille comme infirmière à l’hôpital de la base 23 à Vittel en France, et elle soigne les soldats qui sont blessés dans des attaques au gaz ou dans les combats de tranchées. Parfois, elle sert dans d’autres centres médicaux en France et elle parcourt les champs de bataille à la recherche de blessés. Son travail est à la fois épuisant sur le plan émotif et exténuant sur le plan physique.

Dans son journal, elle décrit ses quarts de travail de 14 heures et son chagrin après le décès d’un de ses patients préférés, Earl King, qui la considère comme sa grande sœur. On s’attend à ce que ce soldat de 20 ans, qui a été atteint d’une balle dans le cou, se rétablisse, mais une hémorragie survient tôt un matin, et il meurt quatre heures plus tard. Edith Monture écrit : « Mon cœur était brisé. J’ai pleuré presque toute la journée et j’ai été incapable de dormir. »

L’infirmière, accablée par le deuil, écrit à la mère d’Earl King aux États-Unis, lui disant qu’elle était aux côtés de son fils lorsqu’il est décédé. Après la guerre, Edith Monture retourne sur sa réserve. Les parents d’Earl King la contactent et l’invitent à les visiter en Iowa, ce qu’elle fait. Plus tard, après que les parents du jeune homme soient allés à Vittel, ils visitent Edith Monture chez elle sur leur chemin de retour en Amérique.

En 1983, un journaliste du Grand River Sachem, un journal local de la région d’Edith Monture, interview cette ancienne combattante alors qu’elle a 93 ans. Elle évoque le choc qu’elle a ressenti lors du décès d’Earl King et elle décrit ses expériences d’infirmière en temps de guerre : « Nous marchions là où les combats avaient eu lieu. C’était une vision terrible; des immeubles en ruine, des arbres calcinés, des obus vides partout, des villes entières détruites par les explosions. »

Droit de vote

Edith Monture devient la première femme ayant le statut d’Indienne et la première membre d’une bande à obtenir le droit de vote à des élections fédérales canadiennes. La Loi du service militaire (1917) accorde aux infirmières le droit de voter en temps de guerre. Toutefois, les femmes autochtones dans l’ensemble ne peuvent pas voter légalement au niveau fédéral avant 1960. (Voir aussi Les femmes autochtones et le droit de vote.)

Carrière d’infirmière d’après-guerre

Après la Première Guerre mondiale, Edith Monture continue de militer pour l’amélioration des soins de santé pour les Autochtones et en 1939, elle est élue présidente honoraire de la Croix-Rouge d’Ohsweken. À l’hôpital de la réserve, elle travaille comme infirmière et sage-femme de manière occasionnelle jusqu’en 1955, à l’âge de 65 ans. (Voir aussi Santé des Autochtones au Canada.)

Vie personnelle

Edith Monture retourne sur sa réserve après la Première Guerre mondiale et elle épouse Claybran Monture. Le couple a quatre enfants; Bud, Helen, Ron et Don. Un cinquième enfant, Gilbert, meurt en bas âge en 1929.

Décès

Edith Monture meurt sur la réserve des Six Nations en 1996, une semaine avant son 106e anniversaire. Elle a 14 petits-enfants et de nombreux arrière-petits-enfants. Elle est enterrée au St. John’s Anglican Cemetery sur la réserve.