Musique à Toronto

Toronto. Capitale de l'Ontario, fondée en 1793 sous le nom de York par le lieutenant-gouverneur John Graves Simcoe sur la rive nord du lac Ontario, à proximité d'anciens établissements amérindiens et de Fort Rouillé, un établissement français.

Toronto

Toronto. Capitale de l'Ontario, fondée en 1793 sous le nom de York par le lieutenant-gouverneur John Graves Simcoe sur la rive nord du lac Ontario, à proximité d'anciens établissements amérindiens et de Fort Rouillé, un établissement français. Capitale de la province du Haut-Canada de 1796 à 1841 et du Canada-Uni de 1849 à 1851 et de 1855 à 1859, la ville fut désignée comme capitale de l'Ontario en 1867, année de la Confédération canadienne.

La population de l'établissement, moins de 200 personnes en 1799, se composait à l'origine de fonctionnaires du gouvernement et de soldats en garnison. En 1834, alors que York comptait 9252 habitants, elle devint une ville et prit le nom de Toronto. Avant la Première Guerre mondiale, les Torontois étaient surtout d'origine anglaise, irlandaise et écossaise mais, depuis le début du XXe siècle, des vagues successives d'immigrants venant de toutes les parties du monde ont considérablement modifié l'équilibre ethnique de la ville. En 1953, 13 municipalités de la région s'unirent pour former la municipalité du Toronto métropolitain dont la population dépassait 3 400 000 âmes en 1986.

Par suite de son choix comme capitale de l'Ontario, la ville devint un important centre administratif, commercial, éducatif et industriel. Son statut de ville la plus populeuse du Canada anglais en a fait le siège de nombreux organismes culturels. Ses murs abritent la majorité des éditeurs de livres et de musique du pays et la ville s'enorgueillit de posséder les plus riches bibliothèques du Canada. Elle est l'égale de Montréal quant à la production d'émissions de radio et de télévision et l'emploi d'artistes professionnels.

1793-1918

Au XIXe siècle et au début du XXe, le développement de la musique à Toronto fut étroitement lié à la croissance de sa population et à sa prospérité. À partir de quelques centaines d'habitants, la population s'éleva à plus de 500 000 âmes en 1920. Au cours des années 1830 et 1840, des groupes d'exécutants furent fondés, des auditoriums furent érigés et, plus tard au cours du siècle, l'enseignement, l'édition et la facture de pianos commencèrent à prospérer. La ville accueillait alors de nombreux artistes et ensembles de réputation mondiale au cours de leurs tournées.

Quand la goélette Mississauga avec Simcoe à son bord arriva à Toronto pour la première fois le 30 juillet 1793, la fanfare des Queen's Rangers était également à son bord. Mais la première mention d'un événement musical à Toronto se trouve dans un état de compte détaillé spécifiant « 7 dollars payés Par Ordre pour la musique » d'un bal et souper à l'occasion de l'anniversaire du roi, le 4 juin 1798. En 1810, Joseph B. Abbot proposa d'ouvrir « une École pour l'enseignement des principes de la musique d'église ». La même année, une troupe de comédiens de Montréal présentait un spectacle où figuraient des chansons entre une pièce et une farce. Un an plus tard, un « clavecin à deux claviers et un pianoforte incrusté de bois et de satin, doté d'un merveilleux mécanisme » furent vendus à une enchère. Dans un état de compte des « assemblées de souscription 1814 », le plus gros poste des dépenses était de 22 livres et 15 shillings pour « la musique de la saison ». Il y eut quelques concerts publics au cours des années 1820, mais la représentation de l'opéra The Mountainers de Samuel Arnold par une troupe de Rochester, N.Y., le 22 décembre 1825 à l'Assembly Room de M. Franck, fournit à William Lyon Mackenzie, rédacteur en chef du Colonial Advocate, une première occasion de se rendre au théâtre depuis son arrivée en Amérique du Nord cinq ans plus tôt. La compagnie d'Emanuel Judah - sept chanteurs et un danseur - présenta No Song, No Supper de Stephen Storace en 1826. On put entendre les deux mêmes opéras de nouveau en 1828. Le premier théâtre, une chapelle méthodiste réaménagée, n'ouvrit ses portes qu'en 1834. Des visites de musiciens de réputation internationale commencèrent à partir de 1840 : John Braham (1841, 1842), Ole Bull (1844, 1853), Anna Bishop (1848, 1851, etc.), la Société musicale Germania (un orchestre, 1850, 1852, 1856), Jenny Lind (1851), Adelina Patti (1853, 1860, etc.), Henriette Sontag (1854), Sigismund Thalberg (1857, 1858), Henri Vieuxtemps (1858, 1870, 1871), Frantz Jehin-Prume (1865, etc.), Pablo de Sarasate (1870), Anton Rubinstein (1872), Henri Wieniawski (1872) et Hans von Bülow (1876). Plusieurs de ces artistes se produisirent au Saint Lawrence Hall inauguré en 1850. Ouvert en 1848, le Royal Lyceum Theatre accueillait pour sa part des productions musicales et autres spectacles à grand déploiement, bien que des programmes d'extraits d'opéras et des versions tronquées d'opéras populaires chantées par quatre ou cinq interprètes fussent plus fréquents que des présentations intégrales. Monté le 8 juillet 1853 au Royal Lyceum par l'Artists' Italian Opera, Norma fut le premier grand opéra présenté en version intégrale, avec choeur et orchestre. Rosa Devries chantait le rôle titre et Luigi Arditi était au pupitre. Dès lors, des troupes de tournée s'arrêtèrent régulièrement à Toronto, de sorte qu'au début du XXe siècle, la majeure partie des oeuvres populaires des répertoires italien et français y avaient été entendues. En 1883, Emma Albani vint pour la première fois depuis 20 ans au Canada et parut dans un opéra complet (Lucia di Lammermoor), avec la compagnie du colonel Mapleson. Une deuxième production, Il Trovatore, était à l'affiche. D'après Arcadia (Montréal 1891-92), au cours de la saison 1890-91, 91 représentations de 24 oeuvres furent données à Toronto, dont 4 seulement appartenaient au genre grand opéra : Lohengrin, Rigoletto, Carmen et Les Huguenots. Une compagnie de chanteurs du Metropolitan Opera incluant Marcella Sembrich, Edouard de Reszke et Emma Calvé interpréta Le Barbier de Séville, Faust et Carmen en 1899 à la Grand Opera House, théâtre ouvert en 1874 à la suite de l'incendie du Royal Lyceum. Après 1910, Toronto fut intégrée aux circuits de la Compagnie d'opéra de Montréal et du San Carlo Opera. Les productions locales n'eurent aucun succès. Quelques opéras furent présentés en concert, notamment Il Trovatore et La Sonnambula par la Musical Union dirigée par John Carter (1866), mais la seule troupe qui montait régulièrement des opéras était la Holman English Opera Troupe, installée au Royal Lyceum de 1867 à 1873.

