Article

Peter Howitt

Peter Wilkinson Howitt, FRSC, économiste, professeur, auteur (né le 31 mai 1946 à Guelph en Ontario). Peter Howitt est colauréat du prix Nobel d’économie de 2025. (Voir aussi Les prix Nobel et le Canada.) Il est reconnu pour ses travaux sur le concept économique de destruction créatrice et sur la théorie de la croissance endogène.

Peter Howitt
Peter Howitt reçoit le prix Nobel d’économie de 2025 lors de la cérémonie de remise des prix Nobel à Stockholm en Suède, le 10 décembre 2025.
(photo par Pascal Le Segretain/Getty Images)

Jeunesse et éducation

Peter Howitt fréquente la Victory Public School et le Guelph Collegiate Vocational Institute. De son propre aveu, il n’est pas un très bon élève, mais un ami de la famille l’encourage à étudier. Lors d’une entrevue, Peter Howitt confie :

« Lorsque j’étais adolescent, j’ai été influencé par Carl Winger, qui était propriétaire d’une compagnie de courtage de laine à Guelph, et il m’a pris sous son aile. Il m’a offert un emploi dans sa compagnie où j’allais après l’école et pendant les fins de semaine, et j’étais fasciné par les fluctuations de prix qui parvenaient du monde entier grâce à son téléscripteur. Il m’a dit que si je voulais comprendre cela, je devais étudier en économie. »


Peter Howitt étudie à l’Université McGill, où il se spécialise en sciences économiques et en sciences politiques. Il obtient son baccalauréat (avec distinction) en économie en 1968. En 1969, il fait et obtient sa maitrise en économie à l’Université Western Ontario (maintenant l’Université Western). Il étudie sous la direction de Robert W. Clower à l’Université Northwestern à Evanston dans l’Illinois, et il obtient son doctorat en économie en 1973. Sa thèse est intitulée Studies in the Theory of Monetary Dynamics.

Carrière universitaire

Peter Howitt enseigne à l’Université Western Ontario, d’abord en tant que professeur adjoint de 1972 à 1977, ensuite en tant que professeur agrégé jusqu’en 1981, et enfin comme professeur jusqu’en 1996. Durant cette période, il est professeur de la chaire de la Banque de Montréal en argent et finance. Durant ces années également, il est professeur invité à l’Université hébraïque (1980), à l’Université Laval (1985), au Massachusetts Institute of Technology (MIT) (1988), à l’Université Paris 1 (1989), et à l’Université de Toulouse (1995-1996). De 1996 à 2000, il enseigne à la Ohio State University. En 2000, il se joint à la Brown University, où il est professeur d’économie et de sciences sociales jusqu’en 2012. Depuis 2013, il est professeur émérite d’économie et de sciences sociales à Brown et, depuis 2015, il est professeur honoraire d’économie à l’Université Western Ontario.

En plus de sa carrière d’enseignant, Peter Howitt participe également à diverses organisations d’économie et de recherche en politique économique. Il occupe le poste de président de l’Association canadienne d’économique de 1993 à 1994, et il est membre associé de l’Institut canadien de recherches avancées de 1994 à 2002. En tant que chercheur en résidence et chercheur international, il contribue depuis plus de 25 ans aux travaux de l’Institut C.D. Howe. Il est également affilié à des organismes de recherche internationaux, comme le CESifo et le National Bureau of Economic Research.

Faits saillants de recherches

Théorie de la croissance endogène et destruction créatrice

Peter Howitt rencontre l’économiste français Philippe Aghion alors qu’il est au MIT et ils commencent une collaboration ensemble. Ils explorent des théories de croissance économique, comme le concept de croissance endogène selon lequel la croissance économique est impulsée par des forces internes à l’économie elle-même. Peter Howitt et Philippe Aghion abordent la question de la croissance endogène dans leurs ouvrages publiés en collaboration.

La destruction créatrice, qui a été conceptualisée par l’économiste politique autrichien Joseph Schumpeter dans son livre Capitalism, Socialism and Democracy (trad. Capitalisme, socialisme et démocratie) de 1942, est le processus par lequel les anciennes technologies sont remplacées par de nouvelles technologies, constituant ainsi un système fondamental d’innovation et de croissance économique. Peter Howitt, en collaboration avec Philippe Aghion, développe le modèle Schumpétérien et formalise mathématiquement le processus. Leurs recherches ouvrent la voie à l’étude des fluctuations macroéconomiques, du chômage, et à la compréhension de la croissance économique durable. Les propres travaux de recherches de Peter Howitt examinent la manière dont les facteurs comme la finance, l’éducation et la concurrence influencent le progrès technologique. Le modèle que Peter Howitt contribue à créer offre un guide précieux pour les politiques favorables aux subventions pour le développement et la mise en place de filets de sécurité pour les travailleurs dont les moyens de subsistance sont affectés par la destruction créatrice. Ses travaux sont également importants pour l’évolution des lois antitrust et de la concurrence, alors que l’ordre économique international est confronté aux changements et aux conflits engendrés par l’essor de l’intelligence artificielle.

