Selon la tradition orale des Mi’kmaq, ces derniers vivent sur leur territoire ancestral de Mi’kma’ki depuis des temps immémoriaux. Les descendants des Mi’kmaq qui vivent sur l’ensemble du territoire de Mi’kma’ki de nos jours comprennent la Première Nation Miawpukek et la Première Nation Mi’kmaq Qalipu à Ktaqmkuk (Terre-Neuve). Il existe d’autres Premières Nations Mi’kmaq à travers l’est du Canada, ainsi que la Mi’kmaq Nation Tribe aux États-Unis. La Première Nation Miawpukek est l’une des deux Premières Nations Mi’kmaq de Terre-Neuve (voir Premières Nations à Terre-Neuve-et-Labrador). En date de mars 2026, la Première Nation Miawpukek comptait 3163 membres enregistrés, dont 838 vivaient sur sa réserve.
Population et territoire
La Première Nation Miawpukek est un gouvernement de bande des premières nations située sur la côte sud de l’île de Terre-Neuve (voir aussi Premières Nations à Terre-Neuve-et-Labrador). La Première Nation Miawpukek gouverne la réserve Samijij Miawpukek, et en date de mars 2026, elle compte 3163 membres enregistrés. De ce nombre de membres, 838 vivent sur la réserve. Depuis 1987, la Première Nation Miawpukek est passée d’une communauté pauvre et sous-employée à une communauté dynamique qui affiche un taux d’emploi de près de 100 %. La Première Nation Miawpukek n’a pas toujours été reconnue comme étant une Première Nation ou un gouvernement autochtone, malgré la tradition orale des Mi’kmaq et les documents coloniaux qui attestent que le gouvernement colonial de Terre-Neuve a désigné Miawpukek comme réserve en 1870 (voir aussi Réserves à Terre-Neuve-et-Labrador). Le gouvernement fédéral refuse d’accepter et de reconnaitre cette réserve établie sous le gouvernement colonial depuis que Terre-Neuve s’est jointe à la Confédération en 1949 (voir Terre-Neuve-et-Labrador et la Confédération). Il fait valoir que le fait de reconnaitre la réserve de 1870 serait trop coûteux. Par conséquent, ce n’est qu’en 1987, après de nombreuses années de plaidoyer et de militantisme de la part de la communauté et de ses alliés colons, que le gouvernement reconnait officiellement la Première Nation Miawpukek.

Conditions de l’union
Au Canada, à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador, les Premières Nations sont assujetties à la Loi sur les Indiens. Cette loi confère au gouvernement fédéral le contrôle du statut d’Indien, de la gouvernance des bandes des Premières Nations et de la gestion du système de réserves. La Loi sur les Indiens ne s’étend pas à Terre-Neuve-et-Labrador lorsque cette région se joint au Canada en 1949. Les représentants de Terre-Neuve estiment qu’il n’y a pas de peuples autochtones à Terre-Neuve. Ainsi, la position officielle est qu’il n’y a pas de peuples autochtones dans la province en date de 1949. Par conséquent, les Mi’kmaq, les Innus et les Inuits s’organisent politiquement pour lutter contre cette négation et ils créent la Native Association of Newfoundland and Labrador.
Native Association of Newfoundland and Labrador
Le militantisme et l’organisation politique des Mi’kmaq commencent dans les années 1970, avec la création la Native Association of Newfoundland and Labrador (voir aussi Organisation politique des Autochtones et activisme au Canada). Cependant, les Innus et les Inuits se séparent de cette association autochtone et ils créent leurs propres organisations pour prioriser et défendre leurs besoins et intérêts. La Native Association of Newfoundland and Labrador est renommée Federation of Newfoundland and Labrador Indians en 1976. En 1979, elle change à nouveau son nom pour la Fédération des Indiens de Terre-Neuve afin de mieux représenter ses membres. Les Mi’kmaq de Miawpukek quittent la Fédération des Indiens de Terre-Neuve en 1982-1983 afin de pouvoir négocier leurs propres revendications territoriales et leur propre autonomie gouvernementale avec le gouvernement fédéral.
Reconnaissance et autodétermination de Miawpukek
En 1972, la Première Nation Miawpukek est constituée en tant que district d’amélioration locale, administré par un conseil local. Ce conseil devient le Conne River Native Council l’année suivante afin de soutenir les efforts d’autodétermination. En 1974, la Première Nation Miawpukek est reconnue comme une « communauté autochtone » en vertu d’un accord fédéral-provincial. En 1981, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador commence à retenir des fonds destinés à la Première Nation Miawpukek parce qu’il est en désaccord avec la manière dont la communauté répartit les fonds. En réponse, le chef Mi'sel Joe et huit autres Mi’kmaq commencent une grève de la faim, forçant ainsi le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral à débloquer leurs fonds sans condition. En 1982, la Fédération des Indiens de Terre-Neuve et les Mi’kmaq de Miawpukek déposent une revendication territoriale globale qui couvre la partie sud-ouest de l’île de Terre-Neuve. En 1984-1985, la plupart des Mi’kmaq de Miawpukek sont inscrits en vertu de la Loi sur les Indiens, et la Première Nation Miawpukek est officiellement créée. Une réserve lui est attribuée en 1987.
Aujourd’hui
Grâce à la mobilisation politique et à l’activisme de la communauté, la Première Nation Miawpukek peut offrir des programmes et des services essentiels à ses membres. Ces services comprennent du soutien en matière de logement, des services de santé et des services sociaux, des programmes de formation et de développement économique, ainsi qu’une éducation dispensée par les Mi’kmaq pour tous les membres de la communauté. Cependant, aucune revendication territoriale n’est acceptée pour la Première Nation Miawpukek ni pour la Première Nation Mi’kmaq Qalipu, le gouvernement fédéral ayant rejeté leur revendication territoriale en 1986. Le gouvernement fédéral invoque un manque de preuves d’une occupation pré-européenne sur l’île, malgré les témoignages de Mi’kmaq et les preuves anthropologiques d’une occupation mi’kmaq antérieure à l’arrivée des Européens.