Le premier orgue fut probablement celui de la cathédrale anglicane Saint James', installé vers 1832. À part deux pages de « Bugle Sounds », parues en 1830, le premier recueil de musique publié à Toronto (même s'il fut imprimé à New York) fut A Selection of Psalms and Hymns (1835) de William Warren. Ces « premières » illustrent l'étroite relation entre la musique et la religion, caractéristique de la situation à Toronto au XIXe siècle. La prédilection pour le chant choral et le goût de l'oratorio en résultèrent. Jusqu'au milieu du XXe siècle, presque toutes les figures dominantes de la vie musicale en général étaient aussi celles de la musique d'église.

Malgré le nombre et l'importance des artistes de passage, la plupart des concerts étaient donnés par des musiciens locaux. Parmi les figures dominantes du milieu du XIXe siècle se distinguent le chef d'orchestre, organiste et compositeur J.P. Clarke, le chanteur J.D. Humphreys, le prés. de l'université John McCaul, les marchands de musique Abraham et Samuel Nordheimer, les frères Schallehn, l'o. m. c. John Carter, ainsi que le pianiste et professeur G.W. Strathy. L'existence de groupes locaux remonte au moins à 1822, quand la West York Militia Band joua pour la fête de Guillaume III d'Orange le 12 juillet. Un groupe d'amateurs mit sur pied la Toronto Musical Society en 1835 et une Harmonic Society donna des concerts en 1840. Toutefois, la première société chorale et instrumentale d'importance fut la Toronto Philharmonic Society (1845-47). Le fondateur et animateur de ce groupe et de plusieurs autres qui lui succédèrent fut McCaul avec Clarke comme dir. mus. La société connut des hauts et des bas, tout comme la Toronto Vocal Music Society (1851-53), la Metropolitan Choral Society (fondée en 1857 par Martin Lazare), la Musical Union (fondée en 1861 par John Carter) et autres groupes. Cependant, ces sociétés firent connaître aux auditoires de Toronto de nombreuses ouvertures, symphonies et oratorios du répertoire classique, même si les grandes oeuvres étaient souvent limitées à des extraits. Il y eut cependant des exceptions,notamment le Messie de Haendel, interprété le 17 décembre 1857 par le Sacred Harmonic Choir sous la direction de Carter, et Judas Macchabée sous celle du révérend G. Onions, avec un choeur non mentionné en 1858. À quelques jours l'un de l'autre, en septembre de cette année-là, le Sacred Harmonic Choir dirigé par Carter et la Metropolitan Choral Society sous la direction de Lazare présentèrent à tour de rôle La Création de Haydn.

Mis à part un corps de musique de la milice volontaire - celui des Queen's Own Rifles, fondé en 1862 sous la direction d'Adam Maul et toujours actif en 1990 - les seuls ensembles stables furent constitués après la Confédération. La Philharmonic Society fut réorganisée en 1872 sous la gouverne de J.P. Clarke et atteignit un haut niveau sous son successeur, F.H. Torrington (1873-94). La Toronto Choral Society (1879-91) d'Edward Fischer exerça une influence comparable. De nombreuses autres sociétés virent le jour, disparurent puis se reformèrent au cours du dernier quart du siècle, certaines adoptant parfois les noms de leurs prédécesseurs. Outre l'interprétation des grandes oeuvres, leur action incluait des rassemblements populaires ouverts à tous ceux qui voulaient apprendre à lire la musique et à chanter. Parmi les chefs de choeur se sont signalés Humphrey Anger, Arthur E. Fisher, John W.F. Harrison, Elliott Haslam, J.D.A. Tripp et A.S. Vogt. Leurs ensembles ont fait connaître aux Torontois un répertoire vocal très varié, des mélodies pour solistes et choeurs à parties jusqu'aux chefs-d'oeuvre de Gounod, Haendel, Haydn, Mendelssohn et Schumann. Les cantates et oratorios reçurent de la part des citoyens un accueil beaucoup plus chaleureux que les opéras. Comme il fallait réunir des orchestres pour présenter des oratorios et autres grandes oeuvres, les programmes comportaient aussi des ouvertures et même des symphonies et des concertos. Toutes les tentatives pour former des orchestres réguliers échouèrent cependant, y compris celles de Strathy et Torrington, l'une en 1867 et l'autre en 1877. Torrington parvint à réunir 100 instrumentistes pour le festival de 1886, qui s'avéra la plus grande initiative de la Toronto Philharmonic Society. En dépit d'une classe d'orchestre ouverte au Toronto College of Music qu'il dirigeait, Torrington dut s'en remettre une fois de plus à un ensemble ad hoc pour le festival de 1894 qui marqua l'ouverture du Massey Music Hall (plus tard connu sous le nom de Massey Hall, le plus célèbre auditorium du Canada). Un OS de Toronto fondé par Francesco D'Auria en 1891 connut une brève existence, tout comme le Toronto Permanent Orchestra inauguré avec optimisme par Torrington en 1900. Heureusement pour les Torontois, de nombreux orchestres et harmonies célèbres des É.-U. visitèrent la ville avec une fréquence accrue durant ce dernier quart de siècle. Des harmonies dirigées par Patrick Gilmore, Victor Herbert et John Philip Sousa faisaient les délices de leurs auditoires et la première visite du Theodore Thomas Orchestra en 1873 fut suivie par celles de beaucoup d'autres excellents groupes. Ainsi, avant la fin du siècle, les cinquième (1882), sixième (1892) et septième (1892) symphonies de Beethoven, la Symphonie« du Nouveau Monde » (1895) de Dvořák et la sixième symphonie de Tchaïkovsky (1896) avaient été exécutées dans la Ville reine. Le Concerto nº 4 pour piano de Beethoven y fut entendu en 1896, le nº 5, en 1882.

