Identité de genre

Le terme « identité de genre » fait référence à la perception qu’a un individu de son propre genre, ou du genre qu’il estime le plus conforme à la façon dont il se perçoit lui-même.

Cet article traite de thématiques délicates qui peuvent ne pas convenir à tous les publics.



Genderbread est un modèle qui décrit la façon dont la société interprète la notion de genre, et les différentes composantes qui entrent en jeu.

Pour comprendre l’identité de genre, il faut d’abord saisir la distinction entre le sexe biologique et le genre. Ce sont tous deux des systèmes de classification, qui fonctionnent toutefois de manières bien différentes. Dans la plupart des cas, les bébés se voient attribuer une catégorie à la naissance ou avant en fonction d’un ensemble spécifique de caractéristiques biologiques, y compris, entre autres, les chromosomes, les hormones et les organes génitaux. En général, les catégories de sexe biologique sont masculin, féminin et intersexué. (Voir note explicative sur le terme « intersexué » à la fin de l’article.)

Contrairement au sexe biologique, le genre est un système de classification basé sur les comportements, les rôles et les attributs. Ces catégories comprennent notamment les femmes, les hommes, les non-binaires, les personnes de genre non conforme, les personnes de genre queer, les personnes du troisième sexe et les personnes bispirituelles. On considère largement le genre comme un concept social, étant donné que ce sont les sociétés et les cultures qui dictent les comportements, rôles et attributs associés aux genres. Ainsi, l’identité de genre d’une personne reflète la catégorie de genre à laquelle elle estime appartenir.

Le sexe biologique est attribué aux bébés à la naissance ou peu avant, bien que les enfants ne commencent à exprimer leur identité de genre que vers l’âge de deux ans. Chez certains, l’identité de genre reste la même tout au long de la vie; chez d’autres, elle change; parfois encore, on fait des allers-retours entre deux ou plusieurs identités de genre.

Certains sont d’avis que le genre est universel et immuable. On pourrait ainsi être tenté de croire que le genre est défini par certaines normes ou règles. Pourtant, en réalité, la signification du genre change selon les époques et les lieux. Ce qui peut nous sembler féminin à un moment et en un lieu donné peut sembler masculin à d’autres personnes à un autre moment et en un autre lieu. Par exemple, dans le Montréal du 19e siècle, les femmes étaient limitées à ne porter que des jupes, les pantalons étant l’apanage des hommes. Aujourd’hui, dans la même ville, les femmes peuvent porter les vêtements de leur choix.

On associe souvent l’identité de genre au concept d’« expression de genre », qui s’entend de la manière dont un individu présente ou interprète son genre en public. La présentation du genre peut se faire par le maquillage, les vêtements, les noms ou les pronoms utilisés. Il arrive toutefois que l’identité de genre d’une personne ne soit pas liée à son expression de genre. Il est également important de reconnaître qu’il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon d’exprimer son identité de genre, et que toute préférence est valable et mérite le respect.

Enfin, s’il est vrai que l’on considère souvent le concept d’identité de genre comme étant lié à l’orientation sexuelle d’une personne, il n’existe aucun lien entre la façon dont on identifie son genre et les personnes que l’on peut trouver attirantes du point de vue émotionnel ou sexuel.

Graffiti représentant un arc-en-ciel à Montréal
Cet arc-en-ciel mosaïqué est peint sur un mur en brique dans le quartier gai de Montréal et signifie la fierté gaie.

Note : Le terme « intersexué » n’est d’usage courant que depuis peu et est utilisé pour décrire le sexe biologique d’un enfant né avec des organes génitaux indéterminés, ambigus ou atypiques. Par exemple, bien que l’on estime souvent qu’il existe une différence claire entre un clitoris et un pénis, cette différence peut être très subjective. Pendant longtemps, les enfants nés avec des organes génitaux indéterminés, ambigus ou atypiques se voyaient souvent attribuer un sexe biologique à la naissance et leur corps était modifié par des interventions chirurgicales afin que leurs organes génitaux soient conformes à ce sexe, qui pouvait ou non refléter leur identité de genre. Bien que cette pratique soit maintenant reconnue comme dommageable et que de nombreux médecins la déconseillent, entre 30 et 80 % des enfants intersexués subissent des opérations de changement de sexe sans consentement.


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