Le magazine The Walrus est un magazine canadien d’intérêt général primé qui a été fondé en 2003. Il est une propriété indépendante de la Fondation Walrus, un organisme caritatif à but non lucratif. Basé à Toronto, le magazine The Walrus publie huit numéros imprimés par année et il met quotidiennement à jour le contenu de son site web. Il produit également des balados et organise des événements en direct à travers le pays, dans le cadre de sa mission qui vise à stimuler le débat national au Canada sur les grands enjeux d’actualité. La devise du magazine est « Canada’s Conversation (Conversation du Canada) ». Le Walrus se concentre principalement sur le journalisme d’actualité de fond. Il contient également de la fiction, de la poésie, de la photographie, des illustrations et de l’humour.
Premier numéro du magazine The Walrus
La couverture d’un nouveau magazine ambitieux nommé The Walrus, le 16 septembre 2003.
(Photo de Tannis Toohey/Toronto Star via Getty Images)
Origine et création
Le magazine The Walrus est initialement conçu par son rédacteur en chef fondateur, David Berlin, pour être une publication canadienne de calibre international, comme des magazines tels que The Atlantic, The New Yorker et Harper’s. L’idée de David Berlin est de développer une publication destinée à un public cultivé. Il a l’intention que le magazine serve de tribune pour un journalisme de qualité et pour des débats sur les enjeux contemporains.
À cette époque, plusieurs tentatives de publication de ce genre de magazine ont déjà été faites au Canada, notamment Saturday Night et Canadian Forum. Cependant, dans les années 1990, tous ces journaux sont soit en difficulté financière, soit ils ont déjà cessé leurs activités. (Le Canadian Forum, publié pour la première fois en 1920, cesse de paraître en 2000. Le Saturday Night est publié pendant plus de 100 ans avant de définitivement fermer ses portes en 2005.)
Malgré cela, David Berlin veut réaliser son rêve qui est de créer un magazine canadien d’intérêt général, sérieux et intelligent. En 2002, il contacte John R. MacArthur, l’éditeur de Harper’s, pour lui soumettre son idée. David Berlin suggère alors que son nouveau magazine pourrait être une édition canadienne de Harper’s, avec 40 pages de contenu canadien. L’équipe du Harper’s est initialement favorable à l’idée du projet. Mais à l’automne 2002, David Berlin réussit à obtenir un financement suffisant pour publier dix numéros par année et embaucher du personnel.
Le magazine The Walrus tire son nom d’un animal qui est originaire du Canada (« walrus » étant le nom en anglais du morse), bien qu’il soit moins connu que le castor, qui est l’un des symboles nationaux du pays. À cette époque, une publication appelée The Beaver (castor en anglais) existe déjà (elle est renommée Canada’s History [et Histoire Canada en français] en 2010). Lorsque le rédacteur en chef de Vanity Fair demande à David Berlin pourquoi la publication s’appelle The Walrus, ce dernier lui répond : « Personne ne peut ignorer un morse. »
Lorsque le magazine The Walrus est lancé, il a pour objectif de se démarquer de ses concurrents en offrant une perspective typiquement canadienne sur les affaires nationales et internationales. La nouvelle publication se veut dédiée aux idées et au journalisme de fond, tout en s’efforçant d’être pleine d’esprit, audacieuse et contemplative.
Ken Alexander, cofondateur du magazine The Walrus
Ken Alexander, cofondateur de The Walrus, dans les locaux de la rédaction du magazine sur la rue Duncan à Toronto, alors qu’il s’apprêtait à quitter le magazine, le
24 juin 2008.
(Photo de Colin McConnell/Toronto Star via Getty Images)
Débuts
Le premier numéro du magazine The Walrus sort en kiosque à la fin de septembre 2003. Une campagne publicitaire par courrier direct est effectuée auprès de 60 000 foyers et elle permet de recruter 6000 abonnés payants, soit un taux de conversion de 10 %, ce qui est bien supérieur à la moyenne du 1 à 3 % de cette industrie. Le magazine The Walrus bénéficie également d’un important soutien financier de la Fondation Chawkers et d’autres organismes caritatifs durant ses cinq premières années. Le magazine obtient par la suite le statut d’organisme de bienfaisance auprès de l’Agence du revenu du Canada.