Toronto dut attendre encore plusieurs années la venue de son premier orchestre permanent, le Toronto Symphony Orchestra fondé par Frank Welsman en 1908 avec les effectifs du Toronto Conservatory Symphony Orchestra qu'il avait formé deux ans plus tôt. L'orchestre de Welsman présenta aux Torontois les symphonies classiques, mais aussi des oeuvres de Debussy, Sibelius, Richard Strauss et Wagner, en plus d'accompagner d'éminents solistes comme Elman, Carreño, Kreisler, Rachmaninov, Schumann-Heink et autres célébrités. La pénurie de musiciens entraîna la disparition de l'orchestre avant la fin de la Première Guerre mondiale.

Au début du XXe siècle, Toronto était à juste titre désignée comme la « capitale du chant choral en Amérique du Nord », réputation fondée sur la création de plusieurs nouveaux choeurs profanes et l'existence d'une foule d'excellentes chorales d'églises. Albert Ham dirigea le National Chorus (1903-28), Edward Broome la Toronto Oratorio Society (1910-12, 1914-25), Herbert M. Fletcher deux choeurs « gradués » fondés en 1904 : la People's Choral Union pour débutants et la Toronto Choral Union (rebaptisée plus tard Schubert Choir) pour choristes expérimentés (les deux ensembles subsistèrent jusqu'à 1914). Il y eut même un Young Socialist Choir (1914-17), mais la formation la plus stable et la plus importante fut sans conteste le Choeur Mendelssohn de Toronto. Fondé en 1894 par A.S. Vogt pour chanter des oeuvres a cappella, le choeur fut dissous en 1897 puis reconstitué avec un effectif plus nombreux en 1900. Après 1904, le choeur se rendit fréquemment aux É.-U. où des orchestres amér. (ainsi que d'autres grandes chorales) se joignaient à lui pour des concerts et des présentations d'oratorios.

Le premier quatuor à cordes de Toronto fut probablement celui que forma le violoniste Ferdinand Griebel vers 1856. L'augmentation du nombre des concerts de musique de chambre au cours des années 1880 fut une conséquence directe du développement de l'éducation musicale pendant la même décennie. Les musiciens constituant le corps enseignant des conservatoires récemment fondés se groupèrent en des ensembles tels que le Toronto String Quartet(te) (1884), le Conservatory String Quartette (1901), le Brahms Trio (v. 1909), le Hambourg Trio (1912), l'Academy String Quartet (v. 1912), le Schumann Trio et le Toronto Ladies' Trio. Au nombre des principaux instrumentistes figurèrent John Bayley, Frank Blachford, Bertha Drechsler Adamson, A.E. Fisher, les frères Hambourg, Heinrich Klingenfeld, Luigi von Kunits, Carl Martens, Leo Smith, Richard Tattersall et Frank Welsman. Quelques concerts de musique de chambre eurent lieu sous les auspices du Women's Musical Club à partir de 1899.

Pendant la plus grande partie du XIXe siècle, l'enseignement spécialisé de la musique reposa exclusivement entre les mains de musiciens travaillant à titre personnel. En plus de leur enseignement, beaucoup d'entre eux occupaient des postes à temps partiel dans des écoles privées. Après 1844, quand Egerton Ryerson devint surintendant en chef de l'éducation dans le Haut-Canada, la musique vocale se vit accorder une place importante dans le programme des écoles élémentaires publiques. La Toronto Normal School, ouverte en 1847, nomma un prof. de musique dès 1848. Dans les décennies suivantes, les principaux professeurs de musique à l'école furent H.F. Sefton, S.H. Preston et A.T. Cringan.

L'avènement d'une classe moyenne prospère rendit possible l'établissement de conservatoires et le Canadian Cons. (fl. 1876) fut peut-être le premier. Une école de musique dirigée par J. Davenport Kerrison suivit, de 1878 à 1887, et connut aussi une brève existence. Fondé en 1886 par Edward Fisher, le Toronto Cons. of Music existait toujours en 1991 sous le nom de Royal Conservatory of Music / Conservatoire royal de musique. Parmi d'autres écoles figuraient le Toronto College of Music, fondé en 1888 par F.H. Torrington, la Metropolitan School of Music instituée en 1893 par W.O. Forsyth et annexée en 1912 par la Canadian Academy of Music (datant de 1911 et subventionnée par Albert Gooderham), ainsi que le Hambourg Conservatory of Music, fondé en 1911. Bien que l'Université de Toronto (King's College jusqu'en 1850) et l'Université de Trinity College eussent conféré des diplômes de B.Mus. dès leurs débuts (à J.P. Clarke en 1846 et à G.W. Strathy en 1853), ce n'est que dans les années 1880 (Trinity) et 1890 (Toronto) qu'elles organisèrent des examens, sans pour autant offrir d'enseignement régulier, la préparation des candidats étant l'apanage de certains conservatoires affiliés.

Les fondations jetées dans les années 1840 par des pionniers de la facture de pianos tels J. & J. Mead, les frères O'Neill et J.M. Thomas, ainsi que les marchands et éditeurs de musique A.& S. Nordheimer, préparèrent la suprématie future de Toronto dans ces domaines au Canada. Le premier instrument à clavier fabriqué à York fut sans doute « l'orgue de salon, de belle tonalité et agréablement ornementé » mis en vente en 1825 par Richard Coates. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Gourlay, Winter & Leeming, Heintzman, Gerhard Heintzman, Mason & Risch, Newcombe et Nordheimer furent parmi les plus importants facteurs de pianos, tandis qu'Edward Lye, S.R. Warren &Son et R.S. Williams se disputaient la première place dans la facture d'orgues à tuyaux et d'harmoniums. En 1913, le Canadian Courrier avançait : « Toronto produit à elle seule plus de pianos que New York, Chicago ou Philadelphie. » Parmi les nombreux marchands de musique qui importaient et publiaient de la musique, Anglo-Canadian Music Co., Nordheimer, Suckling & Sons et Whaley Royce furent de loin les plus actifs.

