Pierre Vadeboncoeur, écrivain, essayiste, avocat, économiste, journaliste, syndicaliste (né le 28 juillet 1920 à Strathmore (près de Montréal); décédé le 11 février 2010). Homme de réflexion et d'action qui n'est devenu écrivain à plein temps que relativement tard dans sa vie, Pierre Vadeboncoeur a enrichi la littérature philosophique de plusieurs ouvrages majeurs.
Faits saillants de carrière et ouvrages
Homme de conviction et d'action, Pierre Vadeboncoeur ne devint écrivain à plein temps qu'après une carrière de conseiller syndical à la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Avocat et économiste, journaliste pigiste, il s'implique aux côtés de Jean Marchand, Gérard Pelletier, Pierre Elliott Trudeau, et surtout des ouvriers, dans la grève de l'amiante (1949).
Pierre Vadeboncoeur collabore aux magazines Cité libre, Parti pris et Socialisme avant de devenir chroniqueur attitré au journal montréalais Liberté. « La ligne du risque », essai sur Paul-Émile Borduas, signe et prophète de la liberté artistique, de la liberté humaine, sert de titre et de fil conducteur au recueil inaugural de 1963. L'Autorité du peuple (1965) est une lecture de la démocratie comme lutte créatrice. La Dernière Heure et la première (1970) pose des questions fondamentales sur l'identité québécoise, ses paradoxes, son avenir problématique.
Pierre Vadeboncoeur a publié plusieurs recueils d'articles, analyses, portraits, polémiques, sur l'actualité politique: Lettres et colères (1969), Un génocide en douce (1976), Chaque jour, l'indépendance (1978). Indépendances (1972), au pluriel, est un essai socioculturel sur la jeunesse et ses mouvements, révolutions, après Marcuse et Mai-68 à Paris. Les Deux royaumes (1978), œuvre charnière, explore les limites inhérentes à tout système de pensée, tente de dépasser la lettre par l'esprit, la raison scientifique par l'intuition, la méditation, l'art.
Pierre Vadeboncoeur écrit d’autres ouvrages, tels L’autorité du peuple (1965) et La Dernière heure et la première (1973). Il publie en 1970 un récit, Un amour libre, sur la relation père-fils et la créativité. Il revient à cette veine autobiographique et esthétique dans Dix-sept tableaux d'enfant (1991), ceux de sa fille, et dans Qui est le chevalier? (1998). D'autres essais portent sur l'expression et les silences de l'amour: L'Absence (1985), Le Bonheur excessif (1992). Après avoir dénoncé l'impérialisme et le nivellement culturels des États-Unis dans Trois essais sur l'insignifiance (1993), le polémiste est rattrapé par l'histoire: Gouverner ou disparaître (1993), entre deux référendums. Ses Essais inactuels (1987) portent sur la lecture, les arts visuels et le « regard intérieur ». Vivement un autre siècle! (1996) pour tenter de redevenir sujet parmi les objets.
Distinctions
Lauréat de nombreux prix, Pierre Vadeboncoeur s'est mérité entre autres le Grand prix littéraire de la Ville de Montréal en 1979, le prix Ludger Duvernay en 1971, le prix Athanase David, ainsi que le prix Victor Barbeau en 2001 et en 2008, la Médaille de l'Académie des lettres du Québec.