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Basques

Pêcheurs et marins réputés, les Basques viennent du sud-est du Golfe de Gascogne à partir du 16e siècle. Avec les Portugais, ils sont parmi les premiers à se rendre jusqu'aux Grands Bancs de Terre-Neuve. Attirés par les opportunités de pêche et de chasse, les Basques reviennent chaque année en Amérique du Nord. Ils font notamment la rencontre de l’explorateur et cartographe Samuel de Champlain, et entretiennent des liens positifs avec les peuples autochtones qu’ils croisent. On leur doit certains noms de lieux dans l’Est du Canada, ainsi que le mot orignal adopté par les Canadiens français.

<i>San Juan</i>

Débuts de la présence basque au Canada

Vers 1525, les Basques commencent à pratiquer la chasse à la baleine et la pêche à la morue près des côtes de Terre-Neuve, le long de la rive nord du Saint-Laurent, du détroit de Belle Isle à la rivière Saguenay, et dans les endroits où les conditions sont propices à la faune aquatique boréale. Pendant plus d'un siècle, les Basques ont la mainmise sur la pêche le long de tout le littoral nord-est du Canada.

Tous les printemps, jusqu'en 1626 environ, ils reviennent à leurs stations de dépeçage, où ils dressent des échafaudages pour le séchage de la morue et construisent des fourneaux de pierre pour la préparation de l'huile de baleine, denrée très prisée en Europe. Leurs rencontres avec les peuples autochtones, principalement les Micmacs, sont amicales. En décembre ou en janvier, lorsque la glace se fait plus envahissante, ils retournent chez eux.

Les activités basques dans l'estuaire du Saint-Laurent atteignent leur apogée entre 1550 et 1580. Cependant, au début du 17e siècle, divers facteurs concourent à mettre fin à leurs voyages : diminution du nombre de baleines, affaiblissement de l'influence espagnole pendant la guerre franco-espagnole, présence grandissante des Anglais et des Hollandais dans les eaux nordiques, hostilité croissante des Inuits et puissance accrue de la Nouvelle-France.

Rencontre avec Samuel de Champlain

Lors de ses premiers voyages, Samuel de Champlain rencontre des pêcheurs basques et tire profit de leur connaissance de la rive nord du Saint-Laurent. Il entretient des liens étroits avec les Basques de France, même si ces derniers s'opposent à la fondation de la ville de Québec.

Avec Marc Lescarbot, Champlain décrit la principale colonie basque de Lesquemin (Les Escoumins, au Québec). Il fait la connaissance, à Tor Bay (Nouvelle-Écosse), d'un pêcheur basque d'expérience qui y vient chaque année depuis 1565. Il décrit le détroit de Belle Isle comme un endroit fréquenté par les Basques espagnols.

Traces de la culture basque au Canada

Les Basques ont laissé de nombreuses traces de leur présence sur nos rives. Notre toponymie en témoigne, avec des noms comme Mingan (Québec), Ingornachoix, Port-au-Choix et Port-au-Port (Terre-Neuve). Les Canadiens français adoptent même un mot d'origine basque, orignal, pour désigner l'élan du Canada.

Des recherches archéologiques à Red Bay (Terre-Neuve) confirment la présence des Basques. On y a découvert une abondance de tuiles rouges pour toiture (servant de lest), de la poterie, de la verrerie et des squelettes. Cinq épaves basques ont été trouvées dans cette région, dont la plus ancienne, celle du San Juan, remonte à 1565.