Au nombre des journalistes et critiques qui contribuèrent à répandre le goût de la musique figurent Augustus Bridle, Hector Charlesworth, Edwin Parkhurst et Edward Schuch. Les premiers périodiques canadiens de langue anglaise consacrés à la musique furent publiés à Toronto, notamment Canadian Musical Review (1856) de George F. Graham, Musical Galaxy (fl. 1875) et The Musical Journal (1887-90?). Le Canadian Music Trades Journal (1900-33) et Musical Canada, ce dernier fondé en 1906 sous le nom de The Violin et publié jusqu'en 1933, connurent une plus longue existence.

1918-1945

Au cours de cette seconde période de l'histoire de Toronto, la popularité grandissante du phonographe et de la radio, les problèmes causés par la Dépression des années 1930 et une diversité ethnique croissante au sein de la population modifièrent les priorités de la culture musicale. D'une part, la musique devint un divertissement plus passif, et par ailleurs, de nouveaux standards professionnels apparurent. Malheureusement, la Première Guerre mondiale interrompit ou mit fin à de nombreuses initiatives de valeur. Maurice Solway, dans Recollections of a Violinist (p. 17), résume ainsi le climat culturel de la vie au début du siècle : « ... ce qui ne veut pas dire qu'avant l'arrivée des vagues d'émigrants, au début du siècle, Toronto n'avait pas de musique. En fait, une bonne partie de l'interprétation de la musique tombait dans la catégorie de l'amateurisme cultivé et le peu de professionalisme qu'il y avait trouvait son débouché dans la musique populaire. Les musiques militaires et les harmonies en sont un bon exemple. Par leur attrait, ils transcendèrent réellement toutes les barrières sociales et ethniques. »

Pendant les années 1920, l'accompagnement de films muets, de vaudevilles et d'autres spectacles théâtraux procura un certain emploi aux musiciens d'orchestre, comme par exemple, les productions à grand déploiement de Jack Arthur au Shea's Theatre à partir de 1918. Dans les années 1930, les films sonores mirent fin aux orchestres dans les cinémas, mais Toronto devint le centre de la radiodiffusion en langue anglaise, assurant ainsi aux musiciens de nouveaux débouchés. Dès 1922, l'orchestre Romanelli avait participé à une émission, la première au Canada à utiliser un orchestre. Luigi von Kunits, le fondateur du New Symphony Orchestra en 1923 (TSO après 1927), avait aussi reconnu le potentiel de la radiodiffusion. Avec des membres du TSO, il inaugura en 1929 les premières émissions radiophoniques transcontinentales en Amérique du Nord. Son successeur, Ernest MacMillan, augmenta la durée et le nombre des concerts dans une année et, durant son mandat de 1931-56, fit de l'orchestre un ensemble de premier ordre. Les autres orchestres de l'entre-deux guerres furent l'OS du TCM, dirigé par Donald Heins et plus tard par Ettore Mazzoleni, l'OS de l'Université de Toronto fondé par John Weinzweig et les Concerts symphoniques Promenade sous la direction de Reginald Stewart.

Tout au long des années 1930, Stewart et MacMillan se firent concurrence, à la fois dans la musique symphonique et dans la musique chorale. En plus de diriger le TSO, MacMillan présenta chaque année la Passion selon saint Matthieu de Bach avec le choeur du TCM. Stewart et sa Chorale Bach de Toronto donnèrent une représentation annuelle de la Passion selon saint Jean (1933-41). Toronto n'accordait plus à la musique chorale l'importance de jadis, mais elle n'en continuait pas moins à produire quantité de nouveaux ensembles, parmi lesquels l'Orpheus Society fondée en 1920 par Dalton Baker, le Coliseum Chorus (plus tard Canadian National Exhibition Chorus) sous la direction de H.A. Fricker (1922-34), les Hart House Songsters and Canadian Singers fondés en 1924 par Campbell McInnes, le Hart House Glee Club (1933-72), le Bishop Strachan School Chapel Choir (fondé en 1925), la Freiheit Gezangs Farein formée en 1925 et suivie en 1934 par le Toronto Jewish Folk Choir, les Tudor Singers (1933-40) et les Saint Mary Magdelene Singers (1939) de Healey Willan, le Toronto Men Teacher's Choir (1941-76) et le Harvey Perrin Choir (1944-56). Quant au Choeur Mendelssohn de Toronto, dirigé par H.A. Fricker de 1917 à 1942, il continuait d'être un des centres de la vie musicale de la ville.

Entre les deux guerres mondiales, la San Carlo Opera Company fit de fréquentes visites à Toronto. Les efforts pour fonder sur place une compagnie d'opéra permanente se poursuivaient, mais sans résultats. Plusieurs groupes d'amateurs spécialisés dans les productions des opérettes de Gilbert et Sullivan connurent cependant une stabilité relative, notamment les Savoyards, fondés en 1919 par George et Reginald Stewart, l'Eaton Operatic Society (1931-65), la Canada Packers Operatic Society (1942-55) et la Toronto Light Opera Society, fondée en 1943 par Howard et Frederick Mawson. Mise sur pied par MacMillan à la fin des années 1920, la Conservatory Opera Company du TCM disparut pendant la Dépression. À partir de 1936, l'Opera Guild de Toronto de Harrison Gilmour et la Canadian Grand Opera Assn de Braheen Urbane se disputèrent les auditoires et les fonds. Ces compagnies furent à l'affiche du Royal Alexandra, du Massey Hall et du Maple Leaf Gardens où plusieurs opéras furent chantés, dont Aïda, Faust, Cavalleria rusticana, I Pagliacci, Tosca, Rigoletto, Tannhäuser et Lohengrin. La compagnie d'Urbane ne subsista pas longtemps, mais celle de Gilmour poursuivit son activité, quoique sporadiquement, même après le début de la Deuxième Guerre mondiale. Pendant les années 1940, la Rosselino Opera Company visa surtout à former de jeunes interprètes.