« L’idée est que la croissance économique est alimentée par le progrès technologique. Ce progrès technologique provient de nouvelles inventions et innovations qui ouvrent toutes sortes de possibilités pour nous rendre plus productifs, mais parallèlement à ces grands avantages pour la majeure partie de la société, il génère également beaucoup de préjudices pour certaines personnes dont le capital humain ou physique est rendu obsolète par ces nouvelles idées. »

– Peter Howitt


Prix Nobel

En 2025, l’Académie royale des sciences de Suède décerne conjointement à Peter Howitt et Philippe Aghion la moitié du prix Nobel d’économie pour leurs travaux sur la théorie de la croissance durable par la destruction créatrice. (Voir aussi Les prix Nobel et le Canada.) L’autre moitié est attribuée à l’économiste et historien américano-israélien Joel Mokyr. Dans son communiqué, l’Académie déclare : « Au cours des deux derniers siècles, pour la première fois dans l’histoire, le monde a connu une croissance économique soutenue. Ceci a permis à un vaste nombre de personnes de sortir de la pauvreté, et a jeté les bases de notre prospérité. Les lauréats de cette année en sciences économiques, Joel Mokyr, Philippe Aghion et Peter Howitt, expliquent comment l’innovation est le moteur du progrès. »

Lauréats du prix Nobel d’économie de 2025
(De gauche à droite) Joel Mokyr, Philippe Aghion et Peter Howitt prennent la parole lors d’une conférence de presse à l’Académie royale des sciences de Suède à Stockholm, le 7 décembre 2025.
(photo par Claudio BRESCIANI/TT News Agency/AFP via Getty Images)


Lors de la remise du prix à Stockholm, Kerstin Enflo, professeure d’économie à l’Université de Lund, déclare : « À partir des travaux de Peter Howitt et de Philippe Aghion, nous pouvons déduire le taux de croissance moyen comme le résultat d’une multitude de décisions prises par des individus confrontés à des intérêts conflictuels. »

Historique d’éditoriaux et de publications

Peter Howitt publie ou contribue à de nombreux ouvrages tout au long de sa carrière. Il est rédacteur en chef du Journal of Money, Credit and Banking de 1997 à 2000. Il est également rédacteur adjoint du Canadian Journal of Economics (1978-1981), de Econometrica (1995-1998), du Journal of Economic Growth (depuis 1996), de Macroeconomic Dynamics (1997-2001) et à nouveau du Journal of Money, Credit and Banking (2006-2011). Entre 1973 et 2018, il publie, seul ou en collaboration, 141 articles sur l’économie et sur des sujets connexes dans des journaux canadiens, américains et européens. Il est l’auteur ou le coauteur de plusieurs livres : Monetary Policy in Transition: A Study of Bank of Canada Policy, 1982–85 (1986), The Keynesian Recovery and Other Essays (1990), Endogenous Growth Theory (écrit avec Philippe Aghion, 1998; trad. Théorie de la croissance endogène), et The Economics of Growth (écrit avec Philippe Aghion, 2009; L’économie de la croissance). Peter Howitt est l’éditeur de The Implications of Knowledge-Based Growth for Micro-Economic Policies (1996), et de Money, Markets and Method: Essays in Honour of Robert W. Clower (avec Elisabetta de Antoni et Axel Leijonhufvud, 1999). Il révise également de nombreux livres et articles scientifiques en économie.

Prix et distinctions

  • Membre, Société royale du Canada (1992)
  • Membre, Econometric Society (1994)
  • Doctorat honorifique en sciences, Université de Guelph (2009)
  • Doctorat honorifique en lettres, Université Wilfrid Laurier (2016)
  • Membre honoraire senior, Rimini Centre for Economic Analysis (2018)
  • Prix Frontiers of Knowledge (catégorie Économie, finance et gestion), BBVA Foundation (2020)
  • Prix Sveriges Riksbank en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, Académie royale des sciences de Suède 2025)

Collections associées