Gérard Pelletier

Gérard Pelletier, journaliste, syndicaliste, animateur social, politicien et diplomate (né le 21juin1919 à Victoriaville, au Québec ; décédé le 22 juin 1997 à Montréal) Gérard Pelletier est bien connu pour ses reportages sur la grève de l’amiante de 1949 publiés dans Le Devoir. Il est également désigné comme l’une des « trois colombes » du Québec à être entré en politique fédérale en 1965 pour endiguer la montée du séparatisme québécois. Les deux autres colombes sont le chef syndical Jean Marchand et le professeur de droit Pierre Elliott Trudeau.




Enfance et début de carrière

Issu d’une famille ouvrière de huit enfants, Gérard Pelletier étudie au Séminaire de Nicolet et au Collège Mont-Laurier. Il obtient un baccalauréat à l’Université de Montréal, où il fait la rencontre de Pierre Trudeau, un camarade de classe.

Il est secrétaire général de la Jeunesse étudiante catholique du Québec (JEC) de 1939 à 1943 (voir Action catholique) et, de 1945 à 1947, est secrétaire itinérant de la World Student Relief Organization à Genève, en Suisse. Après avoir voyagé en Argentine, il revient à Montréal et devient journaliste pour Le Devoir de 1947 à 1950. Ses reportages sur la grève de l’amiante au Québec en 1949 aident à lancer sa carrière et le mène au poste de rédacteur en chef de l’hebdomadaire Le Travail, publié par la Confédération des travailleurs catholiques du Canada, qui deviendrait éventuellement la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

En 1950, avec l’aide de plusieurs collègues dont Pierre Elliott Trudeau, Gérard Pelletier fonde et dirige Cité Libre, un magazine qui rassemble les intellectuels québécois s’opposant aux politiques du premier ministre Maurice Duplessis. Gérard Pelletier et ses contemporains dénoncent les mesures antidémocratiques et socialement rétrogrades du régime Duplessis, ainsi que le cléricalisme de l’Église catholique du Québec. Ils sont des tenants de l’intervention de l’État et de la mise sur pied de syndicats dynamiques pour créer une société québécoise moderne et pluraliste.

En 1961, Gérard Pelletier devient le rédacteur en chef de La Presse. Après une longue grève en 1964, toutefois, les propriétaires du journal le congédient à cause de ses idées syndicales jugées trop radicales.

Politique fédérale

Le mouvement séparatiste au Québec se développe pendant les années 1960. Suivant l’invitation du premier ministre Lester B. Pearson, Gérard Pelletier, Pierre Elliott Trudeau et leur ami de longue date (et militant syndical catholique) Jean Marchand font le saut en politique fédérale en 1965. Claude Ryan, alors rédacteur en chef du Devoir, les surnomme « les trois colombes », un trio d’hommes sages envoyé en politique fédérale pour réconcilier le Québec francophone et le Canada anglais.

Déjeuner d'affaires au 24 Sussex Drive. Honorable. Jean Marchand, le très honorable Pierre Trudeau et honorable Gérard Pelletier.
avec la permission d'Archives Nationales du Canada / C-025003. Crédit: Duncan Cameron

Gérard Pelletier est secrétaire d’État aux Affaires extérieures de 1968 à 1972. Dans le cadre de ce mandat, il lutte pour l’adoption au Parlement de la Loi sur les langues officielles de 1969. Il défend aussi le poste de ministre des Communications de 1972 à 1975 au sein du gouvernement Trudeau. Il participe à l’élaboration des propositions du gouvernement fédéral pour faire face à la détérioration des relations entre les gouvernements de Québec et d’Ottawa. Il sert également à titre d’ambassadeur du Canada en France de 1975 à 1981, avant d’être nommé représentant du Canada aux Nations Unies de 1981 à 1984.

En 1984, il devient président du conseil d’administration des Musées nationaux du Canada, poste qu’il occupe jusqu’à son retrait de la vie publique en 1987. Il est l’auteur des ouvrages suivants : La Crise d’Octobre (1971), Les Années d’impatience (1983) et Le Temps des choix (1986).


Lecture supplémentaire

  • Michael D. Behiels, Prelude to Québec's Quiet Revolution (1985); Gérard Pelletier, Years of Impatience, 1950-60 (1984).