Moins touchée que l'opéra par les problèmes financiers et plus apte à profiter des avantages de la radiodiffusion, la musique de chambre se porta assez bien. Le Quatuor à cordes Hart House (1923-45) parvint au rang de meilleur ensemble de chambre de son époque au Canada et fut l'un des seuls à partir en tournée à l'étranger. Parmi les autres groupes figurèrent le Five-Piano Ensemble formé en 1926 par Norah de Kresz, Alberto Guerrero, Viggo Kihl, Ernest Seitz et Reginald Stewart, le Conservatory Trio (1926), le nouveau Conservatory String Quartet (1929), le Ten-Piano Ensemble mis sur pied en 1931 par Mona Bates, la Toronto Chamber Music Society fondée en 1931 par A.D. Jordan, le New World Chamber Orchestra fondé et dirigé de 1932 à 1940 par Samuel Hersenhoren, le Canadian Trio formé en 1941 par Kathleen Parlow, Zara Nelsova et sir Ernest MacMillan, ainsi que le Quatuor à cordes Parlow (1941-58).

Beaucoup des musiciens susmentionnés furent parmi les meilleurs professeurs de l'époque. Quant aux établissements où ils enseignaient, ils s'en tinrent à leurs positions et les consolidèrent au cours de la décennie 1920-30 après l'élan des premières années. Réunis en 1918, la Canadian Academy of Music et le Toronto College of Music furent annexés en 1924 au TCM qui relevait depuis 1921 du conseil de direction de l'Université de Toronto. Une faculté de musique, inaugurée à l'université en 1918 comme entité distincte du TCM, conserva en fait des liens étroits avec ce dernier, de sorte que de 1918 à 1942, le doyen de la faculté était aussi le dir. du TCM : A.S. Vogt en premier lieu, puis Ernest MacMillan ensuite. Ces deux postes combinés et plusieurs autres conférèrent à MacMillan une position d'influence et de prestige sans précédent dans l'histoire musicale d'une ville au Canada.

La musique à l'école bénéficia largement des efforts d'A.T. Cringan, Eldon Brethour, Emily Tedd, Duncan McKenzie et d'autres professeurs et cadres.

Les principaux critiques et chroniqueurs musicaux des années 1918 à 1945 à Toronto furent Augustus Bridle au Toronto Daily Star, Lawrence Mason au Globe et Hector Charlesworth au Saturday Night. Bridle fit également oeuvre utile en créant, en 1908, l'Arts and Letters Club qui compta dans ses rangs une grande partie des meilleurs musiciens de Toronto. Plusieurs autres organismes virent le jour au cours de cette période : le Canadian Bureau for the Advancement of Music, constitué en 1919, et la Société canadienne des droits d'auteurs (1925-45, CAPAC par la suite) étaient d'envergure nationale; l'Ontario Music Educators' Assn (1919) et l'Ontario Registered Music Teachers' Assn (1936), des initiatives provinciales, tandis que la Vogt Society (1936) avait un rayonnement local. De nouvelles maisons d'édition s'établirent à Toronto, notamment Canadian Music Sales et Gordon V. Thompson. Boosey & Hawkes de Londres y ouvrit une succursale et le bureau torontois d'Oxford University Press créa un dépt de musique. Le nombre de facteurs de piano diminua, mais en 1919 Franklin Legge ouvrit une nouvelle fabrique d'orgues. À cette époque, Toronto devint également un des centres de l'industrie du disque. Des compagnies d'enregistrement avaient des bureaux ou leur siège social canadien à Toronto : Columbia Records (Sony) et Brunswick. Les plus importants luthiers et réparateurs de violons furent George Kindness (1911-60) et George Heinl qui ouvrit en 1912 un atelier toujours actif en 1991. Les musiques militaires furent pendant longtemps une attraction de choix lors de la Canadian National Exhibition (inaugurée sous le nom d'Industrial Exhibition en 1879 et rebaptisée CNE en 1904). A.L. Robertson contribua à mettre sur pied un concours d'harmonies en 1921 et le géra pendant près de 40 ans. Les corps de musique de cette époque inclurent celui des Queen's Own Rifles, celui du Toronto Regiment (dirigé de 1926 à 1958 par Walter Murdoch, aussi délégué de l'union des musiciens) et celui du Royal Regiment of Canada; Richard Hayward fonda en 1926 la Toronto Police Band et dirigea la Toronto Concert Band de 1925 à 1939. L.F. Addison mit sur pied la Toronto Symphony Band en 1935 et John Slatter fut à la tête de la 48th Highlanders Band de 1896 à 1946. Les corps de musique concouraient aussi aux festivals de musique Kiwanis, dont le premier eut lieu en 1944 à l'Eaton Auditorium.

1945-1990

Au cours de la période de l'après-guerre, la vie musicale de Toronto s'enrichit en proportion de la remarquable croissance de sa population et de sa prospérité. Toronto bénéficia largement à cette époque du soutien financier accru accordé aux arts, à l'éducation et à la radiodiffusion par les gouvernements. Elle devint aussi un centre du rock et du jazz, avec d'excellentes installations pour la radiodiffusion et l'enregistrement. Des groupes tels que les Crew-Cuts, les Diamonds, le Boss Brass, la Downchild Blues Band, Kensington Market et Sugar Shoppe virent le jour à Toronto (voir aussi Jazz, Rock). En outre, l'importante vague de nouveaux immigrants enrichit le milieu musical d'une grande diversité de talents professionnels et de traditions populaires.

