Article

Doly Begum

Doly Begum, politicienne (née le 5 septembre 1989 à Moulvibazar au Bangladesh). Depuis avril 2026, Doly Begum est la députée fédérale du Parti libéral dans Scarborough Southwest. Elle est une ancienne députée provinciale pour le Nouveau Parti démocratique de l’Ontario. En 2018, à l’âge de 29 ans, elle est devenue la première Canadienne d’origine bangladaise à être élue à un poste politique provincial ou fédéral. (Voir aussi Canadiens de l’Asie du Sud.)

Jeunesse

Doly Begum naît dans la région de Sylhet, dans le nord-est du Bangladesh. Elle immigre au Canada avec ses parents et son jeune frère alors qu’elle est enfant. Elle grandit à Scarborough, en Ontario.

Éducation et début de carrière

Doly Begum étudie à la Scarborough Academy for Technological, Environmental and Computer Studies (SATEC @ W.A. Porter C.I.), dans la même circonscription qu’elle représente plus tard. En 2012, elle obtient un baccalauréat ès arts avec mention de l’ Université de Toronto. Par la suite, elle devient analyste politique pour l’association étudiante de l’Université de Toronto. En 2015, elle obtient une maîtrise en administration et planification du développement à la University College London.

En 2016, Doly Begum s’implique dans la campagne Keep Hydro Public en tant que coordinatrice. La campagne est créée pour s’opposer à la décision de la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, de privatiser une partie de Hydro One en 2015. Hydro One est le distributeur d’électricité de l’Ontario.

Doly Begum est également vice-présidente du centre communautaire Warden Woods à Scarborough.

Elle est mariée à Rizuan Rahman, un avocat et une figure connue de la communauté canado-bangladaise de Scarborough, jusqu’au décès de celui-ci en septembre 2024.

Politique provinciale

Premier mandat (de 2018 à 2022)

Doly Begum est élue pour la première fois lors des élections provinciales de 2018 en Ontario. Elle se présente sous la bannière du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario dans la circonscription de Scarborough-Sud-Ouest. Cette circonscription compte une importante population d’immigrants et de Canadiens d’origine bangladaise. Environ 45 % de ses résidents sont des immigrants. Selon le recensement de 2021, 16 % de ces immigrants sont d’origine bangladaise. De plus, le quartier historique de Little Bangladesh à Toronto se trouve immédiatement à l’ouest de la circonscription.

Doly Begum finit par vaincre le député libéral sortant, Lorenzo Berardinetti, qui occupe le siège depuis 15 ans. Elle remporte également la circonscription avec 46 % des voix. Lors de sa première déclaration des députés à l’Assemblée législative de l’Ontario, Doly Begum déclare qu’elle est « fière d’être la première Canadienne d’origine bangladaise à être élue à une Chambre du Parlement du Canada ». Elle estime que les électeurs ont « vaincu la politique du cynisme avec de l’espoir et de l’amour ».

En 2018, Doly Begum devient porte-parole de l’opposition pour le programme national d’apprentissage et de garde d’enfants, ainsi que whip adjointe de l’opposition officielle l’année suivante. Elle s’aligne sur la position du NPD en faveur de changements progressistes dans les politiques de protection sociale, en particulier celles visant les femmes et les immigrants. Parmi ses victoires politiques, on compte l’instauration du mois de juin en tant que Mois du patrimoine philippin. (Voir Communauté philippine au Canada.)

Pendant la pandémie de COVID-19, Doly Begum critique fréquemment le gouvernement du premier ministre de l’Ontario, Doug Ford. Un nombre disproportionné de cas de COVID-19, d’hospitalisations et de décès ont lieu à Scarborough en raison de son importante population racialisée et à faible revenu.

Durant la pandémie, les médias critiquent les politiciens de tout le Canada pour leurs voyages à l’étranger. Au début de 2022, Doly Begum décide de voyager au Bangladesh avec son mari pour rendre visite à sa belle-mère.