Lorsque sort son troisième numéro, The Walrus compte alors entre 30 000 et 32 000 abonnements payants. Ce chiffre est prometteur, mais certains s’inquiètent du manque de cohérence du contenu. Ces inquiétudes s’accentuent lorsque David Berlin démissionne en février 2004 pour des raisons de santé non précisées. La publication connait d’autres difficultés de croissance importantes durant ses premières années, notamment le départ du rédacteur en chef Paul Wilson après seulement deux numéros, en raison de divergences créatives. Ce départ est suivi par celui de Ken Alexander, l’éditeur fondateur (et alors rédacteur en chef). Le magazine perd également d’importantes sources de financement au cours de ses premières années d’existence.
Malgré ces difficultés, le magazine The Walrus fait rapidement une très forte impression. En 2004, Utne Reader le nomme meilleure nouvelle publication. En 2008, seulement cinq ans après son lancement, il est en nomination 37 fois et il remporte au moins six prix d’or et quatre d’argent aux prestigieux Prix du magazine canadien.

Fondation The Walrus
Shelley Ambrose démissionne du magazine The Walrus en juin 2020. Elle exprime une immense fierté pour tout ce qui a été accompli durant son mandat, notamment la qualité du magazine, la popularité des plateformes et des événements nationaux, ainsi que la généreuse dotation du Walrus Trust.
Mandat éducatif
L’une des particularités du magazine The Walrus est son mandat éducatif. En tant qu’organisme de bienfaisance enregistré, The Walrus considère qu’une partie de sa mission est d’offrir une plateforme pour la formation de la prochaine génération de journalistes, de rédacteurs et de vérificateurs de faits. En plus de la formation de journalistes (la publication estime avoir formé près de 200 journalistes canadiens depuis son lancement), le magazine The Walrus se consacre également à l’éducation du public par l’entremise de son journalisme.
Controverses
En 2014, le magazine The Walrus est contraint de mettre fin à son programme de stages non rémunérés suite à une décision du ministère du Travail de l’Ontario. À l’époque, The Walrus offre des stages non rémunérés d’une durée de quatre à six mois. Cette situation suscite la controverse et provoque un débat houleux. Les défenseurs de ce programme, dont The Walrus lui-même, soutiennent que les stages non rémunérés sont essentiels au fonctionnement des publications et constituent un tremplin indispensable dans le développement de carrière des journalistes. Les défenseurs des droits des travailleurs rétorquent que cette pratique en général est une forme d’exploitation. Le magazine The Walrus offre désormais plusieurs bourses rémunérées par année afin de contribuer à la formation de la prochaine génération de journalistes canadiens.
En 2015, une enquête de Canadaland révèle un climat de travail toxique au Walrus, notamment des allégations d’intimidation et de mauvaise gestion. Un rédacteur en chef cité dans l’article a été congédié du Walrus peu avant la publication de l’article de Canadaland.
En 2017, le rédacteur en chef Jonathan Kay démissionne suite à la vive polémique suscitée par son soutien à un prix « d’appropriation culturelle » théorique proposé par Hal Niedzviecki, alors rédacteur en chef de la revue Write, publiée par l’Union des écrivains du Canada. (Voir aussi Appropriation culturelle des peuples autochtones au Canada.) Jonathan Kay nie avoir été contraint de démissionner, mais il affirme que le magazine The Walrus prend une nouvelle orientation, et que lui-même souhaite explorer des sujets plus controversés.
Rédacteurs en chef récents
Après la démission de Jonathan Kay en 2017, Jessica Johnson prend la relève du poste de rédactrice en chef et elle l’occupe jusqu’en janvier 2023. Carmine Starnino, cofondateur du magazine Maisonneuve et rédacteur adjoint de The Walrus, en devient le rédacteur en chef en janvier 2024.
Diffusion et lectorat
En 2025, le magazine The Walrus publie huit numéros imprimés, avec un tirage de 22 700 exemplaires. Le site web du magazine enregistre en moyenne 785 000 visites par mois, et 141 000 personnes sont abonnées à ses infolettres. Les balados de The Walrus sont téléchargés en moyenne 7000 fois par mois, et la publication est consultée en moyenne 400 000 fois par mois sur Apple News. The Walrus compte environ 258 000 abonnés sur les médias sociaux. La publication touche environ un million de Canadiens chaque année.
Prix
Depuis son lancement en 2003, le magazine The Walrus remporte des centaines de prix nationaux, notamment des prix décernés par les Prix du magazine canadien, les Canadian Online Publishing Awards, le Advertising and Design Club of Canada, l’Association canadienne des journalistes, le Prix canadien Hillman, et les Digital Publishing Awards, entre autres.
(Voir aussi Magazines; Revues littéraires de langue anglaise; Canadian Magazine Strategy.)