Après la Deuxième Guerre mondiale, les meilleurs groupes d'interprètes de la ville, le Choeur Mendelssohn de Toronto et le TSO, continuèrent à se produire au Massey Hall, à l'Ontario Place Forum (ouvert en 1971) et ailleurs. En 1956, après sa 25e saison à la tête du TSO (TS après 1967), sir Ernest MacMillan prit sa retraite. Il eut pour successeurs Walter Susskind (1956-65), Seiji Ozawa (1965-69), Karel Ančerl (1969-73), Victor Feldbrill à titre de résident pendant deux saisons confiées à des chefs invités (1973-75) et Andrew Davis (1975-89), à qui succéda Gunther Herbig en 1989. Les deux autres grands ensembles symphoniques furent l'Orchestre symphonique de la SRC (1953-64), un orchestre de radio spécialisé dans la musique contemporaine, et la York Concert Society de Heinz Unger (1952-65), premier orchestre à interpréter Mahler. D'autres groupes de moindre importance comprirent, à la même époque, le Toronto Women's Orchestra fondé en 1948 par Harold Sumberg, l'Orchestre Hart House (1954-71) fondé par Boyd Neel, le CJRT Orchestra (voir aussi Toronto Philharmonic Orchestra), fondé en 1975 et dirigé par Paul Robinson, l'Amadeus Ensemble, fondé en 1984, et le National Chamber Orchestra of Canada, fondé en 1984 et dirigé par Sasha Weinstangel. Tafelmusik, fondé en 1978 et dirigé par Jean Lamon à partir de 1981, ainsi que l'Esprit Orchestra, fondé en 1984 et dirigé par Alex Pauk, se sont spécialisés respectivement dans l'exécution d'oeuvres sur des instruments d'époque et de musique contemporaine. Des orchestres communautaires tels que l'OS Harmony (formé en 1919 par Arthur Semple), les orchestres symphoniques d'East York et de North York, l'Orchestre philharmonique d'Etobicoke et l'OS de Mississauga contribuèrent aussi à la vie musicale de la région (voir Orchestres). Toronto a maintenu son excellente réputation de centre de musique chorale. Elmer Iseler et les Festival Singers (1954-79) établirent de nouveaux standards de chant choral à Toronto et au Canada, standards repris par les Elmer Iseler Singers (groupe fondé en 1979). Sous la direction d'Iseler, ces choeurs, tout comme le Choeur Mendelssohn de Toronto jouirent d'une réputation internationale. Parmi d'autres groupes chorals, on relève les Leslie Bells Singers, le Don Wright Chorus (1957-62) et l' Orpheus Choir, fondé en 1964 par John Sidgwick. Trop nombreuses pour être citées, les chorales ethniques et les chorales d'écoles et d'églises ont alimenté la tradition chorale chez les amateurs à Toronto. La musique de chambre prit de l'essor après la guerre, quand le Women's Musical Club reprit ses séries de concerts (1946), et que Walter Homburger, par le biais de son agence de concerts International Artists, présenta des solistes de réputation mondiale. De nombreux ensembles de chambre se formèrent, parmi lesquels le Sumberg-Ysselstyn-Guerrero Trio (fin des années 1940), le Quatuor à cordes Solway (1947-début des années 1970), le Quatuor à cordes Marcus Adeney (fl. dans les années 1950), le Quatuor à cordes Dembeck (1950-61), le Quatuor à cordes Spivak (1951-56), le Trio Pack (1955), les Galant Chamber Music Players (fondés en 1956 par Berul Sugarman), le Jack Groob Trio (1956), le Quintette à vent de Toronto (1959), le Canadian String Quartet (1961-63), le Toronto Mandolin Chamber Ensemble de William Kuinka (1964-69), le Quatuor à cordes Orford (considéré, du temps où il fut actif, de 1965 à 1991, comme le meilleur quatuor du pays), les Chamber Players de Toronto (1968), le Brodie Saxophone Quartet (1972), les York Winds (1972-88), Camerata (fondé en 1972 par Elyakim Taussig), le Trio Ararat (1973-76, Gerard Kantarjian, Gisela Depkat, Raffi Armenian), Quatre en Concert de Peggie Sampson (1978), le Faculty Trio de l'Université de Toronto (formé en 1974 par Lorand Fenyves, Vladimir Orloff et Patricia Parr), le Trio Gadar (formé en 1976 par Kantarjian, Rivka Golani, alto, et David Miller, violoncelle), le Canadian Brass, qui quitta Hamilton pour Toronto en 1976, et Amici (formé en 1986 par Parr, avec David Hetherington, violoncelle, et Joaquin Valdepeñas, clarinette). Parmi les pianistes établis à Toronto au cours de la période 1950-90, Glenn Gould, Anton Kuerti et Oscar Peterson accédèrent à la plus grande célébrité aux niveaux national et international. Vivant à Toronto à la même époque, Maureen Forrester, Lois Marshall et Louis Quilico se méritèrent une réputation mondiale. Parmi d'autres Torontois de marque, citons le pianiste Antonín Kubálek, le clarinettiste James Campbell, les cantatrices Mary Morrison et Patricia Rideout, la claveciniste Greta Kraus, le professeur Boris Berlin, les pianistes-accompagnateurs Leo Barkin et George Brough, et les chanteurs pop Gordon Lightfoot et Anne Murray.

Citons les tentatives de l'après-guerre dans le domaine du théâtre lyrique : la CBC Opera Company (1948-55), Spring Thaw (1948-71, 1980), Melody Fair (1951-54), Toronto Opera Repertoire (1968, de Giuseppe Macina), Opera in Concert (1974, de Stuart Hamilton), Co-Opera Theatre (1975, de Raymond Pannell) et Comus Music Theatre (actif de 1975 à 1987), Opera Atelier (établi en 1983), Toronto Operetta Theatre (fondé en 1985, dir. artistique, Guillermo Silva-Marin) et Opera Ora Now (fondé en 1988 par Julia Iacono).

Les concerts de plus en plus nombreux à Toronto, profitèrent de nouvelles salles, notamment le MacMillan Theatre et le Walter Hall dans l'édifice Edward Johnson de l'Université de Toronto, ainsi que le Town Hall du Saint Lawrence Centre. Roy Thomson Hall, une nouvelle salle destinée à accueillir les grands événements du Massey Hall a ouvert en 1982. Des plans pour une maison d'opéra devant être située à l'intersection de Bay et Wellesley West ont été établis vers la fin des années 1980, mais le climat économique prévalant alors n'avait pas permis au projet de dépasser le stade du regroupement parcellaire en 1990. La restauration des théâtres Elgin, Winter Garden et Pantages a offert de nouveaux emplacements pour l'exécution musicale. La SRC a finalement obtenu ses nouveaux quartiers, encore en construction en 1990, ainsi que d'excellents studios.

À la fin des années 1940, Herman Geiger-Torel, Nicholas Goldschmidt, Ettore Mazzoleni et Arnold Walter démarrèrent la compagnie d'opéra permanente qui a évincé tous ses prédécesseurs. Comme le TSO, la Canadian Opera Company avait ses racines dans le RCMT. Instituée en 1946, la Royal Conservatory Opera School (University of Toronto Opera Division) a produit des chanteurs qui ont contribué à la stabilité de la COC et à celle d'autres groupes de Toronto et de compagnies de tout le Canada. Le Canadian Children's Opera Chorus (1968) a participé à plusieurs productions de la COC et d'autres de la région de Toronto.

