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Yoshua Bengio

Yoshua Bengio, O.C., O.Q., MSRC, MSR, informaticien, entrepreneur, chercheur, professeur (né le 5 mars 1964 à Paris, en France). Il devient mordu de technologie dès l’enfance et s’investit dans le monde fascinant de l’intelligence artificielle (IA) dès ses études postsecondaires. C’est un chercheur qui a développé plusieurs cellules de recherches scientifiques, d’implémentation et de commercialisation centrée sur l’intelligence artificielle. Depuis 2023, il met un point d’honneur à baliser l’IA pour que son développement soit responsable et durable, et qu’elle soit au service de l’humanité.

Yoshua Bengio, informaticien, v. 2019.

Jeunesse et famille

Les parents de Yoshua Bengio sont des juifs d’origines marocaines. Yoshua Bengio a 12 ans en 1977 quand sa famille s’installe outre-Atlantique à Montréal. (Voir aussi : Communauté juive au Canada; Communauté marocaine au Canada.)

À l’adolescence, Yoshua Bengio et son petit frère, Samy Bengio, sont fascinés par la révolution informatique marquée par l’essor des ordinateurs personnels désormais vendus au grand public. Ils économisent l’argent qu’ils gagnent comme livreurs de journaux pour s’offrir un ordinateur Apple II et une console de jeu Atari 800. Ils aiguisent aussi leur passion pour la programmation informatique en concevant un logiciel d’effets visuels destiné aux installations artistiques de leurs parents.

Formation

Yoshua Bengio étudie d’abord à l’Université McGill. Il y obtient un baccalauréat en génie informatique en 1986, suivi d’une maitrise en informatique en 1988, et d’un doctorat dans le même domaine en 1991. Une bourse du gouvernement en poche, il emprunte la trajectoire scientifique influencée des travaux de son mentor, le « parrain de l’IA », Geoffrey E. Hinton.

Il consacre à ce titre sa thèse de doctorat à l’apprentissage profond, où il analyse le réseau de neurones artificiels, soit le fonctionnement du système nerveux et du cerveau humain pour l’imiter à partir d’algorithmes en IA.

Yoshua Bengio solidifie son expertise scientifique en travaillant sur l’apprentissage statistique et les données séquentielles dans le cadre d’un postdoctorat d’une année sous la supervision de Michael I. Jordan, professeur au département des sciences du cerveau et des sciences cognitives au prestigieux Institut de technologie du Massachusetts (MIT), à Boston aux États-Unis.

L’année suivante, en 1993, il approfondit ses réflexions et explore l’apprentissage et les algorithmes de vision à AT&T Bell Laboratories (aujourd’hui appelés Bell Labs) à Holmdel dans le New Jersey. La même année, il intègre à titre de professeur adjoint le département d'informatique et de recherche opérationnelle de la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal. Il est professeur agrégé en 1997 et professeur titulaire en 2002.

Le développement de l’IA

Entre les années 1980 et 1990, l’IA traverse un passage à vide, nommé « l’hiver de l’IA », marqué par un désinvestissement et une indifférence pour la recherche dans le domaine. Cela n’empêche pas Yoshua Bengio de cofonder en 1993, avec des collègues et son frère, le Laboratoire d’informatique des systèmes adaptatifs. En 2017, l’IA a le vent en poupe et l’équipe s’agrandit pour devenir l’Institut québécois de l’intelligence artificielle, mieux connu sous l’acronyme Mila (anciennement Montreal Institute for Learning Algorithms).

Mila

L’équipe de Mila, le 17 juin 2019.

L’institut est un centre de recherche scientifique interuniversitaire centré sur l’apprentissage automatique où collaborent l’Université de Montréal, l’Université McGill, Polytechnique Montréal et HEC Montréal. En 2025, près de 200 scientifiques enseignants et 1 200 personnes à la recherche scientifique et étudiante ont mis leur expertise à contribution au sein de Mila. Les champs d’intervention multidisciplinaires agissent pour « une utilisation éthique et responsable » de l’IA en santé, écologie, énergie, finances, robotisation, sciences sociales, etc.

