Piita Irniq (anciennement connu sous les noms de Peter Irniq et de Peter Ernerk), aîné, promoteur culturel, artiste, fonctionnaire, commissaire du Nunavut (né en 1947 à Lyon Inlet dans les Territoires du Nord-Ouest [aujourd’hui le Nunavut]). L’aîné Piita Irniq a représenté la région du Keewatin au Conseil des Territoires du Nord-Ouest de 1975 à 1979. De 2000 à 2005, il a occupé le poste de deuxième commissaire du Nunavut. Piita Irniq s’est consacré à préserver et à promouvoir la culture et les langues inuites (voir Inuktitut).

Jeunesse
L’aîné Piita Irniq grandit et est élevé selon le mode de vie traditionnel inuit, pratiquant le piégeage, la chasse et vivant des ressources de la terre. Piita Irniq et sa famille vivent dans des igloos durant l’hiver et dans des tentes pendant l’été (voir Histoire de l’architecture des peuples autochtones au Canada). Ils voyagent en traineaux à chiens et parlent l’inuktitut.
Piita Irniq se souvient qu’en 1958, des missionnaires annoncent à ses parents que leur fils doit partir étudier à l’école. Sans consultation préalable, Piita Irniq et d’autres enfants de la région sont envoyés au pensionnat indien.
Pensionnat indien
L’aîné Piita Irniq fréquente la Sir Joseph Bernier Federal Day School à Chesterfield Inlet dans les Territoires du Nord-Ouest puis, de 1963 à 1964, la Sir John Franklin School à Yellowknife, également dans les Territoires du Nord-Ouest (voir Externats indiens au Canada).
Piita Irniq déclare que plusieurs enfants qui logent au Turquetil Hall, le foyer rattaché à la Sir Joseph Bernier Federal Day School, subissent des sévices sexuels, mentaux et physiques. Il se souvient avoir lui-même fait l’objet de violences physiques pour avoir parlé l’inuktitut. Bien que Piita Irniq conserve sa langue, de nombreux enfants perdent leur capacité de parler les langues autochtones dans les pensionnats indiens. Coupés de leur famille et de leurs communautés avec qui ils n’ont que très peu de contacts, plusieurs d’entre eux perdent tout lien avec leurs cultures et leurs modes de vie autochtones.
Piita Irniq déclare que les pensionnats indiens ont radicalement changé sa vie. Il commence à boire pour « cacher la honte » qu’il ressent en conséquence de ses expériences à l’école. De plus, il ne retourne jamais vivre dans sa communauté natale après l’école, ce qu’il regrette : « C’est quelque chose que je regrette. C’est quelque chose qui m’a beaucoup pesé au cours des années passées. Mais c’est comme ça que j’étais… j’ai été élevé dans le système des pensionnats. »
Piita Irniq encourage les survivants à parler de leurs expériences vécues dans les pensionnats indiens, afin que tous les Canadiens connaissent la vérité sur ce système et qu’ils puissent déployer les efforts nécessaires pour faire en sorte que cela ne se reproduise plus jamais (voir aussi Les expériences des Inuits dans les pensionnats indiens).
École de métiers et début de carrière
En 1964, l’aîné Piita Irniq entreprend une formation professionnelle au Churchill Vocational Centre au Manitoba. Après avoir vu Piita Irniq travailler à l’école en 1965, le surintendant scolaire de district l’envoie à Kitchener en Ontario, pour travailler dans une usine de meubles.
Pendant les années 1960, Piita Irniq occupe différents postes au gouvernement et dans le secteur de l’éducation, dont celui d’annonceur-opérateur et de spécialiste inuit à la CBC à Churchill; enseignant sur les ondes dans le cadre d’un programme d’éducation des Inuits géré par certaines stations de la CBC dans le Nord; conseiller culturel auprès d’Affaires autochtones et Développement du Nord canadien; et rédacteur en chef du magazine Inuktitut.
Carrière politique
Au cours des années 1970, l’aîné Piita Irniq est inspiré par les avancées politiques qu’il observe dans les affaires autochtones, comme la mise sur pied de l’Inuit Tapirisat du Canada en 1971 (aujourd’hui l’Inuit Tapiriit Kanatami) et les pourparlers sur la création du Nunavut. Il commence alors à travailler à l’amélioration des conditions de vie des Inuits.
Piita Irniq occupe son premier poste dans la fonction publique en janvier 1971, en tant que responsable de l’information et traducteur au sein du ministère de l’Information du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. Il est également adjoint exécutif du sous-commissaire pour les Territoires du Nord-Ouest de 1974 à 1975.
Piita Irniq est élu lors des élections territoriales de 1975 pour représenter Keewatin. Il est le premier Inuit à devenir directeur régional adjoint pour le ministère de l’Exécutif à Keewatin (maintenant Kivalliq), un poste qu’il occupe de 1979 à 1981. Par la suite, en tant que directeur des ressources renouvelables, il encourage l’embauche d’Inuits et l’intégration des savoirs traditionnels dans les activités du ministère. Il est ensuite président du Conseil du Keewatin de 1982 à 1983. Piita Irnik est élu président de la Keewatin Inuit Association pour un mandat de cinq ans. Il est député de l’Assemblée législative des Territoires du Nord-Ouest pour la circonscription d’Aivilik de 1987 à 1991. Il n’est pas réélu après 1991.
En 1992, Piita Irniq est nommé directeur général du Inuit Cultural Institut. L’année suivante, il devient directeur des communications pour Nunavut Tunngavik Inc., l’organisme qui coordonne et éventuellement met en œuvre l’accord de revendication territoriale du Nunavut. Après la négociation de cet accord, qui conduit à la création du nouveau territoire du Nunavut, Piita Irniq siège à la Commission d’établissement du Nunavut. Il représente les intérêts du Nunavut en 1997 à titre de directeur adjoint chargé du patrimoine et de la culture pour le Nunavut au sein du ministère de l’Éducation, de la Culture et de l’Emploi des Territoires du Nord-Ouest. Il est nommé sous-ministre de la Culture, de la Langue, des Aînés et de la Jeunesse en 1998. En 1999, il travaille à la création d’organismes du tout nouveau gouvernement du Nunavut, mettant un accent particulier sur les langues officielles, l’accès à l’information et les conflits d’intérêts.
Piita Irniq est nommé deuxième commissaire du Nunavut en avril 2000. Ce poste, essentiellement honorifique, s’apparente à celui du lieutenant-gouverneur d’une province. Piita Irniq termine son mandat de commissaire au début de 2005. Il est remplacé par Ann Meekitjuk Hanson le 21 avril 2005.
Écriture et travail artistique
L’aîné Piita Irniq rédige des chroniques sur la vie des Inuits pour le journal Nunavut News/North. Pour ses chroniques écrites en 2006, la Ontario Community Newspapers Association lui décerne le prix du chroniqueur de l’année en 2007.
Piita Irniq est également reconnu pour sa création d’inukshuks. Son œuvre est présentée lors des Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver. Les œuvres de Piita Irniq sont également exposées à l’extérieur du Canada, dont en France, en Argentine, en Mongolie et aux États-Unis.

Importance
Tout au long de sa carrière, l’aîné Piita Irniq se distingue par son engagement actif dans la défense de la culture inuite de façon générale, et en particulier, par sa promotion de l’inuktitut et ses efforts pour l’inclusion du Inuit Qaujimajatuqangit, l’ensemble des savoirs traditionnels inuits, dans les institutions qui travaillent au service de la population inuite.