Après la Deuxième Guerre mondiale, l'enseignement fut réorganisé et amélioré dans tous les secteurs de la musique. De nouveaux programmes de musique à l'école, qui contribuèrent à accroître le nombre de professeurs, élèves et candidats en interprétation, furent mis au point par C. Laughton Bird, Keith Bissell, Jack Dow et Harvey Perrin aux niveaux élémentaire et secondaire, et par Robert Rosevear au niveau post-secondaire. Afin de satisfaire l'intérêt croissant pour l'accordéon, la guitare, le saxophone et la flûte à bec, Eric Mundinger, Eli Kassner, Paul Brodie et Hugh Orr ouvrirent des écoles ou des studios privés et Joseph Macerollo créa des cours d'accordéon chromatique au RCMT. Ce dernier et la faculté de musique de l'Université de Toronto déménagèrent dans des locaux plus spacieux et, en 1968, un nouveau dépt de musique fut organisé à l'Université York. Les responsables de ces écoles furent Ettore Mazzoleni, Arnold Walter, Boyd Neel, John Beckwith, Gustav Ciamaga, Carl Morey, David Ouchterlony, Ezra Schabas, Robert Dodson, Gordon Kushner et Peter C. Simon, et, à l'Université York, Austin Clarkson, Sterling Beckwith, Alan Lessem, James McKay et David Mott. Les collèges communautaires tels que George Brown, Humber et Seneca offrirent aussi des programmes d'études musicales et des manifestations spéciales. Les bibliothécaires Jean Lavender, Kathleen McMorrow, Ogreta McNeill et Isabel Rose, aidés par l'archiviste du son et discographe James Creighton, ont légué à Toronto de riches documents sonores et travaux musicologiques canadiens.

Le festival Kiwanis et les compétitions annuelles de la CNE ont continué à fournir aux chorales et ensembles instrumentaux des écoles, aux élèves de chant et instrumentistes de tous niveaux des occasions d'évaluer leur compétence par le biais de concours. Inauguré en 1972 à la CNE, le National Competitive Festival of Music (Festival national de musique CIBC) offrit aux grands gagnants du Kiwanis et des autres festivals-concours du Canada une chance de concourir en vue de plus hautes distinctions.

Des auditoires torontois ont apporté leur appui à des groupes et sociétés de concert voués à la musique d'avant-garde, parmi lesquels Arraymusic, l'Artists' Jazz Band, le Lyric Arts Trio et Nexus, ainsi qu'aux séries offertes par Ten Centuries Concerts, Isaacs Gallery Concerts (et autres d'Udo Kasemets), New Music Concerts et Music Gallery. En dépit de nombreuses tentatives, un festival de musique annuel et permanent n'avait pas encore été institué en 1990, mais la ville a cependant bénéficié de nombreux festivals consacrés à des compositeurs comme Bach, Beethoven, Brahms, Mendelssohn, Messiaen, Mozart, Schubert. Il y eut toutefois dans d'autres domaines des festivals d'interprétation de longue durée, tel le Toronto May (ou Spring) Festival au Massey Hall créé en 1886 pour les chorales et groupes d'interprétation des écoles publiques de la ville, les festivals de groupes ethniques : lettons, chinois et antillais (Caribana), les célébrations multinationales annuelles de Caravan instituées en 1969 et le Festival de folklore Mariposa. Il y a aussi eut de nombreux événements spéciaux dignes d'intérêt, du Toronto Musical Festival de 1912 au Festival choral international 1989.

Noyau de l'activité musicale dans tous les genres - classique, avant-gardiste, religieux, pop, jazz, commercial - au Canada anglais, Toronto abrite les sièges sociaux de nombreux organismes artistiques, une concentration jugée excessive par quelques critiques. Toronto était en 1990 le site des bureaux nationaux de lAOC, de la Canadian Academy of Recording Arts and Sciences, du Canadian Bureau for the Advancement of Music, du Centre de musique canadienne, de la CMPA, de la LCComp, de l'ONJ et de la SOCAN; Toronto fut pendant des années le siège de la CCA et du Conseil canadien de la musique. Plusieurs organismes provinciaux y ont aussi établi leurs quartiers généraux, notamment le CAO, la Fédération chorale de l'Ontario, la FOSO et Prologue to the Performing Arts.

Parmi les compositeurs qui résidaient à Toronto après la Deuxième Guerre mondiale, mentionnons Lucio Agostini, Robert Aitken, Louis Applebaum, John Beckwith, Norma Beecroft, Keith Bissell, Walter Buczynski, Gustav Ciamaga, Michael Colgrass, Gordon Delamont, Samuel Dolin, John Fodi, Harry Freedman, Srul I. Glick, John Hawkins, Udo Kasemets, Talivaldis Kenins, Lothar Klein, Edward Laufer, Alexina Louie, William McCauley, Ben McPeek, John Mills-Cockell, Oskar Morawetz, Phil Nimmons, Raymond Pannell, Alex Pauk, Tibor Polgar, Godfrey Ridout, Harry Somers, Ann Southam, Morris Surdin, Norman Symonds, John Weinzweig et Healey Willan. Parmi eux, Applebaum, Bissell, Buczynski, Glick, Mills-Cockell, Pauk, Ridout, Somers, Surdin et Weinzweig sont Torontois de naissance.

Les maintes facettes de la vie musicale de la cité ont été commentées par des critiques tels John Beckwith, Leslie Bell, Robert Everett-Green, Udo Kasemets, John Kraglund, William Littler et Kenneth Winters.