Dans un communiqué, Doly Begum révèle que son mari a reçu un diagnostic de cancer et que sa belle-mère est malade. « J’ai placé mes responsabilités de représentante élue et mon engagement à suivre toutes les recommandations de santé publique au-dessus de toute autre chose », déclare-t-elle. « Cependant, à la lumière de la récente détérioration de la santé de ma belle-mère et des restrictions potentielles sur les déplacements de mon mari dans les mois à venir en raison de son traitement, mon mari et moi avons décidé de nous rendre au Bangladesh pendant sept jours pour être réunis avec ma belle-mère. »

Deuxième mandat (de 2022 à 2025)

Doly Begum conserve son siège lors des élections provinciales de 2022 en Ontario. Elle obtient 48 % des voix.

Après sa réélection en 2022, le chef de l’opposition par intérim Peter Tabuns nomme Doly Begum chef adjointe du NPD de l’Ontario aux côtés de Sol Mamakwa.

En 2022, Doly Begum coparraine un projet de loi visant à réduire les obstacles auxquels se heurtent les travailleurs des soins de santé formés à l’étranger, dont les titres de compétences internationaux ne sont pas acceptés en Ontario. L’initiative vise à améliorer le système de santé de l’Ontario, qui souffre de longs délais d’attente pour les visites aux urgences et pour les interventions chirurgicales de routine, et qui connaît également une grave pénurie de personnel. Selon une enquête de la Presse canadienne, le gouvernement de l’Ontario estime que la province a besoin de 6 000 infirmières et de 24 100 préposés supplémentaires aux services de soutien à la personne pour résoudre ces problèmes en 2022.

Doly Begum déclare qu’en « réparant le système de certification internationale, nous pouvons combler la pénurie de personnel des soins de santé et fournir aux gens les soins dont ils ont besoin maintenant ».

Doly Begum coparraine également un certain nombre d’autres projets de loi avec ses collègues. Elle soutient la législation qui vise à améliorer les tarifs d’assurance automobile et la création d’une agence indépendante pour les droits des consommateurs. En ce qui concerne la question de l’environnement, elle fait pression pour une loi tenant les entreprises productrices de combustibles fossiles légalement responsables des coûts économiques du changement climatique.

Une femme portant des lunettes, un voile bleu et une tenue blanche.

En tant que chef adjointe, Doly Begum défend la décision controversée du NPD de l’Ontario de retirer Sarah Jama (députée provinciale de Hamilton-Centre) du caucus du NPD en octobre 2023. Dans le contexte de la guerre entre Israël et le Hamas en 2023, Sarah Jama publie une déclaration appelant à un cessez-le-feu, décrivant les conditions de vie des Palestiniens comme un « apartheid », sans toutefois en informer les dirigeants du parti au préalable. Doly Begum déclare au Toronto Star qu’elle ne pense pas qu’il soit « judicieux pour un membre de notre caucus d’agir unilatéralement ».

Troisième mandat (2025 à 2026)

Lors des élections générales ontariennes de février 2025, le NPD de l’Ontario réussit à demeurer l’opposition officielle ― malgré une perte de sièges et dans le pourcentage d’appui. Doly Begum garde son siège avec 42,9 % des votes.

En plus d’être chef adjointe du NPD, Doly Begum devient également la porte-parole de l’opposition en matière de transports en commun, d’antiracisme et d’équité.

Saut en politique fédérale

En février 2026, Doly Begum annonce soudainement qu’elle démissionne de son rôle comme chef adjointe du Nouveau Parti démocratique de l’Ontario et de son siège dans la législature ontarienne. Elle souhaite plutôt se présenter comme candidate fédérale du Parti libéral. Selon Doly Begum, elle serait en mesure de mieux contribuer à sa communauté en tant que députée fédérale. Elle salue également le fait que le premier ministre Mark Carney est en mesure de rallier des personnalités de tous les horizons politiques.

En avril 2026, Doly Begum remporte une victoire imposante dans l’élection partielle dans Scarborough Southwest avec 69,9 % des votes. Son succès, en plus des autres victoires du Parti libéral dans Terrebonne et University―Rosedale, permet à la formation politique d’atteindre le statut majoritaire dans la Chambre des communes.