Canadiens d’origine danoise

Le premier contact des Danois avec l’endroit que l’on appelle maintenant le Canada remonte au voyage du capitaine Jens Eriksen Munk, que le roi Christian IV du Danemark envoie pour découvrir le passage du Nord-Ouest au début du 17e siècle. En 2016, le recensement canadien fait état de 207 470 personnes d’origine danoise (26 990 de réponses uniques et 180 485 de réponses multiples).



Histoire

Le 7 septembre 1619, Jens Eriksen Munk débarque à l’embouchure de la rivière Churchill (Manitoba). Il la nomme baie de Munk et prend possession du territoire au nom du roi Danois, le baptisant « Nova Dania » (Nouveau Danemark). Par la suite, durant de nombreuses années, des Danois, marins pour la plupart, immigrent en Amérique du Nord.

Les récits font souvent mention de trappeurs danois au Canada, mais il existe peu de traces de leur présence. Durant les années 1860, plusieurs Danois se joignent à la foule d’Européens émigrant en Amérique du Nord. Le recensement de 1961 dénombre 85 473 Canadiens d’origine danoise. En 2016, 200 035 personnes déclarent être d’origine danoise (33 770 de réponses uniques et 166 265 de réponses multiples).

Des immigrants danois en route vers l'Ouest du Canada, à Québec, vers les années 1920

Migration et peuplement

Des 20 000 Danois qui immigrent au Canada de 1870 jusqu’à la Première Guerre mondiale, certains arrivent directement de leur pays, d’autres des États-Unis. La population s’accroît considérablement au Danemark durant le 19e siècle, comme partout ailleurs en Europe, et bon nombre de Danois préfèrent chercher fortune outre-mer. Ils constituent le seul groupe scandinave à s’être établi en grand nombre dans les provinces maritimes (voir aussiÎle-du-Prince-Édouard, Nouvelle-Écosse et Nouveau-Brunswick).

En 1893, des Danois s’établissent à London, en Ontario, tandis que d’autres, en 1924, fondent la communauté de Pass Lake, près de Thunder Bay. La majorité des premiers colons danois des Prairies viennent du Midwest et du Nord-Ouest américains (voir aussiHistoire de la colonisation des prairies canadiennes).

De 1951 à 1960, des milliers de Danois viennent au Canada, attirés par les perspectives économiques de l’après-guerre. Le recensement de 1961 dénombre deux fois plus de Canadiens de souche danoise qu’en 1951. La plupart des Danois se dirigent immédiatement vers des villes de la Colombie-Britannique, de l’Alberta et de l’Ontario.

Vie sociale et culturelle

La plupart des activités culturelles des Canadiens danois se déroulent dans la collectivité. On assiste à la création, en 1981, de la Fédération des associations danoises du Canada, chargée de coordonner les activités des 40 organisations membres. Les congrégations luthériennes danoises, issues directement des congrégations américaines, jouent un rôle important dans les petites localités danoises des Prairies. La plupart sont affiliées au Synode danois, lequel se rattache finalement à l’Église luthérienne américaine en 1960. Les Danois arrivés après la Deuxième Guerre mondiale fondent plusieurs congrégations luthériennes indépendantes, mais entretiennent néanmoins des liens étroits avec l’Église évangélique luthérienne du Danemark.

Le recensement de 2016 fait état de 13 335 personnes au Canada ayant déclaré le danois comme étant leur langue maternelle (première langue apprise).

De nombreux périodiques ont été publiés en danois depuis 1893. L’un d’eux, le Bulletin de la Fédération des associations danoises du Canada, existe toujours. Les Canadiens d’origine danoise fondent plusieurs organismes servant à satisfaire leurs intérêts sociaux et culturels, tels que des chorales, des clubs sportifs et des activités sociales de toutes sortes.

Bien que les Danois habitent au Canada depuis plus d’un siècle, l’identité de leur groupe n’est pas aussi marquée que celle d’autres ethnies comparables en nombre. Les premières familles des Prairies ont souvent vécu aux États-Unis avant de s’établir ici et se sont donc déjà adaptées à la vie nord-américaine. Les Danois qui ont immigré après la Deuxième Guerre mondiale travaillent principalement dans l’industrie laitière, les coopératives et les clubs sportifs axés sur la gymnastique.


Lecture supplémentaire

  • F.M. Paulsen, Danish Settlements on the Canadian Prairies (1974).

Liens externes