Toronto est considérée comme un grand centre de l'édition musicale, bien qu'elle ait surtout dominé la distribution de produits importés. En effet, les succursales récemment établies de firmes étrangères telles que Chappell & Co. (Warner/Chappell), Leeds Music et G. Ricordi & Co. ont fait leur part dans le domaine des publications canadiennes. De nouveaux éditeurs apparurent : Berandol Music, Jarman Publications et E.C. Kerby. Berandol fut précédée par BMI Canada et celle-ci, bien qu'étant à l'origine une association de droits d'exécution (plus tard SDE Canada), compila au cours des années 1947 à 1965 le plus important catalogue de musique canadienne sérieuse imprimée. On a constaté un déclin dans ce domaine vers 1970 et en 1991, quelques éditeurs seulement restaient en activité. Beaucoup de compagnies de phonographes et d'enregistrements actives au cours de ce siècle avaient des bureaux à Toronto. En plus de Columbia et Brunswick déjà citées, mentionnons Quality Records (1950), Beaver (1950), Hallmark (1952), Disques Capitol (1954), Rococo (milieu des années 1950), Arc (1958), Canadian Talent Library (1962), Nimbus 9 (1968), GRT (1969), A & M (1970), True North (1970), Boot (1971) Attic (1974), Berandol (1975), Centredisques (1981) et Duke Street Records (1983). Dans les années 1970, Toronto était devenue un centre d'enregistrement en studio de calibre international.

Musiciens nés à Toronto

En plus des personnes susmentionnées, les musiciens nés à Toronto, dont plusieurs font l'objet d'articles dans l' EMC ou figurent dans l'index, incluent John et Murray Adaskin, Christopher Allworth, Tommy Ambrose, Terence Bailey, Gerald Bales, Brian Barley, Milton Barnes, Ewart Bartley, Lois Birkenshaw-Fleming, Stuart Broomer, Jane Bunnett, Edmund Burke, John Burke, Allan Burt, Howard Cable, Elizabeth Campbell, Tommy Common, John Coveart, Bertha Crawford, Paul Crawford, Alan Crofoot, Bruce Davis, Gordon Day, Alan Detweiler, Victor Di Bello, John Dodington, Robert Donnell, Wray Downes, Margaret Drynan, Gil Evans, Percy Faith, Mary Lou Fallis, Robert et Dennis Farnon, Victor Feldbrill, Ferron, Clifford Ford, James Gayfer, Steven Gellman, Hyman et Erica Goodman, Evelyn Gould, Sandra Graham, Teresa Gray, Marian Grudeff, Susie Frances Harrison, Samuel Hersenhoren, Dan Hill, Eugene Hill, John Hodgins, Margaret Huston, Daryl Irvine, Harold Jarvis, Cliff Jones, Eugene Kash, Mart Kenney, Nicholas, Michael et Paul Kilburn, Warren Kirkendale, Moe Koffman, Ida Krehm, Gary Kulesha, Natalie Kuzmich, Beatrice Lillie, Russ Little, Ruth Lowe, John MacLeod, Rika Maniates, David Martin, Bruce Mather, Howard et Elizabeth Mawson, Timothy Maloney, Peter McCoppin, Murray McEachern, Ellis McLintock, Elma Miller, Mark Miller, Cynthia Millman Floyd, Edward B. Moogk, Mavor Moore, Carl Morey, Anne Marie Moss, Earle Moss, Warren Mould, Alfie Noakes, Albert et Gerald Nordheimer, Hugh Orr, Joseph Pach, Mary Ann Parker, Patricia Parr, Alex Pauk, Kenneth Peacock, John Perrone, Albert Pratz, Percival Price, George Proctor, Dodie Protero, Joel Quarrington, John Rea, Robert Reid, Jack Richardson, Leland Richardson, Doug Riley, Catherine Robbin, Jamie Robbie Robertson, Teddy Roderman, Ivan Romanoff, Dorothy Sandler-Glick, Paul Scherman, Suzanna Shulman, Barbara Schuttleworth, Gordon Slater, Lou Snider, Michael Snow, Stanley Solomon, Douglas Stanbury, Steven Staryk, Albert Steinberg, Fred Stone, Teresa Stratas, Joyce Sullivan, Carl Tapscott, Earle Terry, Graham Townsend, Malcolm Troup, Riki Turofsky, Denny Vaughan, Ruth Watson Henderson, Valerie Weeks, Kenny Wheeler et Charles Wilson.


Lecture supplémentaire

  • GENERAL

    'Music in Toronto: reminiscences of the last half century,' Toronto Mail, 21 Dec 1878

    'The Toronto music festival,' MT, 1 Aug 1886

    Taylor, Conyngham Crawford. Toronto 'Called Back' from 1877 to 1886 (Toronto 1886)

    Harrison, Susie Frances. 'Choirs and choir singing in Toronto,' Dominion Illustrated Monthly, vol 1, pp 748-52, 1888

    Adam, G. Mercer. Toronto, Old and New (Toronto 1891)

    Dixon, F.E. 'Music in Toronto, as it was in the days that are gone forever,' Toronto Daily Mail and Empire, 7 Nov 1896

    Godfrey, H.H., ed. A Souvenir of Musical Toronto (Toronto 1897)

    Tasker, William Frederick. 'Music in Toronto,' The Westminster, vol 14, Jan 1909

    MacMillan, Ernest. 'The musical season in Toronto,' Canadian Forum, vol 8, May 1928

    Hobday, Kathleen M. 'A survey of the musical resources of the province of Ontario,' unpublished paper, Toronto College of Education 1946

    Beckwith, John. 'Composers in Toronto and Montreal,' University of Toronto Q, vol 26, Oct 1956

    Firth, Edith G. The Town of York, vol 1, 1793-1815 (Toronto 1962); vol 2, 1815-34 (Toronto 1966)

    Schafer, R. Murray. 'Music... 1961-62 in Toronto,' Canadian Art, vol 19, Jul-Aug 1962

    Morey, Carl. 'Pre-Confederation opera in Toronto,' OpCan, Sep 1969

    - 'Canada's first operatic ensemble,' ibid, Sep 1970

    Locke, William R. 'Ontario church choirs and choral societies, 1819-1918,' DMA thesis, U of Southern California 1972

    Rose, Isabel. 'Toronto in music,' Canadian Collector, Jul-Aug 1984

    Morey, Carl. 'The founding of Toronto: Music in the town of York,' Music in Canada/La Musique au Canada: A Collection of Essays (Bochum 1997)

    Kallmann History of Music in Canada

    Morey, Carl. 'The beginnings of modernism in Toronto,' Célébration

    Look at the Record

    - 'Orchestras and orchestral repertoire in Toronto before 1914,' Musical Canada.

    ''Opera in Montreal and Toronto'

    'Toronto's Pre-Confederation Music Societies 1845-1867'