Chansons d'unions ouvrières

Chansons d'unions ouvrières. Même s'il est riche en chansons de métiers, le Canada n'a pas produit beaucoup de chansons de syndicats ouvriers. Une grève de chasseurs de phoques à Saint-Jean en 1902 inspira deux ballades qui furent imprimées dans des opuscules à Terre-Neuve.

Même s'il est riche en chansons de métiers, le Canada n'a pas produit beaucoup de chansons de syndicats ouvriers. Une grève de chasseurs de phoques à Saint-Jean en 1902 inspira deux ballades qui furent imprimées dans des opuscules à Terre-Neuve. Une grève des travailleurs de la Canadian Northern Railway le long de la rivière Fraser en 1912 incita Joe Hill, l'auteur-compositeur de l'International Workers of the World, à écrire « Where the Fraser River Flows » sur l'air de « Where the River Shannon Flows ». Plusieurs chansons issues de grèves surgirent en 1912-13 du bassin houiller de Nanaimo, dont la mieux connue est « Bowser's Seventy-Twa », une description satirique de la milice envoyée par le solliciteur général Bowser. Au Cap-Breton, durant une grève en 1910, les mineurs de Glace Bay chantèrent « Arise Ye Nova Scotia Slaves » et attaquèrent « The Yahie Miners » qu'ils accusaient de prendre leurs emplois. La grève générale de Winnipeg en 1919 ne fut pas immortalisée en chanson, bien qu'elle ait inspiré la comédie musicale The Conquest of Winnipeg de Stuart Broomer. Toutefois, une grève moins connue qui se déclara en 1931 chez les mineurs des houillères de Bienfait-Estevan, dans le sud-est de la Saskatchewan, poussa John Weir à écrire « The Estevan Massacre » sur l'air de « Kevin Barry ». Au cours de la pénible marche sur Ottawa en 1935, le chant de ralliement des marcheurs en chômage fut « Hold the Fort ». Le chanteur James Keelaghan de Calgary a écrit deux chansons à propos de ces événements : « Boom to Bust » inspirée de cette marche et « Small Rebellion » qui raconte un affrontement entre les mineurs et la police au cours de la grève en Saskatchewan. De nombreuses lignes de piqueteurs chantèrent « Solidarity Forever » et « We Shall Not Be Moved ». En Ontario, M.T. Montgomery écrivit « United Steelworkers are We » sur la mélodie utilisée dans « Squid-jiggin' Ground », et à Buchans, T.-N., les métallurgistes composèrent des chansons sur des airs familiers au cours de grèves en 1971 et 1973. Elles parurent en 1976 dans un livret et un micr. intitulé Hell or High Water (Breakwater B-1001). Des chansons similaires ont sans doute été composées au cours d'autres conflits dans l'industrie, mais elles n'ont pas survécu au-delà de la lutte qui les inspira.

Les paroles de diverses chansons syndicales paraissent dans « Labor and industrial protest songs in Canada » dans le Journal of American Folklore (vol. LXXXII, janvier-mars 1969) et dans « The Industrial folk song in Cape Breton » de David Frank (Folklore canadien, vol. VIII, 1986). Les Travellers interprètent quelques chansons syndicales sur le micr. A Century of Song (Arc 261). Chansons de lutte et turlute (1982) est un recueil de 43 chansons ouvrières du Québec compilé par Yves Alix pour la Confédération des syndicats nationaux et le Syndicat de la musique du Québec.