Grève d'Arvida

Le 24 juillet 1941, environ 700 travailleurs des salles de cuves de l'usine Alcan (Aluminium Company of Canada) à Arvida, au Saguenay, débrayent spontanément et occupent l'usine.

Grève d'Arvida

Le 24 juillet 1941, environ 700 travailleurs des salles de cuves de l'usine Alcan (Aluminium Company of Canada) à Arvida, au Saguenay, débrayent spontanément et occupent l'usine. Le lendemain, l'arrêt de travail se propage à tous les ouvriers, ce qui représente au total environ 4500 travailleurs en grève. Comme le débrayage survient dans une usine essentielle à l'effort de guerre, la grève est illégale selon la loi fédérale. L'événement cause une commotion profonde quand le ministre des Munitions, C.D. Howe, mal informé, déclare que 300 hommes se sont emparés de l'usine et qu'il s'agit d'un « cas suspect de sabotage de l'ennemi ». La déclaration fait le tour de la presse anglophone, outrée d'un tel préjudice à l'effort de guerre. Des agents de la police provinciale et deux compagnies de soldats sont dépêchés sur les lieux pour faire évacuer l'usine.

Les ouvriers reprennent le travail quatre jours après le déclenchement de la grève, et les négociations s'amorcent par le truchement du syndicat, affilié à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (voir Confédération des syndicats nationaux). Les deux parties étant incapables de s'entendre, on fait appel un peu plus tard à une commission de conciliation. Par ailleurs, la Commission royale d'enquête écarte l'idée de sabotage et attribue l'origine du conflit à l'exaspération des travailleurs, qui réclament depuis quelque temps une augmentation de salaire, l'abolition des primes au rendement et l'embauche d'un plus grand nombre de travailleurs dans les salles des cuves. Le mécontentement s'est cristallisé le 24 juillet en raison de la chaleur accablante frappant la région et parce que les ouvriers se sont aperçus, la veille, que leur paie avait diminué à cause de nombreuses nouvelles déductions à la source. Dès le retour au travail, la compagnie verse le boni de vie chère dû aux employés et leur accorde un peu plus tard une légère augmentation de salaire. Dans son rapport, la commission de conciliation satisfait à plusieurs des réclamations des travailleurs.


Lecture supplémentaire

  • Evelyn Dumas, Dans le sommeil de nos os (1971).