À partir de 2024 à 2025, plus de 700 articles scientifiques ont été publiés grâce au soutien financier de plusieurs millions de dollars depuis sa création. Les gouvernements fédéral et provincial ainsi que des fonds privés, notamment Microsoft, Google DeepMind et Thomson Reuters figurent parmi les bailleurs de fonds.

Yoshua Bengio a occupé le rôle de directeur scientifique jusqu’au printemps de 2025. Il fait toujours partie de la direction, mais à titre de conseiller scientifique. L’informaticien professeur à l’Université de Montréal, Hugo Larochelle, assure la direction scientifique de Mila.

L’institut compte plus de 50 chaires en IA Canada-CIFAR, un organisme de recherche mondial constitué de personnes chercheures originaires d’une quarantaine de pays. Yoshua Bengio a joint CIFAR en 2019. Il est responsable de son comité consultatif et titulaire de la chaire en IA Canada-CIFAR.

IVADO

L’Institut de valorisation des données (IVADO) est un consortium de centres de recherches en intelligence artificielle, dont fait partie Mila. Yoshua Bengio est le directeur scientifique de cette entité établie en 2016, dirigée par l’Université de Montréal. IVADO ne forme pas de scientifiques. Sa vocation est économique; à titre de liaison, il fait le pont avec le monde non scientifique et, par l’entremise de ses experts, il déploie l’IA dans des secteurs clés aussi bien industriels, gouvernementaux que du secteur public.

Partenariats gouvernementaux

Yoshua Bengio contribue à l’élaboration des principes éthiques, et à la supervision technologique de l’IA réunie dans La Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l'intelligence artificielle, pilotée par l’Université de Montréal depuis sa création en 2017.

En 2019, le gouvernement canadien crée un Conseil consultatif en matière d’intelligence artificielle. Ce groupe d’experts composé de chercheurs, d’universitaires et de personnes du milieu des affaires, sous la coprésidence de Yoshua Bengio, conseille le gouvernement en matière d’investissements économiques afin de protéger les intérêts et les droits des Canadiens.

Les risques de l’IA

Depuis 2023, Yoshua Bengio a une vision alarmiste de l’IA; plus largement, il craint l’émergence d’une IA potentiellement non réglementée et nuisible conçue par des compagnies de technologie privées et lucratives comme ChatGPT. Il devient la même année membre du Conseil scientifique consultatif de l’ONU pour les percées de la science et de la technologie et contribue au Rapport international sur la sécurité de l’IA (en 2025 et 2026).

Face aux risques posés par l’IA générative, il fonde LoiZéro en 2025, une jeune pousse de « recherche à but non lucratif sur la sécurité de l'IA » à portée mondiale. À titre de coprésident et de directeur scientifique, il développe une IA intentionnellement sécuritaire, encadrée d’un « garde-fou », qui n’est pas construite pour imiter, remplacer l’être humain ou lui obéir, mais qui assiste et aide les personnes dans l’accomplissement de certaines tâches. Son objectif est d’éviter que les machines soient dotées d’une autonomie d’agir et de penser, voire pire, qu’elles deviennent incontrôlables.

Prix et distinctions

  • Prix Urgel-Archambault de l’ACFAS (2009)
  • Officier de l’Ordre du Canada (2017)
  • Membre de la Société royale du Canada (2017)
  • Prix Marie-Victorin du gouvernement du Québec (2017)
  • Prix Turing de l’Association for Computing Machinery (2018)
  • Prix Killam du Conseil de recherches en sciences naturelles (2019)
  • Membre de la Royal Society (2020)
  • Médaille d’or Gerhard Herzberg en sciences et en génie du Canada (2023)
  • Officier de l’Ordre national du Québec (2025)

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